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Depuis mon adolescence, je n’ai jamais suivi les normes. Au collège, alors que mes camarades écoutaient les Spice Girls, je me lançais le best of d’Iron Maiden dans mon discman. Quand la mode était aux cheveux courts coupés en brosse, les miens étaient longs. À la vingtaine, les jeunes convoitaient les dernières allemandes coté auto et les Z750 coté moto, pendant que je rêvais d’un Honda CRX EE8 et d’une GPZ 900R... Les fameux gouts de vieux dans un corps de jeune , diront les compères Philippe Guillaume et Axel Mellerin.

Dans le même esprit, la dernière CB500 représente la norme absolue de la moto du débutant, et qui, sans surprise, ne me fait ni chaud ni froid au premier regard. « Sûrement une moto chiante pour plaire à tout le monde », me dis-je hâtivement. Mais comme dirait un grand personnage du cinéma d’action des années 90 : « tu fais une monumentale erreur... ».


Honda CB500F 2021 A2 : le début d’une romance

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Je suis en route vers Honda France, au guidon d’une Zontes 310T (la moto chinoise de la rédaction). Un trail certes agile et maniable, mais qui ne transpire pas la qualité. Ça vibre sec à haut régime, ça fourmille dans les cuisses, et le passage des rapports n’est pas des plus délicat.

Arrivé chez Honda, la CB500 m’attend sur le parc presse. Hormis un petite expérience sur un CBR 125 Repsol, c’est ma première expérience sur une moto de la firme. Je dépose la Zontes et me dirige vers sa belle robe rouge et noire, comme mon vieux cuir Dainese. « Toujours ça de pris », me dis-je en souriant. Car effectivement, si j’apprécie le look des premières CB500 PC26 et PC32 des années 90, les lignes insectoïdes de ce millésime 2021 – qui caractérisent la plupart des roadsters modernes – me déplaisent au plus haut point. Sur ces motos, j’ai toujours la sensation que le design est inachevé : peu de carénages, phare polygonal, lignes anguleuses… Un parti pris esthétique qui me laisse dans l’incompréhension.

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Néanmoins, ce millésime 2021 se dote de belles finitions. Tout transpire le travail bien fait, avec des matériaux qualitatifs au toucher, que ce soit au niveau de la carrosserie, du guidon et des commodos. Entre les prises d’air avant / arrière et la poignée sur le siège passager, rien n’a l’air d’être laissé au hasard.

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Je m’y installe, je mets le contact, je décolle. Outre sa prise en main immédiate, je suis subjugué par cette boite de vitesse douce et précise. Dès les premiers rapports, elle m’évoque celle de ma bonne vieille Honda Civic de 1997. Pas de vibration, tout est souple et fluide. Est-ce la Zontes pilotée juste avant qui fourvoie mon objectivité ?

Je me faufile aisément dans les petites rues de la ZAC, m’engage dans un rond point et me dirige vers l’autoroute. Quelle agilité, quelle légèreté ! Je reste bouche bée et m’exclame de joie au premier feu venu, faisant de fait sursauter ma voisine en Fiat 500.

Sur la voie d’insertion, le son agréable et feutré de la CB500F évolue vers en beau grognement rageur dans les tours. Le bicylindre de 47 ch nativement A2 m’emmène rapidement à vitesse de croisière, en toute linéarité. Un défaut souvent souligné sur les motos Honda, mais qui, de part ma maigre expérience à moto, ne me gêne pas outre mesure, bien au contraire.

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Le manque d’allonge se fait sentir vers les 6000 tr/min, la moto vibre et souffre un peu à 130 km/h. Mes mains et mes cuisses fourmillent, ne laissant pas entrevoir le voyage au long cours. En revanche, la moto glisse à travers les bourrasques de vent sans défaillir, me révélant des sensations aérodynamiques et inédites à moto. Coté boite, les rapports passent toujours avec une facilité déconcertante, sans à-coups, sans frictions.

