Quel est votre avis sur le projet du gouvernement de confier à des sociétés privées la conduite des voitures-radar ?
L’argument des autorités est que les quelques centaines de véhicules de contrôle actuellement entre les mains de la police ou de la gendarmerie roulent assez peu, un peu plus d’une heure par jour en moyenne. En confiant au secteur privé l’utilisation de ces voitures, le gouvernement en attend une présence bien plus importante sur les routes (8 heures par jour) et donc une augmentation significative des amendes enregistrées.

De plus, aujourd’hui les voitures radars nécessitent la présence de deux personnes, une qui conduit et une qui s’occupe du radar. Avec la privatisation du système il n’y aura plus qu’une seule personne, le radar agissant seul.

Au total, donc, il y aura économie de personnel et augmentation du nombre d’amendes. Le premier bénéficiaire de ce nouveau système sera bien sûr la société privée choisie par le gouvernement. Une fois de plus, privatisation sera synonyme de profits accrus pour les sociétés. Quant aux employés de ces sociétés, ils ne trouveront aucun bénéfice à cette privatisation.

Quelle est votre position sur le système de contrôle automatisé des infractions routières et la politique de la Sécurité routière en général ?
Le contrôle automatisé des infractions routières permet évidemment d’en relever plus facilement. Or, on sait bien le rôle d’une vitesse excessive dans la survenue des accidents. Il entre donc logiquement dans une politique de la Sécurité routière en général. Celle-ci devrait être effectivement une priorité et devrait bénéficier de budgets importants pour assurer la sécurité sur les routes.

Malheureusement dans ce domaine comme dans bien d’autres, il y a loin des paroles aux actes, loin des discours de ministres pressés de dresser des bilans flatteurs de leur action aux véritables réalisations sur le terrain.

Austérité oblige, c’est aussi sur les budgets de la Sécurité routière que les gouvernements votent des restrictions, sur les crédits de maintenance des routes par exemple. Et comme pour les voitures radars, c’est au privé, en l’occurrence les grandes sociétés qui gèrent les autoroutes, que le gouvernement a confié ce qui est le plus rentable. Pour le reste du réseau routier, on fait avec les moyens du bord...

Enfin, je voudrais dire qu’on ne peut pas discuter de Sécurité routière sans discuter des autres modes de transport collectifs qu’il faudrait développer, les trains, les avions, les transports en commun. Techniquement, bien des solutions seraient possibles et bien des morts seraient évitables sur les routes.

Mais pour mettre en place ces solutions, il faudrait s’en prendre aux groupes capitalistes qui dictent leurs lois et devant lesquels tous les gouvernements s’inclinent. La seule façon c’est de s’en prendre à la conduite dangereuse… du capitalisme. Comme la voiture est devenue aujourd’hui le mode de transport quasi incontournable, ce serait bien la moindre des choses que la Sécurité routière relève d’un véritable service public alors qu’aujourd’hui elle est une source de profits.

Les réponses des candidats

- Les réponses de François Asselineau, Union populaire républicaine
- Les réponses de Jacques Cheminade
- Les réponses de Nicolas Dupont-Aignan, Debout la France
- Les réponses de François Fillon, Les Républicains
- Les réponses de Benoît Hamon, Parti socialiste
- Les réponses de Jean Lassalle
- Les réponses de Marine Le Pen, Front national
- Les réponses d’Emmanuel Macron, En marche !
- Les réponses de Jean-Luc Mélenchon, La France insoumise
- Les réponses de Philippe Poutou, Nouveau parti anticapitaliste

- L’analyse de Moto Magazine (1/2)
- L’analyse de Moto Magazine (2/2)
- L’analyse de la FFMC

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Enquête Moto Magazine : voitures-radar privatisées, les dessous d’un scandale d’État

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