La sécurité routière doit être plus pé-da-go-gi-que !
Question sécurité routière, nombre de nos candidats pointent la nécessité de faire un effort sur les dimensions pédagogique et éducative de l’apprentissage de la conduite, et d’accélérer la prévention. Tiens tiens, on dirait que certains ont lu le Manifeste de la FFMC… C’est bien, mais on reste sur sa faim quant aux mesures ensuite proposées.

Car ce type de réponse, sorte de prêt-à-penser démago, fait bien dans un programme électoral. Mais derrière, il faut proposer les mesures qui vont avec. Et là…

Des mesures pour le moins étonnantes !
- Faire passer le permis de conduire en terminale (P. Poutou) : quid des jeunes qui quittent le système scolaire avant ?
- Généraliser les radars de vitesse moyenne, qui seraient plus pédagogiques que les radars de vitesse instantanée (La France insoumise) : onéreux, les radars de vitesse moyenne sont généralement mal indiqués et leur fonctionnement sans intervention humaine n’est pas plus pédagogique que les autres.
- Le parti de J. L. Mélenchon envisage de brider les moteurs à 130 km/h : le serpent de mer du Professeur Claude Got refait surface…Doit-on rappeler à La France insoumise que l’on peut se tuer à 60 km/h ?
- Le service civique - ou citoyen - obligatoire revient en force en 2017. Deux candidats, qui veulent le rendent obligatoire (Mélenchon, Dupont-Aignan), proposent d’en profiter pour faire passer le permis de conduire : pas simple et très coûteux à mettre en place…

Opération recyclage
Des candidats annoncent des mesures comme si elles étaient novatrices, alors qu’elles sont déjà en circulation :
- le sursis proposé par N. Dupont-Aignan, sur le retrait d’un point de permis, consiste simplement à réduire la période sans infraction de trois mois (rappelons à NDA qu’actuellement, au bout de six mois sans infraction on récupère son point) ;

- faire souffler les jeunes dans le ballon, comme le demande J. Cheminade, c’est peut-être l’un des contrôles routiers les plus répandus en France. Demandez aux forces de l’ordre qui passent leurs samedis soir et réveillons en faction autour des boîtes de nuit.

- B. Hamon veut réunir tous les acteurs, collectivités locales, associations d’usagers dans un grand élan de concertation ; M. Le Pen souhaite développer la mise en réseau des acteurs… Le CNSR, relancé par le ministre de l’Intérieur socialiste pas plus tard qu’en janvier 2017, est jsutement là pour ça !

Les motards… dans l’ornière
- On se met en colère quand on constate que l’état des routes, qui devient catastrophique en France, n’est qu’à peine évoqué par quelques candidats (Macron, Arthaud, Cheminade). La FFMC en a fait l’une de ses principales revendications car les motards, en équilibre sur deux roues, sont les premières victimes des ornières, dégradations de chaussées et infrastructures dangereuses. Il va falloir le faire entendre au prochain élu à la tête de l’État…

Réduire la circulation pour réduire le nombre de morts !
Pour améliorer la sécurité routière, plusieurs candidats entendent favoriser le développement des transports en commun. Sous-entendu, cela permettrait de réduire la circulation automobile donc le nombre d’accidents. Ce qui reste à prouver…

Un candidat nous manque...
Il demeure regrettable de ne connaître ni le programme ni l’opinion de François Fillon en matière de sécurité routière. Non par affinité, mais parce que cet homme politique était au gouvernement quand les radars automatiques ont fait leur apparition en France (2003).

Il a suivi de près Nicolas Sarkozy les ériger en outil de sécurité routière, et de sécurité rentière. Il était Premier ministre quand s’est durcie la répression. En 2011, il a pesé pour que le ministre de l’Intérieur, Claude Guéant, rétablisse les panneaux annonçant les radars fixes, un temps retirés. Bref, son programme en la matière devrait être instructif… Mais le candidat Les Républicains n’a toujours pas répondu à Moto Magazine malgré nos nombreuses relances.

Verdict : déception
Sur la sécurité routière, nos candidats ne sont pas incollables. Ils présentent peu de propositions, et celles-ci ne bousculeraient pas le service du ministère de l’Intérieur qui en a la charge.

Il est donc à craindre que les évolutions actuelles se poursuivent, quelque soit l’élu : recours au privé, plus de dispositifs de contrôle automatisé, recours à la vidéo-verbalisation… Aux dépens d’une vraie politique axée sur la pédagogie, l’éducation et la prévention.

Lisez la première partie de l’analyse des réponses des candidats en cliquant ici

Les réponses des candidats

- Les réponses de Nathalie Arthaud, Lutte ouvrière
- Les réponses de François Asselineau, Union populaire républicaine
- Les réponses de Jacques Cheminade
- Les réponses de Nicolas Dupont-Aignan, Debout la France
- Les réponses de François Fillon, Les Républicains
- Les réponses de Benoît Hamon, Parti socialiste
- Les réponses de Jean Lassalle
- Les réponses de Marine Le Pen, Front national
- Les réponses d’Emmanuel Macron, En marche !
- Les réponses de Jean-Luc Mélenchon, La France insoumise
- Les réponses de Philippe Poutou, Nouveau parti anticapitaliste

- L’analyse de la FFMC

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