Concentré sur mon pilotage, je rate ma sortie et me retrouve à Chatou dans les Yvelines (!), l’opposé de ma destination du Val-de-Marne. À bord de cette CB500F, c’est presque une bonne nouvelle ! Car entre sa souplesse à tous les niveaux (commandes, moteur), sa finesse de gabarit, sa position de conduite, son agilité et sa tenue de route... Je pourrais me perdre encore à son guidon sans déplaisir.

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Après avoir exploré Chatou tout sourire, je m’oriente vers le sens de mon itinéraire. Et je déchante en me faufilant dans l’interfile de l’A86, sous le cagnard, en pleine heure de pointe. Cette situation me permet néanmoins de mettre la petite CB à rude épreuve. Un véhicule devant moi pile, je contre-braque et l’évite en un clin d’œil. Plus tard, un ralentissement soudain me fait empoigner les freins, l’ABS se déclenche efficacement et m’écarte de tout danger. Lorsque la circulation se fluidifie, je remets les gaz, le couple de la CB enquille sans broncher et me stabilise à 80km/h en 6ème, puis rapidement à 90 et à 110. Subitement, je ralentis à 50 km/h pour m’adapter à la circulation chaotique de l’A86. Je suis alors en 5ème, toujours porté par la souplesse du petit bicylindre de 473 cm3. Un régal.

Mais dans ce contexte où la prise d’informations est primordiale, je remarque que l’écran LCD n’est pas des plus clairs. Son éclairage faiblard, victime de vilains reflets, me fait regretter la clarté d’un écran TFT, voire même d’un compteur à aiguilles. Rien de rédhibitoire, mais il rentre en dissonance avec la finition globale de la moto. Les phares, feux et clignotants leds par exemple, sont parfaitement visibles par les autres usagers. Les automobilistes s’écartent et nous remarquent de jour comme de nuit. Un point plutôt sécurisant.

En dehors de la visibilité limitée du compteur, je regrette l’absence de commande au guidon pour switcher entre les indications kilométriques. Le bouton placé directement sur le compteur n’est pas des plus pratiques

En sortie d’autoroute, je rétrograde et me retrouve dans une grande courbe serrée. L’appréhension du débutant pointe son nez. Mais la CB500F accompagne et rassure, peu importe le virage. Elle nous prend la main, corrige nos erreurs, en nous glissant un "tout va bien se passer, mon p’tit". Un bonheur de tous les instants, un peu comme avec notre première petite copine.


Honda CB500F 2021 A2 : en ville, l’amour fou

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Une fois en ville, la CB500F fait toujours preuve d’agilité et de légèreté. Les commandes souples répondent au doigt et à l’œil. On est à l’aise partout, tout le temps, même à allure très lente. La répartition des masses tutoie la perfection, avec un angle de braquage facilitant toutes les manœuvres. La moto fait-elle réellement 189 kg tous plein faits ? Tout porte à croire que Honda lui a imposé un régime avant de me la présenter au meilleur jour… Ou pas ?

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Je me suis ensuite surpris à rouler à en 4ème à 35km/h, sans que le moteur tape en relançant les gaz. Du velours à bas régime ! Je n’avais jamais connu une telle souplesse à moto. Le moulin nous fait comprendre qu’il ne posera jamais de piège. Sur ce point, la moto éclipse les autres roadsters twin que j’ai roulé en version A2 : MT 07, Z650 et BMW F 900 R. En sus, de part sa sonorité mesurée à bas régime, le ronronnement du bicylindre n’effraie personne en environnement urbain. Les piétons et les cyclistes me portent des regards et des sourires bienveillants lorsque je m’arrête aux passages cloutés. La CB500F, une moto sociable en cycle urbain ?

