Après avoir présenté les grandes lignes du Plan de déplacement de Paris, nous nous penchons sur les points qui touchent plus particulièrement le deux-roues motorisé. La mairie de Paris campe sur le refus de considérer ses avantages. Pourtant, le 2RM peut participer à la réalisation du principal objectif du PDP : lutter contre la pollution.
Les principaux objectifs de PDP (Plan de déplacement de Paris) sont de réduire la pollution et l’encombrement des artères de la capitale. C’est louable et nécessaire. Mais la méthode de la municipalité chiffonne car basée presque uniquement sur une politique anti-voiture qui s’étend à la moto. Le 2RM, qui a sans doute son rôle à jouer pour améliorer le cadre de vie citadin, fait l’objet d’une traque injustifiée.
Comme d’hab, c’est toujours l’autre qui est coupable. Comment ferait le parisien si tout les banlieusards travaillant sur Paris (y compris les chauffeurs de transport en commun) n’y venaient plus pour cause d’impossibilité de circuler. Ce serait le méga bordel. En tout cas, faut pas compter sur moi (...)
Pour lutter contre la pollution, pour faciliter le déplacement de tous, mais aussi en faveur d’une plus grande sécurité des usagers les plus fragiles, certaines grandes villes, en France et à travers le monde, ont opté pour des solutions qui pourraient inspirer les élus de nos grandes agglomérations. Quelques exemples.

Taxi commun. À Manille, aux Phillipines, la pollution est autrement problématique qu’à Paris. Du fait de la circulation importante, mais aussi de la piètre qualité de l’essence que l’on peut trouver dans la majeure partie de l’Asie. Pour pallier cet inquiétant problème, les autorités ont notamment mis en place des services de "taxis collectifs". À l’entrée de la ville, les conducteurs peuvent délaisser leur véhicule, sur un parking prévu à cet effet, pour partager des taxis. Dans cette logique, un minibus de huit places permet alors de remplacer autant de véhicules individuels.
Covoiturage. Une pratique courante dans certains pays d’Europe du Nord, ainsi qu’aux Etats-Unis, où certaines "highways" possèdent une voie dédiée. La mairie de Paris y fait référence en annonçant qu’elle souhaite que "l’auto-partage" se développe. Pour le moment, il s’agit surtout d’une déclaration d’intention. Mais Paris a évoqué la possibilité de réserver une file de son périphérique aux taxis, bus et voitures qui pratiquent le covoiturage. Il faudra bien qu’elle promeuve concrètement le covoiturage. Précisons que la ville soutient Caisse Commune (voir motomag.com du 27/10/06), une initiative privée qui permet à 8 personnes de se partager une voiture.
Vélo libre-service. En mai 2005, Lyon se dotait de 2000 vélos en libre-service, les « Velo’v ». Sur ce modèle, la Ville de Paris devrait s’équiper de 3000 vélos à partir de l’été 2007. Ils seront répartis dans 200 stations placées à proximité des sorties de métro et pourvues d’une quinzaine d’exemplaires. Le vélo a bien sûr ses limites, puisqu’il ne permet pas le transport de personne, et qu’avec lui, pas question d’aller faire ses courses pour la semaine !
Accès aux voies de bus. Londres et ses milliers de caméras. Une des villes au monde où la vidéosurveillance est la plus présente. L’accès à son hyper centre se fait via un péage urbain, qui reste toutefois gratuit pour les 2RM. Au-delà de cette gratuité, la capitale britannique prend bien plus en compte le 2RM que son homologue hexagonale. Outre des campagnes de sensibilisation aux risques de ce moyen de transport à l’adresse de tous les usagers, la Ville de Londres a permis aux 2RM d’emprunter les voies de bus. Entre 2004 et 2005, l’accidentalité des utilisateurs de 2RM a baissé de 14 %.
Stationnement sur les trottoirs. En Belgique, depuis 1975, le stationnement des 2RM sur les trottoirs est autorisé, du moment qu’il n’entrave pas la circulation des autres usagers. Un arrêté royal de décembre 2006, qui entrera en vigueur en mars 2007, étend ce droit de stationner. Sur les places dédiées aux voitures sur la chaussée, les 2RM peuvent se garer perpendiculairement au trottoir, pratique auparavant interdite. Cette autorisation permet de garer plusieurs machines sur une même place, en ne payant qu’un seul ticket.
Remontée de files. Le Code de la route français n’autorise ni n’interdit la remontée des files de voitures. Après des années de tolérance de la pratique, la police parisienne a subitement décidé de la verbaliser, parfois d’une manière très discutable. En Belgique, la situation légale de cette pratique est la même qu’en France. À la différence près qu’entre les files arrêtées, il n’est pas considéré qu’il y a dépassement par la droite de la part du deux-roues. Et, entre les files mouvantes, sauf comportement dangereux, la remontée fait l’objet d’une grande tolérance.
Retrouvez l’enquête sur les enlèvements de deux-roues motorisés à Paris, dans Moto Magazine n°234 (février 2007).
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Durée réduite des déplacements, stationnement facilité, consommation raisonnable, indépendance... Les avantages du 2RM en ville ne sont pas négligeables. Le nombre grandissant de Franciliens qui optent pour le 2RM tend à prouver qu’ils les ont bien perçus. Mais à la mairie de Paris, tout le monde ne l’entend pas de cette oreille. « Ce n’est qu’en leur faisant vivre l’enfer que nous obtiendrons un jour qu’ils renoncent à leur bagnole », promettait Yves Contassot, adjoint Verts chargé de l’environnement.
Ces dernières années, les usagers de 2RM ont pu le constater, ils sont inclus dans cette logique pour le moins sectaire et en décalage avec la réalité. Et, il faut bien l’admettre, hormis une proposition de contrôle technique (voir motomag.com du 14/01/07), le PDP ne prend presque pas en compte le 2RM.
Des aménagements contraignants et dangereux
« Denis Baupin nous avait promis qu’une vraie place serait donnée au 2RM dans le PDP. Ce n’est pas le cas aujourd’hui et l’on sait que les infrastructures nouvelles sont aujourd’hui anti-2RM », déplore Fabrice Vidal, coordinateur de la FFMC-PPC (Paris petite couronne). Il fait notamment référence au boulevard Magenta et à la Gare du Nord, « des endroits où le nombre de places de stationnement a été divisé par deux. Il faut souligner que ces aménagements, situés dans le 10e, ont été décidés par Charlotte Nenner, élue Verts de cet arrondissement, proche de Contassot. »
Fabrice est de plus dubitatif quant à la promesse de concertation avec tous les usagers des rues parisiennes, présente dans le texte du PDP : « Nous craignons une fausse concertation. On promet de modifier des accès passants, or, le boulevard Magenta, déjà réaménagé, est une catastrophe pour les 2RM, qui n’ont plus la possibilité de rouler en décalé par rapport aux voitures. Ce qui pose un problème de sécurité, en plus d’enlever à la moto sa facilité de mouvement. » De surcroît, pour la FFMC parisienne, un tel aménagement incite les comportements inciviques, comme la circulation sur le trottoir ou le franchissement de ligne blanche.

