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Étant jeune permis A2, je n’ai pas eu l’occasion de me forger une foule d’acquis à moto. Et pour cause, mon palmarès se limite essentiellement aux roadsters récents de 47,5 ch pilotés en moto-école (MT-07, Z650...), à la BMW F 900 R A2 essayée dans notre numéro d’été et à la dernière Honda CB500F.

De fait, j’appréhendais la prise en mains de cette Meteor. Entre sa position de conduite et son monocylindre de seulement 20 ch, l’expérience me semblait fastidieuse. D’autant plus que les ragots sur ces moteurs vont bon train : "ça vibre comme une tondeuse et c’est aussi souple qu’une barre de tôle". Des a priori finalement évincés, puisque ce petit custom se révèle surprenant de facilité et de qualité.


Royal Enfield Meteor 350 : le sportster mono

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Au premier regard, la Meteor 350 évoque le Sportster de chez Harley-Davidson : lignes, chromes, réservoir goutte d’eau, selle de bobber, sissy bar... Une moto qui, de mon point de vue, facilite l’accès à l’univers du custom US, que ce soit en terme de dimensions et de sobriété visuelle. On est en effet loin de la rutilance d’un gros vaisseau taillé pour la route 66.

La Meteor hérite de cette sagesse esthétique à l’américaine, mais 350 cm3 de cylindrée oblige, les dimensions sont réduites. L’écart se creuse également du coté des finitions et des matériaux très "plastiques". Mais pour 4099 euros en prix de départ, on ne peut pas tout avoir.

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Piloter ce genre de machine m’étant étranger, je suis plutôt surpris par la position de conduite. L’assise est certes basse avec les pieds posés en avant, mais je ne suis pas ou peu déstabilisé. Même constat pour le sélecteur talon/pointe, autre nouveauté pour moi.


En Inde, un tel sélecteur facilite le passage des rapports en tongs...

Cependant, mes quelques essais au talon (passage des vitesses supérieures) ne chassent pas mes habitudes : j’ai naturellement passé mes rapports du bout du pied en toute facilité. Preuve que ce système est tout à fait dispensable si on n’y adhère pas.


Royal Enfield Meteor 350 : compteur et fonction GPS



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La Meteor dispose d’un compteur soigné et peu avare en indications. Au guidon, d’une simple pression de bouton, on troque le kilométrage total de la moto par deux trajets kilométriques au choix. Le compte-tours manque curieusement à l’appel, mais son absence ne m’a jamais incommodé. Les régimes moteur étant modérés, l’utile témoin de rapport engagé se suffit à lui-même.

Sous ses apparences de simple horloge numérique, le petit compteur de droite est dédié à la fonction GPS. Par connexion bluetooth, il se connecte à l’application smartphone "Royal Enfield Tripper", développée avec Google Maps. Incompatible avec mon téléphone sous Android 7, j’emprunte un Iphone 7 - pourtant du même âge (4 ans) - afin de tester cette fonctionnalité de série.

L’installation et la connexion par bluetooth se déroule sans accrocs. Une code s’affiche sur le compteur, que l’on entre dans le Tripper fraichement installé sur son mobile. Une fois l’itinéraire choisi, des flèches directionnelles apparaissent sur le compteur de la moto, avec décompte kilométrique pour chaque étape.

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Je programme un trajet simple : Montreuil vers Place d’Italie (Paris). Plusieurs tours de pâtés maison plus tard, je suis déjà perdu. Où le GPS veut-il m’emmener ? Arrêté au feu rouge, l’affichage accuse un retard et s’égare autant que moi. Sur le périphérique parisien, j’approche de ma sortie, mais le compteur m’indique de poursuivre ma route. Je joue le jeu. Peut être m’oriente-t-il vers un raccourci ? Que nenni, la boussole s’affole et m’ordonne de faire demi-tour. Je m’engage vers la prochaine sortie, et me dirige à nouveau vers le périphérique. Je passe sous un tunnel, et stupeur ! Le GPS se coupe et l’horloge le remplace...

