Le 27 octobre 2003, le premier radar automatique français était inauguré au niveau de La Ville-du-Bois, dans l’Essonne, au sud de Paris. Ce jour-là, les ministres de l’Intérieur, Sarkozy, et des Transports, de Robien, ont fait le déplacement (ci-dessous ; toutes photos : P. Orluc). Ce jour-là, ils lançaient un mouvement d’ampleur. C’était le but. Quatre jours plus tard, le contrôle automatisé était officiellement mis en place en France.

4500 radars de tous types

Car, vingt ans plus tard, les radars automatiques se sont multipliés comme des petits pains. Au dernier comptage, ils seraient quelque 4500. De tous types : fixes (2482), embarqués et mobiles (999), déplaçables autonomes (340), de chantier, tronçon, tourelles, de feux et passages à niveau (709), discriminants, etc. L’imagination répressive est visiblement sans limite.

Dans le détail, à fin 2022, le parc de voitures-radar étaient composé de 385 unités, « dont 223 ont été transférés des forces de l’ordre à des opérateurs de conduite externalisée », rapporte la Sécurité routière ; autrement dit : des opérateurs privés. 895 radars pédagogiques sont également installés sur les bords de route.

Logiquement, les flashes se sont multipliés. En 2022, selon le bilan officiel « des infractions et du permis à points », 56 % des 30 millions d’infractions au Code de la rouute concernaient ainsi la vitesse, soit 16,9 millions. En moyenne, d’après 40 millions d’automobilistes, 15 millions d’infractions à la vitesse seraient verbalisées chaque année, pour 8,2 millions de points retirés. Et, en vingt ans, continue l’association, les radars automatiques auraient rapporté l’énorme somme de 12,5 milliards d’euros !.

Tout aussi logiquement, la multiplication de ces radars a fait disparaître les policiers et gendarmes des routes… Et, avec eux, toute possibilité de pouvoir éventuellement prouver sa bonne foi, etc.

Un radar n’a jamais fait de prévention

D’une certaine manière, même la Cour des comptes s’en est émue dans un rapport sur la politique de sécurité routière en France. « La priorité accordée aux contrôles automatisés, écrit-elle en juin 2021, doit aussi s’accompagner d’une présence maintenue, active ou dissuasive, des forces de sécurité au bord des routes et dans les flux de circulation, en particulier de la part de la police nationale, dont l’implication directe dans la politique de sécurité routière a sensiblement diminué à la faveur du développement des contrôles automatisés... ».

Une hérésie, pour la Fédération française des motards en colère, qui pointait alors qu’un radar « [n’a] jamais fait de prévention, et seul un humain [peut] faire de la pédagogie et proposer des alternatives à la sanction ».

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