Présentation

En images

Le trois-cylindres de 1050 cm3 commence à faire partie du patrimoine de Triumph, puisque né en 2004. Bien sûr, il a évolué au fil des millésimes, gagnant 25 ch et beaucoup d’électronique pour l’assister. Pour le reste, cette Speed Triple RS est une évolution de la « S » millésime 2016, et dont la principale nouveauté est l’adjonction d’une centrale inertielle qui gère l’ABS sur l’angle et le contrôle de traction. On note aussi l’arrivée d’un tableau de bord TFT (piqué sur la chaîne de montage de la Street Triple RS !), de commodos rétroéclairés (en provenance des Tiger 1200), d’un cruise control, d’un démarrage sans clef et d’une ribambelle de détails esthétiques et techniques (roues, échappements…). Pour faire simple, cette Speed RS, c’est plus de puissance, plus de couple, plus d’électronique, moins de poids, bref, elle subit ce qu’on appelle la loi de l’évolution !

Prise de son
Pourtant, une fois devant la bête, on a du mal à la distinguer du modèle 2016 tant elle lui ressemble. En selle, la position est typique des roadsters sportifs, avec un guidon large et plutôt bas, une selle galbée pour vous caler à l’accélération et des repose-pieds un peu en arrière qui obligent à bien plier les genoux. Contact, ah, ce trois-cylindres et son ralenti guttural, c’est toujours aussi agréable ! Le nouveau moteur sonne fort avec ses échappements Arrow, et quelques coups de gaz à vide laissent à penser que le meilleur est à venir… Chlank ! Ah, la première est engrenée, on va pouvoir y aller. D’abord pour sortir de la ville (en mode Road), endroit où la Triumph n’est pas le plus à son aise. Primo parce qu’elle ne braque toujours pas, deuzio parce que le bloc dégage des calories qui remontent le long des jambes. Pas grave en ce doux hiver ibérique, plus contraignant l’été.

Moteur encore boosté
Petite séance d’autoroute pour rejoindre le lieu de notre essai, histoire de constater que la Triumph ne vibre pas, que son confort est acceptable mais que sans aucune protection, c’est 140 km/h maxi. En mode cartographique Sport (ride by wire plus réactif et antipatinage moins intrusif), le moteur est bien plus vif qu’auparavant, les montées en régime sont plus rapides (la transmission primaire est plus courte et le balancier d’équilibrage plus léger) et s’accompagnent d’un couple balèze dès les 3 000 tours, qui se renforce encore jusqu’à 8 000. Et passé ce cap, le bloc offre 10 ch de plus vers les 10 500 tr/min ! Côté transmission, le shifter (en option) permet des montées et des descentes de vitesses plus véloces. On croyait ce « vieux » moteur à bout de développement, eh bien c’est raté… Plus plein, plus vif, plus puissant et plus coupleux qu’avant, il offre une nouvelle jeunesse à cette institution sur roues qu’est la Speed !

Partie-cycle aiguisée
Côté châssis, la Triumph, surtout dans cette version RS équipée du top de l’amortissement Öhlins, sort le grand jeu. Avec 202 kg tous pleins faits, elle peut rouler vite, très vite. Dans les grandes courbes lisses, elle est impériale de précision et d’équilibre. Dans la roue de notre pilote ouvreur, le rythme soutenu par l’anglaise l’impose comme une nouvelle référence du genre. Le train avant se place d’un coup d’œil par un léger contre-braquage et les suspensions en contrainte travaillent de conserve, pour un équilibre très neutre. Quelle que soit la phase de pilotage (freinage, sortie de courbe, appui prononcé à haute vitesse), la Triumph reste de marbre et jamais ne se désunit. Seul bémol, elle se redresse lors de la prise des freins une fois placée en courbe. Comme toujours, le « toucher » de route de l’hydraulique Öhlins est bluffant, et c’est peut-être là que se justifie le prix de la moto. Finissons par le freinage, ultra-puissant à l’avant avec une combinaison Brembo étriers M4-34/maître-cylindre MCS 19/21 couplé à un ABS (à 2 modes, route ou circuit) discret mais efficace, et correct sur l’arrière en dépit d’un toucher de pédale façon « bulle d’air dans le circuit ».

le verdict
De prime abord, on pourrait croire que la Speed Triple 1050 RS n’a que peu évolué ; bien au contraire ! Électronique plus performante, moteur plus vif, plus puissant et sonnant comme jamais, châssis quasi parfait, la Triumph fait bien mieux que son aînée. Certes, elle n’est pas la plus performante de la catégorie (quoique sur route, ça reste à confirmer), mais elle offre une homogénéité et un caractère bien à elle qu’il est difficile de ne pas apprécier ! Reste le prix, avoisinant celui de la Yam MT-10 SP mais 1 500 € au-dessus de celui d’une BMW S 1000 R.

En vidéo

Fiche technique

Triumph Speed Triple 1050 RS (données constructeur)
Moteur
Type : 3-cylindres en ligne, 4T, 2 ACT, 4 soupapes par cylindre
Cylindrée (al. x cse) : 1 050 cm3 (79 x 71,4 mm)
Puissance maxi : 150 ch à 10 500 tr/min
Couple maxi : 11,9 m.kg à 7 150 tr/min
Alim./dépollution : injection/Euro 4
Transmission
Boîte de vitesses 6 rapports
Transmission finale par chaîne
Partie-cycle
Frein Av (étrier à x pist.) : 2 disques, Ø 330 mm (4 opp.)
Frein Ar (étrier à x pist.) : 1 disque, Ø 255 mm (2 pistons)
Réservoir (réserve) : 15,5 litres (n.c.)
Poids annoncé : 202 kg
Hauteur de selle : 825 mm (selle basse en option)
Pratique
Coloris : noir graphite, blanc christal
Prix : 15.850 €

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