Plusieurs essais infructueux plus tard, je rentre bredouille à Montreuil, désemparé par cette fonctionnalité qui nous perd plus qu’elle nous guide. On aura finalement mieux fait d’installer son smartphone directement au guidon... Peut-être faut-il attendre une mise à jour de l’application, ou l’essayer avec un mobile plus récent ? Je relativise, la moto est peu onéreuse. Il faut saluer l’effort, même si les premiers les retours utilisateurs sur le Playstore d’Android demeurent tout autant mitigés.

Ce déboire m’aura toutefois permis de découvrir les nombreux points forts de la Meteor 350. Perdu dans les méandres de la circulation parisienne, je suis resté serein à son bord et subjugué par ses compétences en milieu urbain.

Royal Enfield précise qu’une mise à jour (V4) sera disponible fin novembre et devrait résoudre les éventuels problèmes de stabilité du GPS.


Royal Enfield Meteor 350 : entre citadine et routière

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En ville, la Meteor 350 sait mettre à l’aise dès les premiers tours de roues. Outre ses commandes agréables, le confort de conduite est « royal », en témoignent son assise et ses suspensions souples mais fermes. Large au premier abord mais soutenu par un excellent angle de braquage et une stabilité hors pair, son gabarit n’accentue pas les difficultés de la circulation urbaine, même à allure lente. Propulsé par un moteur souple et raffiné, on se faufile dans les petites rues, on cruise sur les boulevards, et on aborde facilement les intersections les plus chaotiques.

En freinant surtout de l’avant, je constate un manque d’efficacité occasionnant quelques frayeurs. Mais c’est le style de moto qui veut ça, m’explique-t-on : si on ne lésine pas sur le frein arrière en plus du frein avant, la moto s’assoie et se stabilise facilement à faible allure. J’ai donc progressivement ravisé mon jugement en sollicitant les deux freins avec vigueur. Ainsi, une fois que l’on a pris le coup de main (et de pied !) la moto s’arrête sans broncher grâce à ses étriers ByBre, la succursale indienne de Brembo.

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Hors agglomération, le comportement routier de cette Royal Enfield se révèle agile, stable et rassurant. Sous les belles sonorités rauques du petit mono, on virevolte aisément dans les courbes, sans vibrations disgracieuses, et sans s’inquiéter pour la tenue de route. Faciles à dompter, ses 191 kg tous pleins faits se font vite oublier au gré des routes et des villages. On se plait même à s’imaginer aligner les milliers de kilomètres à son guidon, regard vers l’horizon, en délaissant ses tracas.

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Assisté par une boite de vitesse bien étagée, fluide et douce au sélecteur, le monocylindre de 349 cm3 est une petite merveille. En dépit de ses 20 ch, il surprend par sa rondeur, sa souplesse, son coté « juste ce qu’il faut » pour rouler au quotidien. S’il est bien aidé par ses 27 Nm de couple à bas régime sur départementales, il dévoile ses faiblesses sur voies rapides, où l’on peine à dépasser les 110 km/h. Sans être un drame, je saisis vite que la Meteor n’est pas conçue pour les dépassements sur autoroute, et adapte mon allure et mes distances de sécurité en conséquence.

Étant habitué aux motos coupleuses de 47,5 ch, quelle ne fut pas ma stupeur de devoir cravacher autant en 4ème ! Mais pour 20 ch avec une consommation annoncée de moins de 3L aux 100, que demander de plus au moulin ? Pas grand-chose, et sur le reste, la Meteor 350 coche les cases du petit cruiser agréable et polyvalent.