Après l’avoir roulé sur plus de 300 kms en trajets mixtes, la CB500F coche un autre point où elle ne paie pas de mine : le confort. Sur les autres roadsters du segment, j’ai toujours eu diverses douleurs après un gros roulage. Normal me direz-vous, au regard des suspensions fermes et des selles plates caractérisant ces machines.

Pourtant, je n’ai pas eu ce cas de figure avec la Honda. En dépit de ses apparences, c’est une moto confortable. L’assise transmet les chocs sur des suspensions qui ne brutalisent pas les lombaires. Même topo coté réservoir, dont la forme permet d’être serrée sans inconfort. En un mot comme en 1000 : on est bien au guidon de cette CB500F. Jamais ne sonne l’envie d’une pause pour soulager quelconque courbature.

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Enfin, la moto consomme vraiment peu. D’après les données récoltées par la moto, je stagnais à 3,4L aux 100 en mixte, et 4,2L aux 100 en ville. Sachant que le réservoir fait 17L, je vous laisse faire le calcul sur son aspect économique de bon augure...


Honda CB500F 2021 A2 : le verdict

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Je portais déjà une affection pour les automobiles Honda. Il en sera sûrement de même coté moto. Car après une semaine au guidon de cette dernière CB500F, ma passion pour la firme n’est pas prête de s’éteindre. Certes, la moto arbore quelques défauts, mais ils sont éclipsés par une une sensation prédominante : celle d’une machine équilibrée sur tous les plans, le produit d’une alchimie dont seul Honda détient le secret. Reste le look insipide à mon goût, toutefois corrigé par la CBR500R (la version carénée de la version "F"), que je rêve désormais d’essayer.

Par ailleurs, en chaussant mes bottes de moto pour faire une course, j’ai eu un réflexe pavlovien : celui de vouloir me remettre à son guidon et de me perdre à nouveau dans les méandres des routes jusqu’à pas d’heure. Cette CB500F me manque déjà, preuve d’un vrai coup de cœur.


Honda CB500F 2021 A2 : l’avis de Philippe Guillaume

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L’avis du vieux, c’est de dire que la CB 500 est une évidence absolue. Si elle manque un peu de caractère, elle sait se faire oublier et, en réalité, je pourrais vivre avec, notamment pour mes trajets boulot / dodo qui n’ont rien d’une partie de plaisir (23 kilomètres et quasiment un demi-périphérique). De plus, sa sobriété est un argument supplémentaire dans ce cas de figure.

Toutefois, je préférerais certainement la CB 500 type PC 26 (1993-1996) : avec sa bonne bouille, et surtout son twin pétillant de 58 chevaux, elle offrait un supplément de peps dont sa descendante est un peu privée, légalisation A2 oblige. Hélas, les écolos qui terrorisent le petit peuple francilien ont décidé que je pouvais pas rouler avec. Allez, tous à la Bastille, en CB 500 !

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Fiche technique

Honda CB500F 2021 A2 : Fiche Technique

Moteur
- Type : bicylindre en ligne à refroidissement liquide, deux ACT, 4 soupapes par cylindre
- Cylindrée (al. x cse) : 473 cm3 (67 x 66,8)
- Puissance maxi : 47 ch à 8.600 tr/min
- Couple maxi : 43 Nm à 6 500 tr/min
- Alim. / dépollution : injection / Euro 5

Transmission
- Boîte de vitesses à 6 rapports
- Transmission par chaîne

Partie-cycle
- Cadre : en acier de type diamant
- Frein Av (étrier à x pist.) : 1 disque Ø 320 mm (2 pistons), ABS
- Frein Ar (étrier à x pist.) : 1 disque Ø 240 mm (1 piston), ABS
- Pneu Av - pneu Ar : 120/70-17 - 160/60-17
- Réservoir : 17 litres
- Poids annoncé : 189 kg (tous pleins faits)
- Hauteur de selle : 785 mm

Pratique
- Coloris : noir, blanc, gris, orange, rouge, bleu
- Garantie : 5 ans
- Prix de départ : 6 499 euros

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