Notre itinéraire, ludique et sportif, rallie les sommets des Hautes-Alpes à la Méditerranée. En deux jours de moto et 300 km de virolos, il donne la possibilité de goûter à la fraîcheur du Lautaret et à la torpeur de la Côte d’Azur.
« Paca ». Reconnaissons-le, l’évocation de cet acronyme tristement administratif évoque surtout des plages et des calanques. Voire le Lubéron et le Ventoux. Un peu court ! À quelques heures de route de la grande bleue trônent en effet les Écrins, le Queyras et autres massifs « sud-alpins », eux aussi en « Paca ». Nous avons concocté un itinéraire en aller simple entre le col du Lautaret (Hautes-Alpes), au nord, et Draguignan (Var), au sud.
Suivez-nous pendant 300 km de virages, de la barre des Écrins (qui n’a rien d’un HLM) aux collines varoises. Là où l’ambiance montagnarde vire sans prévenir au provençal.
D1091 de La Grave à Briançon via le col du Lautaret, puis N94 jusqu’à Guillestre (72 km en 1 h 30). Le col du Lautaret (2 058 mètres) est l’un des points de passage incontournables du massif alpin, sur la ligne de crête séparant Alpes du nord et Alpes du sud. Nous aborderons ce théâtre d’homériques exploits cyclistes en venant de la station de La Grave, par la D1091.
Pas mal... mais c’est dommage d’occulter les premiers kms de montagne. Car on ne part pas de la Grave sans y venir d’abord. Et pour y accéder, il n’y a qu’une route (à motards) commençant à la sortie de Bourg d’Oisans (Isère-région Rhône-Alpes). Mais peut-être que je m’égare et que cet article n’est (...)
CARTE
Carte Région Michelin n° 527 - Provence-Alpes-Côte-d’Azur ; échelle : 1 cm = 2 km
Climat
Les Hautes-Alpes ont beau être au sud, il y règne un climat montagnard. Gare aux coups de froid, même en été ; mais aussi aux plaques de verglas en matinée. Au sud de Saint-Julien-du-Verdon (04), le climat se « provençalise », et devient beaucoup plus chaud en été. Trop chaud, même, au goût de certains !
Manger, dormir
Auberge et restaurant - Le Relais des Écrins - 05380 Chateauroux-les-Alpes - 04 92 43 22 01 – www.bistrotdepays.com
Hôtel La Lauzetane - 04 92 85 55 00 - Reçoit régulièrement le « Alpes Spirit Chapter » ; si on arrive avec un casque, même sans avoir réservé, le patron vous fait entre 10 et 20 % de réduction sur la chambre - www.hotelclublauzetane.com
Relais de Chabrières – www.relais-de-chabrieres.com - 04 92 35 54 04 - Étape modeste sur la RN85.
Restaurant « Chez Mamette », à proximité de l’hôtel, établissement simple mais délicieux, adhérent de l’enseigne Bistrot de Pays.
Les Chalets de la Meije à La Grave - 04 76 79 97 97 – [www.chalet-meije.com - www.chalet-meije.com]
Camping Saint James les Pins *** - 05600 Guillestre - 04 92 45 08 24 - camping@lesaintjames.com – www.lesaintjames.com
Louer une moto
Road de Luxe est un loueur provençal qui propose des Goldwing 1800 au départ de Marseille et Nice. En cas de folle envie de week-end « pullman » - www.road2luxe.com - info@road2luxe.com - +33 (0)6 99 29 26 04
À Saint-Rémy-de-Provence, on peut louer également des motos anciennes et même des sides Ural auprès de Classic Bike Esprit – www.jebike.com - info@cbesprit.com - 04 90 26 03 19 ou 06 81 53 38 28
À voir
Musée de la moto d’Entrevaux (04). Dans le village d’Entrevaux (RD 4202, après la traversée des gorges de Daluis), se niche un musée original qui recèle de belles anciennes - www.motocollection.com/Musees/Entrevaux/index.htm - 04 93 79 12 70
Le comité régional du tourisme de la région Paca a compris l’intérêt de s’adresser aux motards en parlant leur langage. Il a donc conçu un site, baptisé « Sunny ride experiences », sur lequel on peut télécharger des balades à moto dans les 6 départements de cette belle région. Une interface permet de préparer son voyage en téléchargeant les roadbooks des balades. Les coordonnées des 140 hôtels et restaurants partenaires (Logis de France, Bistrots de Pays, gîtes et campings…) y sont détaillées. Nouveau, une application pour les smartphones est désormais disponible depuis la fin du mois d’avril. www.moto-terre-mediterranee.com
Au col, le motard amateur de belles plantes s’arrêtera au jardin botanique alpin, témoin de la passion centenaire d’universitaires grenoblois pour la flore des sommets. Les autres ouvriront leur visière et profiteront de l’air vivifiant qui descend de la barre des Écrins.
