Du bruit pour être vus…
« Si la météo avait été clémente, nous serions descendus à 1.500, estime Olivier. On a prouvé aux copains parisiens qu’ils peuvent compter sur nous. » L’important, c’est de trouver une visibilité médiatique au niveau national. « Si l’on n’organise pas de gros rassemblements, les télés comme TF1 et France Télévision ne parleront pas de nous », déplore Olivier. Et dans notre monde où la communication est reine, qui dit absence du petit écran dit hélas absence du débat socio-politique…

Solidarité
Les motards du Nord avaient conscience d’un contexte social qui ne favorisait pas la visibilité de la manifestation des motards. Les problèmes de remontée de files, c’est tout de même moins important que le risque de perdre son emploi, ou de travailler plus âgé dans des conditions pénibles. Mais les motards sont aussi des salariés, et une majorité des manifestants se montrait solidaire du mouvement social.

Gérer la pénurie d’essence
Les militants de la FFMC du Nord ont d’ailleurs anticipé les risques de pénurie d’essence qui guettaient leur descente à Paris. « Nous avons organisé un dispositif exceptionnel, raconte le coordinateur de la 59. Avant la manif’, nous avons reconnu le parcours entre Lille et Paris pour déterminer où se feraient les arrêts essence. Ensuite, nous avons téléphoné aux gérants des stations pour les prévenir qu’à une heure précise ce samedi-là, environ 400 à 500 motos s’arrêteraient pour faire le plein. Ils nous ont accueillis à bras ouverts ! On devait procéder ainsi, car il fallait être à l’heure à Paris. Il était prévu de bloquer le périphérique, et de rallier le cortège parisien à la porte de Saint-Cloud (16e arrondissement). Le timing était important. » Finalement, ce ne sont pas les manifestants venus du Nord, de Normandie et des Yvelines qui étaient en retard à la porte de Saint-Cloud, mais le cortège parisien !

Un blocage qui encourage
Résultat, les Motards en Colère ont bloqué la ceinture autoroutière parisienne extérieure durant plus d’une demi-heure, avant de faire hurler les klaxons devant la tour d’ivoire de TF1. Grâce à la mobilisation des Provinciaux, le but de la FFMC a été atteint : montrer aux pouvoirs publics sa capacité de mobilisation et de nuisance. Si, des fois, le gouvernement continuait de feindre ne pas entendre la grogne des motards…

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