Essai

Pour ceux qui n’auraient pas suivi, Benelli appartient depuis 2005 au groupe chinois Qianjiang, qui a repris le flambeau de l’historique firme italienne de Pesaro. La gamme Benelli ne comportait jusqu’ici que des machines de cylindrée contenue à l’instar des Leoncino 500, TRK 502, sans oublier la récente 502 C. C’est donc d’un très bon œil que nous avons vu pointer cette 752 S, qui vient de passer du statut de « moto de salon » (elle y était exposée depuis deux ans…) à celui de machine prête à passer sous les fourches caudines de Moto Magazine !

Un monstre d’inspiration
Dans cette belle livrée vert brillant, la 752 S dégage quelque chose. Outre ce coloris vif, elle montre un style distinctif, assez loin de l’esprit chinois qui consiste, trop souvent, à copier ce qui se fait déjà… Bien sûr, l’inspiration bolonaise transparaît dans ses lignes et la 752 S n’est pas sans rappeler les Ducati Monster des années 90 (dont nous retraçons l’histoire ici) : cadre treillis, avant massif, arrière tronqué ; un style devenu iconique et désormais emprunté par bon nombre de roadsters à vocation sportive. Pour le reste, cette Benelli est plutôt bien finie et équipée : fourche inversée Marzocchi de Ø 50 mm, étriers Brembo radiaux et échappement court en inox.

Plaisante à la ville
Une fois en selle, la position - ramassée - ne surprend pas : jambes repliées et buste un peu sur l’avant, à cause du guidon au cintre assez plat. Je détaille le tableau de bord TFT et ses nombreuses infos, tout en mettant en marche le bicylindre. Ah oui… sonore le berlingot ! Côté échappement ou côté mécanique, il y a de la vie. Ça claque, ça siffle, ça grogne... Comme le disait Coluche : « Là au moins, on sait qu’on n’est pas en panne ! » En ville, la Benelli sait pourtant se montrer polie. Le moteur est assez souple, elle braque correctement et se faufile aisément. Seul un embrayage à la course réduite et plutôt sec demande un dosage précis entre les gaz et le lâcher du levier pour décoller en douceur. Autres bonnes surprises : le moteur ne chauffe pas entre les jambes - un bon point pour les jours d’été - et l’injection, une fois le bicylindre à température, se montre douce.

Rassurante sur la route
Sur la route, la 752 S offre un bon équilibre général et une neutralité rassurante. J’ai été agréablement surpris par son comportement, ce que n’augurait pas l’amortisseur arrière d’apparence cheap - en tout cas pas au même niveau de qualité que la belle fourche - et son poids élevé (227 kg vérifiés). Justement, parlons-en du train avant : précis, facile, il permet de placer la moto là où on le souhaite et bénéficie d’un freinage puissant et dosable. Résultat : on se met à enquiller dès que la route le permet. C’est à ce moment précis qu’on mesure les limites de l’amortisseur. Son amorti hydraulique trop faible laisse trop de liberté au ressort. La moto marsouine de l’arrière sur les déformations de la route, alors que l’avant avale trous et bosses avec sérénité. Des réactions qui ne surviennent vraiment qu’en conduite musclée…

Toute la musique que j’aime
Côté moteur, j’ai retrouvé avec plaisir des sensations un peu oubliées aujourd’hui. Un moteur râpeux, qui vibre, avec pas mal de bruits mécaniques et une sonorité d’échappement puissante. Pour les performances, c’est un peu moins la fête ! Oui, les 76 chevaux sont bien là, mais haut dans les tours. On aurait aimé un peu plus de coffre aux mi-régimes, là où le moteur passe le plus clair de son temps. Entre 3 500 et 6 500 tr/min, le bloc se contente de prendre des tours, sans jamais vraiment délivrer le caractère propre au bicylindre, à savoir le fameux « coup de pied au cul »… Tant et si bien qu’on en vient à le cravacher en jouant du sélecteur, qui commande une boîte de vitesses rapide et précise. J’aurais volontiers troqué quelques chevaux en échange de quelques newtons-mètres supplémentaires… Mais dans l’ensemble, rouler au guidon de cette 752 S ne renvoie pas aux nombreux clichés associés aux motos « made in China » : assemblages approximatifs, finition bâclée, performances moyennes, etc. Il est clair que Benelli est la marque de « l’Empire du Milieu » la plus en avance tant en termes de conception que de prestations dynamiques.

Le verdict
La Benelli 752 S est une bonne surprise. Ses prestations globales semblent au niveau de certaines concurrentes, ce que nous confirmera le futur comparatif avec la Yamaha MT-07 par exemple, la machine la plus proche en termes d’architecture moteur, de puissance, etc. Un challenge pour la belle sino-italienne face à une des chouchoutes japonaises de notre marché, moins chère de quelques euros, et aussi plus légère de plus de 40 kg ! Benelli s’attaque à un segment difficile...

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Fiche technique

Benelli 752 S - Fiche technique (données constructeur)
Moteur
- Type : bicylindre en ligne à refroidissement liquide, 4T, 2 ACT, 4 soupapes par cylindre
- Cylindrée (al. x cse) : 754 cm3 (88 x 62 mm
- Puissance maxi : 76 ch (56 kW) à 8 500 tr/min
- Couple maxi : 6,8 m.kg (67 N.m) à 6 500 tr/min
- Alim. /dépollution : injection/Euro 4
Transmission
- Boîte de vitesses à 6 rapports
- Transmission finale par chaîne
Partie-cycle
- Frein Av (étrier à x pist.) : 2 disques, Ø 320 mm (4 opp.)
- Frein Ar (étrier à x pist.) : 1 disque, Ø 220 mm (2 opp.)
- Pneu Av - Pneu Ar : 120/70/ZR17 - 180/55/ZR17
- Réservoir (réserve) : 14,5 litres (n. c.)
- Poids annoncé : 228 kg (tous pleins faits)
- Hauteur de sellle : 810 mm
Pratique
- Coloris : vert, blanc, rouge
- Garantie : 2 ans pièces et M.O., assistance
- Prix : 7 199 €

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