Culminant à plus de 3 000 mètres, ce massif imposant, où l’on pratique le ski hors piste et la randonnée, constitue une frontière climatique entre les frimas montagnards et la chaleur méditerranéenne. En toute saison, il faut s’équiper d’une polaire, quitte à la mettre dans la sacoche réservoir à mi-parcours.
La descente vers Briançon se dessine en de larges virages à travers les pâturages. La route est propre, sans plus, et au printemps, gare aux plaques de verglas matinales… La D1091 (ex-N91) offre alors un impressionnant point de vue sur les versants abrupts et grisâtres des pics de Combeynot (3 117 m), les Grandes Rousses et le Roc noir (3 155 m). La montagne, c’est sûr, est plus forte que nous ! Mais attention de ne pas trop se laisser distraire : la chaussée est fréquentée, été comme hiver, par les camping-cars, voitures et vélos. Il s’agit en effet d’un axe névralgique pour les touristes de tout poil (skieurs, randonneurs, cyclistes) comme pour les autochtones.
Au carrefour de quatre vallées, dont celle de la Durance, la ville de Briançon détient le principal maillon des fortifications érigées par Vauban. La partie haute de la cité ressemble encore à un village médiéval (suivez les panneaux Briançon-Vauban), tandis que la partie basse constitue un nœud routier très fréquenté. On passe…
N94 avant Guillestre, puis D902 jusqu’au col de Vars et Saint-Paul-sur-Ubaye ; D900 vers Barcelonnette (50 km, 1 h 10). La nationale 94, entre Briançon et Guillestre, est une étape de liaison qui n’offre guère d’intérêt. On conseille cependant la visite de Mont-Dauphin (à gauche avant Guillestre), forteresse Vauban là encore, érigée sur un promontoire rocheux, remarquable par ses arêtes rectilignes au milieu d’un paysage sauvage. Elle est aussi intéressante pour son architecture militaire typique que pour le panorama qu’elle offre sur la vallée de la Durance.
À Guillestre, on obliquera à gauche sur la D902 pour grimper vers le col de Vars (2 109 m). Le motard aux gommes froides fera attention, sur les petites routes de montagne, aux aspérités de la chaussée dues au gel. L’Équipement fait son travail à la sortie de l’hiver, mais en toutes saisons, il reste quelques ornières.
La montée vers le col de Vars s’annonce comme l’un des segments joueurs du parcours, avec ses virages serrés au milieu des prairies. La route est parfaite et moins fréquentée qu’au Lautaret. Lâchons-nous jusqu’à la descente, vers Saint-Paul-sur-Ubaye, la plus grande commune de France en superficie. Cet endroit est réputé pour être un paradis des randonnées pédestres, ou des sports d’eau vive sur l’Ubaye. D’autres plaisirs nous attendent, ils sont motorisés…
D902 de Barcelonnette au col de la Cayolle, puis D2202 vers Guillaumes et les gorges de Daluis ; puis N202 jusqu’à Saint-Julien-du-Verdon et D955 jusqu’à Castellane (117 km, 2 h 20). Nous ravitaillons en carburant, puis bifurquons sur la D902, route d’accès au col de la Cayolle (2 326 m), qui constitue la portion la plus technique de l’itinéraire. On se croirait sur un chemin vicinal tant elle est étroite. La chaussée recèle des difficultés : pierres ayant chuté des parois verticales, ornières, méfaits du gel, étroits passages entre les décrochements calcaires, et rencontres impromptues avec les cyclistes… Il s’agit de rester prudent, et d’en profiter pour admirer un environnement de toute beauté.
