Présentation

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Lors de l’essai de la première Tracer en mars 2015, nous avions d’entrée pensé que cette moto était vouée à subir une « GTisation » tant le concept permettait déjà une belle polyvalence routière. À l’écoute de ses clients, la firme nippone commercialise aujourd’hui la Tracer 900 GT, une version aussi bien conçue qu’équipée : bulle plus protectrice, ergonomie pilote/passager entièrement revue pour plus de confort, valises latérales, régulateur de vitesse, poignées chauffantes, shifter, tableau de bord TFT, suspensions entièrement réglables, et toute la panoplie des assistances électroniques d’une machine moderne. On peut le constater, il ne manque (presque) rien…

Prise en main
L’ergonomie (commune aux deux nouvelles Tracer) a évolué. Le guidon est moins large et les protège-mains moins proéminents (on gagne 10 cm en largeur). La selle plus épaisse et à la mousse plus dense a été redessinée. Elle est toujours réglable sur deux hauteurs (850 et 865 mm) et offre une position un peu moins « trail ». La Tracer ressemble désormais davantage à un roadster perché sur ses suspensions longues, qui permettent toujours avec cette ergonomie plutôt relax des jambes.

Boîte dure
Comme celui de l’ancienne Tracer, le moteur est souple (sauf en mode cartographique « A », un peu brutal à l’ouverture des papillons), mais la boîte de vitesses toujours aussi dure sous la botte, et encore plus si l’on utilise le shifter dans les mi-régimes et à faible ouverture de gaz. Là, c’est l’à-coup assuré à chaque changement de rapport, dans un « clonk » mécanique désagréable. Pour le reste, ça braque bien, c’est stable au pas et l’embrayage assisté évite les crampes de la main gauche en conduite « stop-and-go ».

Côté moteur, on retrouve le charme et les performances du trois-cylindres. Celui-ci est toujours aussi attachant et en offre beaucoup à tous les régimes avec une plage de prédilection entre 3 000 et 8 000 tours.
Sur route, avec le shifter de série, la boîte se fait presque oublier au passage des rapports, mais seulement à forte charge moteur et au-dessus de 7 000 tr/min. Pour musarder, l’usage de l’embrayage reste plus confortable en évitant les à-coups. Notons aussi que le paramétrage de l’antipatinage apporte plus de douceur à sa mise en œuvre comparé à l’ancienne Tracer et son contrôle de traction au fonctionnement « on/off ». D’autant qu’avec la pluie, les routes sales et les pneus d’origine franchement mauvais sur le gras-mouillé, les dérobades ont été nombreuses !

Meilleure tenue de route
Mais là où l’on attendait la Tracer GT, c’est sur la tenue de route, sujet « sensible » de l’ancien modèle. Et pour tout dire, nous avons été déçus par la machine, en réglages standards, d’autant plus que la GT est équipée de suspensions haut de gamme, au contraire de sa cousine Tracer. En dépit de son nouveau bras oscillant allongé de 60 mm, la moto n’a pas fait montre d’une rigueur exemplaire : train avant peu précis et trop souple à la prise des freins, louvoiements de l’arrière à haute vitesse en grandes courbes. Stop ! On sort les outils et on se penche sur les réglages. Précontrainte sur l’avant, détente hydraulique fermée, compression elle aussi plus fermée, ainsi que l’arrière au même régime et voilà une Tracer GT transformée et adaptée à mes 120 kg. Plus précise, enfin stable, on retrouve le plaisir d’attaquer les virages en confiance, mais dans un rythme plus enroulé rapide que sportif.
Côté freinage, Yamaha reste fidèle aux étriers 4 pistons maison qui offrent des performances correctes, sans plus : il faut bien empoigner le levier pour obtenir de la puissance. Pour l’arrière, RAS, la course à la pédale est longue, mais le freinage assiste bien l’avant.

Le verdict
La Yamaha Tracer 900 GT a démontré de réelles capacités de grand-tourisme. Soit, ce n’est pas une FJR 1300. Avec elle, on découvre le GT « light », avec une dose de plaisir brut (c’est quand même une MT-09 qui se cache sous sa robe), un confort vraiment convaincant au fil des kilomètres et un équipement complet. Bref, c’est une machine conçue avec intelligence et pragmatisme, et ça, à Moto Magazine, on adhère à 100 % ! De plus, cette Tracer GT n’a pas vraiment de concurrente au même rapport prix/prestations/équipement. Sa rivale directe, la Ducati 950 Multistrada, s’affiche à 14 190 € avec un équipement moindre, et sans valises.

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Fiche technique

Yamaha Tracer 900 GT (données constructeur)
Moteur
- Type : 3 cylindres en ligne refroidi par eau
4 T, 2 ACT, 4 soupapes par cylindre
- Cylindrée (al. x cse) : 847 cm3 (78 x 59,1 mm)
- Puissance maxi : 115 ch (84,6 kW) à 10 000 tr/min
- Couple maxi : 8,9 m.kg (87,5 N.m) à 8 500 tr/min
- Alim. /dépollution : injection/euro 4
Transmission
- Boîte de vitesses : 6 rapports
- Transmission finale par chaîne
Partie-cycle
- Frein Av (étrier à x pist.) : 2 disques Ø 298 mm (4 opp.)
- Frein Ar (étrier à x pist.) : 1 disque Ø 245 mm (simple piston)
- Réservoir (réserve) : 18 litres (2,8)
- Poids TPF : 227 kg
- Hauteur de selle : 850/865 mm
Pratique
- Coloris : grise/blanche, noire, bleu mate
- Garantie : 2 ans pièces et M.O., assistance
- Prix : 12 199 euros