Essai

Cylindrée, bicylindre, cardan, concept, les similitudes avec la R 1200 GS sont nombreuses, et donnent vraiment envie de tester cette 1200 Super Ténéré ! Terrain de jeu : les routes aux dessins et revêtements (a)variés de l’Espagne et du Portugal. Distance : 1100 km. De quoi juger des capacités de la nouvelle baroudeuse Yamaha à supporter la comparaison avec une teutonne qui n’a plus rien à prouver.

Baroudeuse accueillante
Protège-mains, gros sabot aux soudures apparentes et « cantinières » en alu : dans sa version « First Edition », la gueule d’aventurière de la bête en impose. Même si certains détails de finition suscitent la critique. Imposante, la nouvelle Yamaha est lourde aussi (annoncée à 260 kg, sans bagages), il faudra composer avec.

Mais sa selle, réglable, est accessible (840 mm en position basse) et pas trop large. De plus, l’écartement des cuisses dû au réservoir n’est pas exagéré et la distance selle-repose-pieds offre au pilote une position confortable et peu fatigante.

Imposante mais maniable
Moteur ! Le gros twin parallèle se cale sur un ralenti peu mélodieux, car étouffé par les normes anti-machin et anti-truc : on est loin de la mélodie attendue d’un calage à 270°. Les bruits mécaniques (pignons, roulements, engrenages…), eux, sont bien présents.

À faible allure, on note l’équilibre de la moto : malgré son poids, pas besoin de forcer pour évoluer en ville. La Super Ténéré braque « extra-court », le large guidon facilitant la manœuvre. La commande d’embrayage un poil dure, son levier trop éloigné du guidon (même réglé au plus proche) et les « coups de pistons » du gros bicylindre au ralenti sont en revanche moins amènes.

De Madrid au Portugal par les nationales
L’un des points forts de la 1200 GS étant sa tenue de route, on attendait la « Super T » au coin du bois. Elle ne déçoit pas : malgré un simple cadre en acier, une fourche classique et une transmission par arbre sans double articulation homocinétique, la tenue de route de la XTZ est impériale !

Entrées en courbe franches et précises, sorties de virages gaz en grand, tenue sur l’angle tranchante, la Super Ténéré est un plaisir à conduire. Les quelques lignes droites empruntées à vive allure dévoilent, elles, la très bonne protection de la bulle (position haute) et des carénages latéraux.

La seule déception vient du caractère moteur : malgré un calage identique à un V-twin à 90° (genre Ducati) et une grosse cylindrée, les sensations ne sont pas là. Le bloc est vaillant, il catapulte la machine au moindre coup de gaz, mais avec son mode sourdine et sa linéarité peu démonstrative, on reste sur sa faim. On se console avec une boîte douce, précise et bien étagée qui facilite les reprises.

Freinage intégral
Le freinage intégral « UBS », commandé au levier et couplé à un ABS dernier cri, s’est montré aussi puissant que sûr : décélérations puissantes, équilibre préservé quelle que soit la phase de freinage et ABS discret, un vrai régal. À garder en tête : la pédale au pied droit ne commande que le frein arrière.

Verdict. Performante, confortable, sûre, bien équipée dans sa version First Edition, le tout sous la barre des 15.000  euros, la Yamaha XTZ 1200 Super Ténéré est une réussite ! Il nous tarde donc de la confronter avec une BMW R 1200 GS, au même tarif (sans une ribambelle d’options, donc…), ce qui sera chose faite dans le numéro de septembre de Moto Magazine !

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