À mi-montée, la forêt de mélèzes s’arrête en une ligne horizontale quasi géométrique. Elle fait place aux pâturages qui, plus haut, cesseront eux aussi, battus par des pierriers dominants en plein vent. L’arrivée au sommet s’effectue dans un paysage lunaire, hostile. Ce qui accroît son charme… Les pics alentour se penchent sur l’humble motard pour lui rappeler qu’il n’est en aucun cas le maître des lieux. Celui-ci pourra s’arrêter de l’autre côté du col, et s’abriter derrière les rochers pour se reposer. Il restera prudent dans la descente, jusqu’au Pont-St-Roch (avant Guillaumes).
La D2202 s’élargit ensuite, et devient joueuse. Le conducteur fera le plein de fraîcheur dans la forêt. Il pourra même s’arrêter sur le rivage de joyeux torrents à rafting. Puis il s’engouffrera dans le canyon des gorges de Daluis, creusé par les eaux des torrents dans un sol de pélite rouge. Cette roche aux reflets métalliques oxydés fera plonger l’amateur de belles mécaniques dans l’ambiance d’un vieil atelier.
La montagne, c’est terminé, il s’agit de rejoindre la Méditerranée en passant par le lac artificiel de Castillon. Le barrage éponyme fut construit en 1929, créant l’étendue d’eau, et noyant par la même occasion quelques villages autour de Saint-Julien-du-Verdon. Il paraît qu’on voit poindre, quand le niveau d’eau est bas, la girouette d’un clocher englouti. La D955, entre Saint-Julien et Castellane, permet d’observer le spectacle grandiose des versants vertigineux plongeant dans l’étendue aquatique.
D952, de Castellane à Ponts-de-Soleils, puis D955 jusqu’à Comps-sur-Artuby et Draguignan (59 km, 1 h 04). La ville de Castellane s’impose comme un point de passage, carrefour des nationales qui convergent vers la mer, l’Italie… On se désaltérera à une terrasse de la place principale, sans s’attarder : les sinueuses du Haut-Var nous attendent !
Avant Draguignan, entre Alpes-de-Haute-Provence et Var, la végétation change subitement. On plonge dans la Provence, entouré d’épineux, de chênes et de genêts. La route devient d’une exceptionnelle qualité dès qu’on entre dans le département du Var, sur le versant nord-est du Pierrion, après la petite commune de Soleils, qui porte bien son nom. Les virages larges et rapides se succèdent, comme une offrande au motard gavé de sensations et d’images d’une rare variété.
Entre Hautes-Alpes et Var, Paca lui a offert ses écrins cachés. De quoi donner envie d’y retourner encore et encore, entre les saisons, au moment où le touriste se fait plus rare, et laisse de la place sur un goudron à température.
Nicolas Grumel - 25/10/2011
220 km de petites routes montagneuses, plus de 8000 mètres de dénivelé positif cumulé sur 12 cols, tel était l’alléchant programme de la seconde édition du Rallye des cols, organisé le 19 mai dernier.
Il y aurait, paraît-il, autant de deux-roues que d’habitants au Viêtnam. Et ils sont 86 millions… C’est dire que la moto – et plus sûrement la célèbre 125 Minsk – est l’engin idéal pour partir à la rencontre de ce pays riche d’incomparables beautés naturelles et historiques. Dix motards de l’île de la Réunion en ont fait l’expérience.
L’endroit idéal pour buller. Entre breuvages festifs et terres meurtries par les grands conflits armés, la Champagne-Ardenne cumule les atmosphères délicates et sombres. Itinéraire croisé mêlant une histoire mouvementée et le charme d’un vignoble que le monde entier nous envie.
La Monster n’a pas initié un concept, elle l’a sublimé. C’est celui de la moto à l’état brut : un moteur, un twin bien sûr, une partie-cycle épurée. Une formule simple, presque élitiste, qui a pourtant fait fureur : la Monster est l’une des rares machines à être entrée vivante dans la légende.
L’engouement pour la moto ancienne outre-Manche donne lieu à des expositions, des bourses de pièces et des ventes aux enchères bien plus intéressantes qu’en France. Un succès porté par la passion mais aussi par des tarifs abordables. Petit tour dans les allées du CBSS…