La Mutuelle des Motards a créé une formation unique en France pour les experts en assurance débouchant sur un nouveau label : celui "d’Expert moto". Une première hexagonale qui bénéficie avant tout aux motards sociétaires. Explications.
Sur le terrain de l’expertise en assurance deux-roues, le pire côtoie le meilleur. Des passionnés de moto formés sur le tas aux experts autoproclamés « spécialistes 2-roues », en passant par ceux qui, de bonne foi, font de leur mieux mais restent incapables de distinguer un carénage en ABS d’un système d’assistance au freinage, le... constat n’est pas des plus réjouissant pour le motard confronté à un sinistre.
La nécessité de mettre en place une formation 2-roues pour expert en assurance se faisait donc sentir. Le label « Expert moto » imaginé par la Mut’ permet non seulement de garantir à l’assuré une analyse pertinente du sinistre, mais aussi de raccourcir les délais, de renforcer la qualité de réparation et de favoriser le dialogue entre l’expert et le motard sinistré.
Des experts sachant expertiser un 2-roues
Ce nouveau label est décerné aux experts au terme d’une formation composée de plusieurs modules.
88 % des experts labellisés Mutuelle sont des motards aguerries.
22 % des motos et scooters accidentés sont, à la Mutuelle, retirés de la circulation, contre 36% en moyenne. Le taux de 2-roues déclarés « épaves » par rapport à la moyenne nationale est, à la Mut’, 40 % plus faible que la moyenne nationale.
0,1 % des sociétaires de la Mutuelle ont déposé une réclamation face aux expertises réalisées en 2009.
Un expert en assurance est missionné pour évaluer le montant des préjudices subis par un assuré aux fins de l’indemniser à sa juste valeur.
Après la chute
En cas de sinistre sur une moto, il doit donc calculer le montant des réparations pour que le véhicule retrouve son état d’avant l’accident. Si le montant dépasse la valeur de la moto, il doit estimer à l’aide de l’argus, mais aussi des frais de réparation récemment engagés, du kilométrage, de l’état de la moto, etc., le montant qui sera remboursé par l’assureur à son assuré. L’assurance récupérant le véhicule et appliquant généralement une franchise qui sera déduite du montant estimé par l’expert.
Avant la chute ou le vol
L’expert peut aussi intervenir préalablement au sinistre. Soit avant de signer le contrat d’assurance pour estimer la valeur du véhicule assuré (moto transformée - on a ainsi vu des motos au réservoir plaqué or…), soit après la signature du contrat dans le cas d’une moto qui vient de subir une restauration et mérite une réévaluation, situation fréquente pour les motos anciennes.

Outre des connaissances techniques approfondies, les "stagiaires" y acquièrent une « culture Mutuelle de Motards » qui privilégie le dialogue avec le sociétaire et une familiarisation avec les machines via un mini-stage de conduite moto.
Des délais d’interventions « accélérés »
En choisissant de ne pas « barêmer » les honoraires d’expertise, l’expert dispose du temps qu’il estime nécessaire pour effectuer son travail. En retour, il est exigé une analyse irréprochable des dégâts posés à la moto.
Dans le même esprit, « les expertises des sociétaires assurés "tous risques"(*1) ont lieu, en moyenne, dans les 3 jours qui suivent l’accident et dans les 5 jours pour les assurés "au tiers"(*2) », affirme Laurent Santucci, responsable de l’unité Réseaux professionnels à la Mutuelle des Motards.
Des délais très court dans la profession, « car quand un utilisateur est privé de son 2-roues suite à un accident, on sait mieux que personne combien l’attente peut devenir insupportable. »
Des ateliers mécaniques impliqués
Raccourcir la procédure sans toucher au temps réservé à l’expertise, tel était l’enjeu de départ. Or cela n’est possible qu’en entretenant un lien étroit avec les motocistes. « Les experts ont des tournées planifiées auprès des réparateurs partenaires tous les 2 ou 3 jours. Et en plus, si un sociétaire amène ou fait déposer, avec le constat d’accident, son véhicule immédiatement chez un réparateur partenaire, celui-ci prévient directement l’expert. »
Des motos sauvées de la casse
Aux côtés du sociétaire, le rôle de l’expert labellisé peut aller encore plus loin. « En règle générale, quand le montant des réparations d’un véhicule accidenté approche ou dépasse sa cote argus, les experts "classiques" ont la fâcheuse tendance à le déclarer en épave sans autre forme d’analyse en faisant fi du rapport affectif qui lie le motard à sa moto. La Mut’ demande donc à ses "labellisés" d’explorer toutes les solutions permettant de sauver la moto de la destruction. »
Si un sociétaire le souhaite, il est possible d’avoir recours à de la pièce adaptable (par exemple un échappement… à condition qu’il soit homologué), d’envisager une peinture pour un carénage griffé plutôt qu’un remplacement ou de faire redresser un cadre légèrement touché plutôt que de le changer… Résultat : dans bien des cas, le propriétaire retrouve son 2-roues remis à neuf au lieu d’assister, impuissant, à sa mise à la casse.
Des bénéfices pour tous les assurés
Cette démarche de formation a bien évidemment des conséquences économiques positives., dans le sens où des expertises plus précises évitent les gaspillages. Ainsi, l’ensemble des sociétaires cotisent sur la base d’un coût moyen de réparation calculé au plus juste, tout en profitant d’une meilleure qualité de service.
Une sécurité maximale
Sur les six jours de formation des experts labellisés, plusieurs sont entièrement consacrés aux connaissances techniques des motos. Les parties-cycles (freins, cadres, suspensions…), la mécanique (moteur, boîte de vitesses, transmission…), les accessoires (tête de fourche, porte-bagage…), il s’agit de ne pas lésiner sur une pièce de sécurité.
Dans le même ordre d’idée, l’équipement du motard est passé en revue. Si, dans certains cas, on peut parfaitement bien faire réparer un cuir, pas question de faire de même sur un casque qui a été choqué (les mousses d’absorbtion seront inévitablement tassées même si, extérieurement, rien ou presque ne transparaît sur la coque).
Un label sous contrôle
Enfin, dernier point d’importance pour assurer un service durable, le label « Expert moto » n’est jamais donné de façon définitive.
En cas de non-respect, il peut être retiré et toute collaboration avec la Mutuelle stoppée. Un couperet qui n’impressionne aucunement les experts formés qui y voient plutôt la valorisation de leur… « expertise ».
Stéphane Devaux
- 17/11/2010
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