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Royal Enfield Meteor 350 : la Benelli 400 Imperiale en concurrente

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Parmi les petits mono néo-rétro compatibles permis A2, la Meteor se positionne plutôt bien. La Bullet 500 sortant du catalogue, il ne reste - hormis les Mash 400, Brixton 250 et la très attendue Honda GB 350 - que la Benelli 400 Imperiale pour lui faire de l’ombre. Une moto que j’ai également pu essayer et comparer à la Meteor lors du roulage.


Sur le parking : les Benelli 400 Imperiale, Royal Enfield Meteor 350 et Bullet 500

Au final, les deux motos se complètent : si la Royal Enfield fait office de mini-sportster, la Benelli s’apparente plutôt à une mini-bonneville aux belles finitions. Une fois lancé à son guidon, le constat est implacable : contrairement à la Meteor, l’accessibilité de sa position de conduite typée roadster n’altère pas mes habitudes. Je suis même agréablement surpris par sa douceur de pilotage et sa plus grande polyvalence sur trajets mixtes. Aussi, la finesse de son gabarit lui fait gagner des points en termes d’agilité et de sensations.

En revanche, coté confort, on s’éloigne logiquement d’une Meteor. L’assise et les suspensions fermes laissent moins envisager le voyage au long cours. La boite de vitesse, un peu rêche, n’atteint pas non plus le standard imposé par Royal Enfield. Même topo coté freinage, un peu moins efficace que sur le custom indo-anglais. Enfin, carton rouge pour les pneumatiques montés sur la moto essayée, inefficaces sur route humide...

Pour autant, de mon point de vue, les deux motos se valent chacune dans leur catégorie. Tandis que la Benelli offre une polyvalence de conduite et de meilleures finitions, la Royal Enfield quant à elle, se présente plutôt comme une routière confortable et bien équipée.


Royal Enfield Meteor 350 A2 : le verdict

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L’essai de la Benelli Imperiale 400 ne m’aura pas fait dévier du charme de la Meteor, qui s’impose comme un excellent petit custom pour débuter. Accessible et habile en ville comme sur départementales, je m’imagine tout à fait la rouler au quotidien. Et bien plus ! Car au regard de son confort et sa souplesse, cette moto livre un bel appel au voyage. Une moto de choix sur le segment custom A2 ? Au vu de mon expérience à son bord - fonctionnalité GPS mise à part - j’en suis personnellement convaincu. Et pour tout vous dire, j’envisagerais presque d’en acheter une pour mes déplacements quotidiens.


Royal Enfield Meteor 350 A2 : l’avis de Philippe Guillaume

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L’avis du vieux, c’est de considérer que les motos super puissantes, c’est sympa, mais que des petites machines simples, pas chères et sans prise de tête, ça peut donner aussi bien du bonheur. La Royal Enfield Meteor est de celles-ci : de prime abord, l’on pourrait penser que 20 chevaux, c’est peu, et en fait, ça l’est. Mais la bonne volonté du petit mono cylindre, sa souplesse et son absence de vibrations font que, dans le cadre d’un usage quotidien, la Meteor est convaincante, tout comme je la verrais bien aussi dans la grange d’une maison de campagne, pour d’occasionnelles petites balades bucoliques.

Autres bons points : un confort de selle et de suspensions qui font passer l’une de ses concurrentes (la Benelli 400 Imperiale) pour une vraie planche de bois, et un freinage correct, une fois que l’on a compris que ça se passe d’abord à l’arrière.

L’application GPS, telle que testée sur notre essai, a occasionné pas mal de bugs avec mon iPhone7, même si l’appairage du téléphone avec la moto se fait facilement.
Certains savent que j’en suis à ma troisième Bullet 500. Est-ce que je changerais contre une Meteor ? Pas sûr : d’abord, le look ne me convient pas trop. J’ai l’impression d’avoir à faire avec une 125 Keeway et ça ne m’excite pas. Par contre, ce n’est un secret pour personne que Royal Enfield va décliner ce moteur dans un habillage de Classic et là, ça pourrait. Même si le côté "gros mono longue course" de la 500 est irremplaçable...


