« Un quatre-cylindres de roadster dans un châssis de trail routier ? En voilà, une idée saugrenue ! » Telle fut notre réaction en découvrant cette grosse sauterelle au salon de Milan. Pourtant, compte tenu des choix techniques orientés « route », la Kawasaki 1000 Versys mérite plus qu’un petit (dé)tour…
| POUR | CONTRE |
|---|---|
| + Confort et duo | - Pas de béquille centrale |
| + Équipement de série | - Moteur un peu mou sous les 4.000 tours |
| + Prestations dynamiques | - Feeling du frein avant |
Essai à retrouver dans Moto Magazine n°284 (février 2012)
premiers 1500 kms, je suis emballé, après 3 BMW GS GSA RT, un essai de tous les trails, ce moteur est une joie rien qu’au démarrage (le son) on a la banane, et sur la route c’est du coffre à volonté, à 70 % mode Low on a tout ce qui faut pour se faire plaisir et pâlir, sans perdre ses points, (...)
(données constructeur)
Moteur Type 4-cylindres en ligne refroidi par eau, 4T, 2 ACT, 4 soupapes par cylindre ;
Cylindrée (al. x cse) 1043 cm3 (77 x 56 mm) ;
Puissance maxi 118 ch à 9.000 tr/min ;
Couple maxi 10,4 m.kg à 7.700 tr/min ;
Alim./dépollution injection Ø 38 mm/Euro 3
Transmission
Boîte de vitesses 6 rapports ; transmission par chaîne (15x43)
Partie-cycle
Frein Av (étrier x pist.) 2 disques Ø 300 mm (4 opp.) ;
Frein Ar (étrier x pist.) 1 disque Ø 250 mm (1) ;
Réservoir (réserve) 21 litres (n.c.) ;
Poids à sec 239 kg (270 kg annoncés avec les pleins)
Pratique Coloris blanc, marron ; Garantie 2 ans pièces et M.O, assistance ; Prix 12.499 €
Nous ne débattrons pas sur la ligne, les forums Internet s’en sont déjà chargés ! Attardons-nous déjà plutôt sur la finition : de bien à très médiocre par endroits. Montage, ajustage, peintures, finition : on est dans les standards japonais actuels. Mais d’autres points agacent, comme le radiateur plat, en alu brut façon échangeur thermique de congélateur, ou le pot peint d’un noir mat « bombe Norauto ». Sur nos modèles d’essais tout neufs, ils étaient déjà marqués par endroits.
270 kg annoncés avec les pleins, des mensurations qui siéent au genre gros trail : les moins de 1,70 m vont goutter du front (la selle culmine à 845 mm). La Versys est une moto imposante, mais son équilibre est assez neutre pour ne pas vous embarquer à la moindre manœuvre. La mise en route du bloc « Z », revu pour plus de rondeur, ne soulève aucun enthousiasme avec son banal ralenti métronomique de gros 4-pattes. Passons.
Circulation urbaine. Malgré l’imposante masse, engluée au milieu des autobus de « touristes-retraités-teutons », les manœuvres au pas se font avec douceur et assurance. Le moteur est d’une souplesse bienvenue, tout comme la transmission, exempte d’à-coups et répondant avec feutré à la moindre sollicitation. Autres bonnes surprises, aucune chaleur du moteur ne vous remonte dans les jambes, et l’équilibre de la moto évite de poser les pieds au sol à chaque manœuvre. Un vrai confort pour ceux qui roulent souvent en ville.
Spéciale de montagne. L’itinéraire concocté par Kawa sur les routes de Ténérife (Canaries) est simple : une véritable spéciale de rallye, dont le terme n’est autre que le point culminant de l’île, où se trouve le parc national « del Teide ». Rapidement, la Versys dévoile un certain potentiel sportif, et plus particulièrement son moteur. Malgré la refonte, le 4-cylindres ne perd pas le caractère lié à son architecture et ne donne le meilleur de lui-même que dans les tours.
Moteur. Sous les 4.000 tours, c’est un peu mou, loin du coffre d’un gros twin ou d’un 3-cylindres, alors que ce genre de trail se conduit plutôt « sur le couple ». Ensuite, on entre dans la zone où le bloc se sent bien, entre 4.000 et 8.500 tours : une plage assez large où couple et puissance sont largement présents pour catapulter la grosse Kawa sur les intermédiaires sans avoir à flirter avec la zone rouge (placée à 10.000 tours). Notons que le bloc s’époumone vers les 9 .00 tours. Ce caractère s’accorde à merveille avec une boîte de vitesses rapide, précise et à l’étagement parfait ; tout comme au châssis aussi sûr que précis.
Malgré le gabarit et le poids, la Versys s’emmène avec une facilité digne d’une bonne routière. On enchaîne les pifs et les pafs, on trace des courbes parfaites à l’aide d’un train avant prévenant et de gommes (Pirelli Scorpion Trail) accrocheuses à souhait, sous couvert d’avoir bien assimilé les débattements des suspensions. Comme toute machine haute sur patte, les « mouvements de caisse » sont importants, sans pour autant être déstabilisants.
Freinage limite. À l’opposé, le freinage est à la peine. Levier spongieux sans le moindre feeling, ABS souvent déstabilisé par le cocktail suspensions souples/bitume fripé : la vigilance s’impose, notamment lors d’une descente de col. Quant à l’antipatinage de série (3 modes et déconnectable), s’il a été quasi impossible de le « réveiller » sur sol sec avec des pneus performants, nul doute que sous la pluie il évitera les dérobades. Tout comme le mode moteur « puissance basse » qui ne lâche que 75 % de la cavalerie.
Verdict. La Versys 1000 représente à merveille le style trail option route, ce qu’elle est à 100 % ! Elle ne peut se comparer à une Super Ténéré, à la future Triumph 1200 Tiger Explorer ou à la référence R 1200 GS, bien plus trails dans leurs gènes. La Versys 1000 se place plutôt entre la routière Z 1000 SX et la sport-GT 1400 GTR, pour rester dans la gamme Kawasaki. Alors si vous cherchez une bonne routière confortable en solo comme en duo, avec un moteur pêchu passé les bas régimes et une partie-cycle saine et amusante, qui plus est dotée d’un équipement de série assez complet pour un tarif compétitif (12 499 €), la Versys 1000 vous tend son guidon !
Axel Mellerin - 14/02/2012
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