Stationnement : la guerre ouverte
Le stationnement des 2RM est l’un des points où la politique de la Ville de Paris est des plus incohérentes. Le déficit en matière de places de stationnement dédiées est de l’ordre de 100.000. Cependant, les conducteurs se voient verbalisés pour s’être garés sur les trottoirs et les enlèvements sont désormais monnaie courante. Cette répression a récemment fait l’objet d’une demande de durcissement de la part des élus Verts parisiens.
Pourtant, la revendication de la FFMC-PPC ne relève pas de la demande de passe-droit : « Nous demandons à la préfecture de police de Paris et à la mairie de nous autoriser à nous garer sur les trottoirs, dès lors qu’ils sont suffisamment larges pour que cela ne gène pas les passants, les familles avec des poussettes et les personnes handicapées », expliquait l’un des membres de l’association lors de l’action du 27 janvier dernier.

Travail de longue haleine
Ce que l’on peut reprocher aussi à la municipalité de Paris, c’est de ne voir le problème de la circulation que par leur petit bout de la lorgnette. Aucune concertation n’est prévue avec les banlieues ou les départements limitrophes. Prendre les transports en commun aux portes de Paris, c’est une bonne idée. Mais où les banlieusards vont-ils parquer leurs voitures ?
Limiter la circulation, cela peut passer aussi par le télé travail. Ainsi Renault a proposé à ses cadres de travailler entre deux à quatre jours à domicile, depuis le 23 janvier 2007. Sur les 28.000 salariés concernés, plusieurs centaines ont accepté le principe.
Pourquoi ne pas développer les parking moto où les locations de moto à proximité des grandes gares ? Le provincial qui aurait des rendez-vous dans la journée pourrait se rendre rapidement à ses obligations, sans avoir à prendre sa voiture.
La municipalité de Paris fait exactement le contraire en supprimant ces places de parking, omnubilée qu’elle est par tout ce qui a un moteur ! Apparemment, pour les élus écolos parisiens, tout déplacement ne peut se faire qu’en vélo ou en roller....
La prise de conscience de l’importance du réchauffement de la planète, en partie à cause de la circulation urbaine, ne pourra passer que par une sensibilisation individuelle et collective, pas par des mesures de contrainte.
On peut le voir, les problèmes de circulation dans les grandes villes doivent faire partie d’une reflexion et d’une prise de décision globale au niveau de la société. On sait bien que la flambée des prix de l’immobilier fait fuir les classes "laborieuses" dans la grande banlieue, maintenant au nom de la lutte contre la pollution on va leur interdire l’usage de leur moyen de locomotion individuel, sans pour autant proposer d’alternative valable...
Grégoire Acerra - 04/02/2007
Exclusivité Motomag ! Le préfet de police de Paris semble désormais favorable à légaliser la circulation des motos entre les files de voitures. Une avancée qui pourrait être concrétisée par une expérimentation grandeur nature avant la fin de l’année 2009...
Selon nos informations, émanant de sources confidentielles, le tunnel de l’autouroute A86 ouest, entre Versailles (Yvelines) et Rueil-Malmaison (Hauts-de-Seine) devrait entrer en service le 27 juin prochain à 6h30 du matin.
Depuis 2006, la FFMC 77 a engagé un combat -relayé dans nos casques d’âne -, contre la municipalité de Moussy-le-Neuf. Cette dernière a en effet installé plus de 50 ralentisseurs, pour un bourg de 2800 âmes… Et pour couronner le tout, ces modérateurs de vitesse ne sont pas conformes à la législation en vigueur.
À Paris, l’accidentologie des deux-roues motorisés inquiète la préfecture de police. Elle a décidé de sortir l’arsenal répressif pour intensifier le contrôle et la verbalisation des usagers de cette catégorie.
Le 22 février, "Enquête Exclusive" sur M6 diffusait un reportage dénonçant les dangers du 2-roues. Un coursier apportait un témoignage spectaculaire et inquiétant sur son métier, à la limite de la légalité. François Thomas, secrétaire général du syndicat CGT des Coursiers, réagit à cette émission et décortique les pressions exercées sur les coursiers.