Philippe Leduncq est membre du bureau national de la FFMC. Il défend la position des Motards en Colère face au gouvernement dans ce dossier et se prononce résolument contre cette nouvelle forme de contrôle technique.
Philippe, qu’est-ce qui t’inquiète dans ce dossier ?
Primo, l’expertise des forces de l’ordre. Cela nous ferait presque rire… Policiers et gendarmes ont peut être de l’expérience, mais ils ne sont pas formés pour estimer le degré de dangerosité d’un deux-roues motorisé. Cette « expertise » se basera donc sur une présomption de dangerosité. Ce n’est pas normal.
La FFMC refuse-t-elle certains points de la procédure VE ou bien tout en bloc ?
Nous refusons la procédure VE en bloc. Nous demandons un moratoire de 3 ans afin de pouvoir retravailler le contenu de ce texte. Le deux-roues c’est spécifique, on ne peut pas appliquer au 2RM une procédure adaptée à l’automobile.
Faites-vous face à un lobbying des experts automobiles ?
C’est une demande des chambres représentatives des experts. Mais en définitive, nombre d’entre eux se retrouvent bien embêtés. Ils vont porter une responsabilité plus lourde. Cela aboutira à des procédures à rallonge. Le coût, le handicap et la gêne pour l’utilisateur sont bien supérieurs à ce que la mesure va apporter en termes de sécurité routière.
A force de voir des dangers partout et de vouloir créer une socièté zéro accident, on supprime toutes les libertés, sauf celles de dire n’importe quoi !!! et de manipuler l’opinion par un langage inapproprie ; exemple le dépassement de vitesse arbitrairement fixée par des techno-crates (ou (...)
Quelles actions envisage la FFMC pour se faire entendre des pouvoirs publics ?
Nous dialoguons avec la Direction à la sécurité et à la circulation routières (DSCR), organisme dépendant du secrétariat d’État aux Transports. Nous devrions avoir une réunion début février, avant la signature du décret d’application de la mesure.
Une manifestation nationale est prévue le week-end du 22 mars. Elle promet de réunir un grand nombre de motards. Si la procédure VE était promulguée en l’état, le gouvernement saurait à quoi s’en tenir. Mais nos interlocuteurs savent qu’ils devront tenir compte des spécificités de chaque type de véhicule. Nous n’aurons pas de contrôle technique moto. C’est niet, les motards n’en voudront pas !
Le coût de la procédure, les fonctionnaires se rendent-ils compte qu’il est insupportable en temps de crise ?
Ils savent que c’est une aberration. Mais ils sont obligés de promulguer la loi afin de répondre aux effets d’annonce du président de la République et du gouvernement. On est en pleine politique spectacle.
Propos recueillis par Nicolas Grumel
- 02/02/2009
Un scandale administratif, mis à jour par la Mutuelle des motards et relayé par Motomag.com : des gendarmes ont appliqué la procédure Véhicules Endommagés à des motos, et retiennent leur carte grise. Les deux-roues ont pourtant été formellement exemptés de cette mesure. La machine administrative a pris un coup de chaud...
En province, les motards ont été très nombreux à répondre à l’appel de la FFMC, pour fêter l’annonce du retrait de la « procédure VE » et montrer qu’ils restent mobilisés. À Paris, les motards franciliens se réunissent actuellement pour en faire de même : la mobilisation s’annonce là aussi très importante !
Dans le communiqué de presse commun du 4 mars 2009, informant de l’abandon de la procédure VE pour les 2 roues, le Codever se félicite de l’ « allègement de la procédure » pour les autos. Formule laconique qui a suscité de nombreuses interrogations dans les milieux 4x4 et quad. Voici quelques explications de nature à dissiper les inquiétudes.
Les motards peuvent crier victoire ! Grâce à une mobilisation expresse, la partie moto du projet de Procédure Véhicules Endommagés est enterrée avant même d’avoir été décrétée.
La déléguée à la Sécurité routière a confirmé, hier, que la Procédure VE ne serait pas appliquée aux motos… le 15 avril !
Pour la suite, rien de clair n’est précisé. Un vrai tour de passe passe pour endormir les motards !
Cette annonce s’avère une raison de plus pour descendre dans la rue les 21 et 22 mars prochains, à l’appel de la FFMC.