Philippe Ouvrard est vice-président de l’Alliance nationale des experts en automobile (ANEA), qui a œuvré à la procédure VE avec le secrétariat d’Etat aux Transports. Il nie un contrôle technique déguisé et déplace le débat sur le terrain de la sécurité routière, occultant la contrainte économique que représente la procédure pour l’usager.
La procédure VE va-t-elle réellement s’appliquer ?
Le décret d’application n’est pas encore signé, il est donc prématuré de donner des informations détaillées sur la nouvelle procédure Véhicules Endommagés.
Les experts sont-ils prêts à assumer une telle charge ?
Nous avons pris les devants en formant la plupart des 2500 experts affiliés à l’ANEA. C’est une formation d’une journée au processus de gestion du VE, avec description des 21 critères et du référentiel.
Il ne s’agit pas d’une formation aux typologies des véhicules, que les experts connaissent déjà. Nous ne modifions pas notre façon d’expertiser les motos. Le déclenchement de la procédure VE sera similaire pour tous les véhicules.
Les forces de l’ordre seront-elles à même d’identifier un problème technique lors d’un simple contrôle routier ?
Nous avons proposé une formation aux forces de l’ordre mais elles attendent que les textes soient publiés.
ce que j’ai à dire n’est pas vraiment rationnel mais allez donc faire un tour sur le site de l’anéa et notamment sur le trobinoscope de son comité directeur ce que j’ai à dire n’est pas vraiment rationnel mais allez donc faire un tour sur le site de l’anéa et notamment sur le trobinoscope de son (...)
Avez-vous estimé le potentiel d’activité que représente la nouvelle procédure VE ?
Nous avons effectué en 2008 des tests d’application sur les 2-roues motorisés comme sur les automobiles. Tout véhicule confondu, environ 10 % du parc roulant va être impacté par la procédure VE, soit 350.000 véhicules (sur un parc roulant total de 3,5 millions de véhicules). Il ne s’agit pas de passer toutes les motos roulantes sur un banc de puissance.
C’est une manne pour les cabinets d’expertise !
Cela représente une croissance de l’activité mais nous sommes préparés. Nous ne raisonnons pas en terme de chiffre d’affaires. Cette procédure constitue une avancée en termes de sécurité routière. C’est dans la nature de l’être humain d’être réticent au changement, même quand il lui est favorable.
Propos recueillis par N. G.
- 09/02/2009
Un scandale administratif, mis à jour par la Mutuelle des motards et relayé par Motomag.com : des gendarmes ont appliqué la procédure Véhicules Endommagés à des motos, et retiennent leur carte grise. Les deux-roues ont pourtant été formellement exemptés de cette mesure. La machine administrative a pris un coup de chaud...
En province, les motards ont été très nombreux à répondre à l’appel de la FFMC, pour fêter l’annonce du retrait de la « procédure VE » et montrer qu’ils restent mobilisés. À Paris, les motards franciliens se réunissent actuellement pour en faire de même : la mobilisation s’annonce là aussi très importante !
Dans le communiqué de presse commun du 4 mars 2009, informant de l’abandon de la procédure VE pour les 2 roues, le Codever se félicite de l’ « allègement de la procédure » pour les autos. Formule laconique qui a suscité de nombreuses interrogations dans les milieux 4x4 et quad. Voici quelques explications de nature à dissiper les inquiétudes.
Les motards peuvent crier victoire ! Grâce à une mobilisation expresse, la partie moto du projet de Procédure Véhicules Endommagés est enterrée avant même d’avoir été décrétée.
La déléguée à la Sécurité routière a confirmé, hier, que la Procédure VE ne serait pas appliquée aux motos… le 15 avril !
Pour la suite, rien de clair n’est précisé. Un vrai tour de passe passe pour endormir les motards !
Cette annonce s’avère une raison de plus pour descendre dans la rue les 21 et 22 mars prochains, à l’appel de la FFMC.