L’avis de Marco, dessinateur de Moto Magazine, roulant en Royal Enfield Bullet « fonte » depuis vingt ans

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Avec la même Meteor 350, juste après l’essai de Nicolas, j’ai fait une virée de 1350 km en six jours pour explorer le Cotentin, pour le prochain numéro « hors-série » Tourisme de Moto-Magazine à paraître en mai 2022.

D’accord avec les observations de Nicolas et de Philippe pour l’essai de cette moto : elle est sympa, bien finie, douce et très facile à prendre en main. Sur les petites routes tortueuses, entre la Pointe de la Hague et la Baie du Mont Saint-Michel, rouler nez au vent avec ce petit custom fut un plaisir. Même si le monocylindre injecté moderne de cette 350 est loin d’avoir le caractère inimitable de mon vieux mono 500 « longue course » qui vibre, qui fume et qui pète, il délivre quand même un caractère sympathique. Souple, vibrant peu, très disponible pour ses petits 20 ch, il reste à l’aise dans les relances, d’un virage à l’autre, entre 50 et 80 km/h.

La limite de cette moto reste l’accès aux voies rapides : à fond, on peine à dépasser le 110 km/h et le trajet devient aussi ennuyeux que monotone, sans parler de la culpabilité qu’on ressent à pousser ainsi ce brave petit moteur dans ses derniers retranchements. Ça ira bien bien pour un « commuter » devant se rendre au boulot en prenant un petit bout d’autoroute sur une quinzaine de kilomètres parce qu’on ne peut pas faire autrement, mais ça devient pénible pour partir en week-end à plus de 200 km de chez soi.

L’autre reproche que j’adresse à cette Royal-Enfield, c’est le fonctionnement de sa jauge d’essence à affichage digital : arrivée à la moitié du cadran, la jauge devient folle et se met à indiquer la réserve alors qu’il reste encore six litres dans le réservoir d’une capacité totale de 15 litres, soit de quoi parcourir presqu’encore 200 km avant la panne sèche. C’est stressant car on commence à se demander si il ne va pas falloir s’arrêter à la prochaine station et on sait qu’en province, les stations deviennent rares.

Enfin, la position custom et pieds en avant, pas trop gênante en balade, finit quand même par devenir fatigante au bout d’une journée de roulage… alors pensez au bout de six jours consécutifs ! La selle est pourtant confortable, mais on finit par avoir le dos rond au bout d’une journée et le faible débattement de la suspension arrière finit inévitablement par vous tasser les vertèbres, des lombaires jusqu’aux épaules.
Mais pour la ville et les petites routes de campagne, elle est parfaite, d’autant plus que c’est le genre de moto qui vous mets de bonne humeur.

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Fiche technique

Royal Enfield Meteor 350 : Fiche Technique

Moteur
- Type : monocylindre à refroidissement air/huile, simple ACT, 2 soupapes par cylindre
- Cylindrée (al. x cse) : 349 cm3 (78 x 85,8)
- Puissance maxi : 20 ch à 6.800 tr/min
- Couple maxi : 27 Nm à 6 100 tr/min
- Alim. / dépollution : injection / Euro 5

Transmission
- Boîte de vitesses à 5 rapports
- Transmission par chaîne

Partie-cycle
- Cadre : tubulaire en acier
- Frein Av (étrier à x pist.) : 1 disque Ø 300 mm (2 pistons), ABS
- Frein Ar (étrier à x pist.) : 1 disque Ø 270 mm (1 piston), ABS
- Pneu Av - pneu Ar : 100/90-19 - 140/70-17
- Réservoir :15 litres
- Poids annoncé : 191 kg (tous pleins faits)
- Hauteur de selle : 765 mm

Pratique
- Coloris : noir mat, jaune, rouge, bleu/noir
- Garantie : 3 ans
- Prix de départ : 4099euros

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