Drame du stunt sauvage vendredi soir : deux acrobates à moto se sont tués dans la zone industrielle du Vert Galant à Saint-Ouen-l’Aumone (Val-d’Oise). Cet accident relance le débat sur la pratique sauvage du stunt et le peu d’attention que portent les autorités au phénomène.
Un tragique accident relance le débat sur les rassemblements "sauvages" autour de la pratique du stunt. Le Parisien rapporte que, dans la nuit de vendredi 14 à samedi 15 août, deux acrobates à moto se sont tués dans la zone industrielle du Vert Galant à Saint-Ouen-l’Aumône (Val-d’Oise), lors d’un "rodéo à moto".
Le quotidien précise que les deux jeunes avaient 25 et 27 ans. Ils roulaient sur "de grosses cylindrées", une Suzuki GSX-R et une Kawasaki Z750.
L’enquête a été confiée au commissariat de Cergy. Les rares témoignages précisent que les deux motos se seraient percutées dans un choc frontal. L’une des deux aurait été "coupée en deux" sous la violence du choc, toujours d’après le quotidien.
La zone industrielle du Vert Galant est connue depuis des années des fans de stunt parisiens pour être l’un des lieux majeurs de rendez-vous du vendredi soir.
mouais !!! cette mort a été choisie, on ne fait pas n’importe quoi. Moi, je vais jeter ma licence et utiliser mon husaberg en pleine ville, ben tien c’est pas bête, il y a moins de poussière !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! vu qu’il n’y a pas beaucoup de terrain par (...)
Le stunt est devenu au fil du temps une véritable discipline du sport moto, les meilleurs se produisant en guest stars lors des grands événements tels les 24H du Mans ou le Bol d’Or. Des compétitions spécifiques, telles le Stunt Bike Show, réunissent des milliers de spectateurs chaque année. Le problème, c’est qu’il n’existe en France que très peu de lieux d’entraînement.
Dans plusieurs régions, certains stunters se sont réunis en association pour demander, ici à une municipalité, là à un département, l’autorisation d’utiliser une ligne droite d’environ 400 mètres de longueur dans une zone éloignée des centres urbains, à certains créneaux horaires de faible fréquentation, tels le vendredi soir. Ils encadrent les entraînements et canalisent le public nombreux.
En région parisienne, aucune collectivité locale n’a daigné répondre aux stunters. Ils s’adonnent donc à leur passion dans l’illégalité, prenant à l’improviste, le vendredi soir, la direction d’une zone industrielle en marge des banlieues, prévenant les "supporters" du lieu des acrobaties par SMS et Internet.
Ils s’exposent ainsi aux contrôles de police intempestifs, à la colère des riverains, las du bruit, et à la vindicte médiatique ne s’intéressant au phénomène que lorsqu’il y a du sang sur le goudron.
Loin de nous l’idée de reporter l’entière responsabilité de l’accident de ce week-end sur les autorités locales. Les acrobates du vendredi soir, chauffés à blanc par le public, prennent souvent des risques inconsidérés et le paient parfois cash.
Cependant, le minimum après cet accident tragique serait que la préfecture du Val-d’Oise mène une concertation afin de proposer aux stunters franciliens une piste dédiée aux exercices, sécurisée pour les pratiquants et le public.
Nicolas Grumel - 17/08/2009
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