Ils ont tous les deux moins de 20 ans et ils représentent l’avenir de Yamaha France dans le championnat de France des sables et son apothéose, la course du Touquet qui se déroule devant 250.000 spectateurs. Quelle est la stratégie de Yamaha pour disposer d’un tel réservoir de jeunes talents ?
Après 25 ans de compétition dans le sable, le pilote phare de Yamaha France : Arnaud Demeester a décidé de tourner la page après 25 ans de compétition. Mais la relève est là et bien là, puisque les deux pilotes support de la marque se nomment : Adrien Van Beveren (photo) et Milko Potisek.
Le premier, âgé de 18 ans entame sa deuxième saison en enduro des sables et a déjà du galon puisqu’il a déjà été sacré champion de France E1 (250/4temps) en 2007.
Sa progression en course des sables est remarquable puisque du Top 15 il y a deux ans, il termine systématiquement dans le Top 10 aujourd’hui. Enfin pour sa première participation au Touquet en 2009 sur une 450 YZF, il figure à la 6e place au scratch !
Le deuxième Milko Potisek, est le cousin de Timoteï, le vainqueur de l’Enduropale 2009. Sauf que Miko est sur Yamaha, alors que ses cousins sont sur Honda.
Lui aussi entame sa première saison en enduro des sables, même s’il privilégie le cross et rêve de disputer le championnat du monde en 2010.
Depuis que le Touquet existe les retombées pour un constructeur sont très importantes, puisque les Yamaha représentent « environ 30% du plateau » selon José Leloir. Même si on pense que ce chiffre est volontairement sous-estimé. En effet les concessions Yamaha dans le Nord sont au nombre de 12 contre une poignée pour Honda.
Ce chiffre peut par contre très vite descendre « en dessous de 17% » en cas de mésaventure « sportive » confirme José Leloir.
On peut davantage mesurer les retombées en termes de pneumatiques. Car en passant chez Pirelli, en 1999, Arnaud Demeester a fait très vite évoluer la marque italienne qui représentait jusqu’à 70% du plateau, en 2004 notamment ! Dans ces années là la prime offerte au vainqueur du Touquet par Pirelli était de 3.800€. Nul doute que cette prime, a dû nettement augmenter au vu des moyens publicitaires déployés par le manufacturier cette année.
Les succès du Dunkerquois ont même convaincu les responsables Honda de passer chez Pirelli, après des essais sur Michelin et Bridgestone, il y a 2/3 ans seulement. C’est dire si le Touquet est une formidable vitrine pour les constructeurs, équipementiers et manufacturiers de pneumatiques !
Mais pour l’instant c’est à la demande de Yamaha France, qu’il dispute son premier Touquet. Avec un résultat étonnant aussi, puisqu’il termine à la 7e place !
Visiblement Milko est un homme de « Tout Terrain » car selon ses propres dires « Je m’adapte très vite et j’ai un très bon feeling sur n’importe quelle surface »
Cette politique de jeunes « plants » dans une pépinière, est une stratégie à long terme que la marque aux 3 diapasons pratique assidûment et ce depuis...1989 !
Comme le confirme José Leloir, responsable de la compétition chez YMF « Nous nous déplaçons sur chaque course et nous observons tout ce qui se passe ».
Ensuite « nous nous appuyons aussi sur notre réseau de concessionnaires, qui nous fait remonter quelques infos » mais l’essentiel se fait « sur place ». Enfin cette politique se fait uniquement sous forme de « recrutement local, nous ne cherchons en aucun cas a débaucher des pilotes d’autres marques. Nous préférons travailler avec des jeunes sur le long terme » détaille José.
Les heureux élus prennent alors le nom de « pilotes support », c’est à dire qu’ils bénéficient de « conditions avantageuses » pour l’octroi de leur machine avec « un budget de pièces ». Mais de salaire point.
Bien entendu en fonction des résultats, des primes sont octroyés « en fonction du classement, de l’évolution des résultats de la saison. Il est bien évident qu’un Pierrick Paget qui fait régulièrement podium a un statut de « semi-officiel » conclut José sans vouloir donner davantage de précisions. Mais ce qui est certain c’est qu’il n’y a qu’un seul pilote officiel par marque, c’est à dire payé pour rouler.
On connaitra sans doute dans peu de temps le nom du successeur d’Arnaud Demeester. Ce sera en tout cas avant la première course du championnat des sables 2008/2009 !
Thierry Leconte - 26/02/2009
Considéré comme l’une des plus grandes courses moto au monde, l’Enduro du Touquet a beaucoup évolué depuis sa création en 1975. Qu’est devenue cette épreuve qui a pris le nom d’Enduropale ? A l’occasion de l’édition 2012 qui s’est déroulée le week-end dernier, Moto Mag y consacre un dossier, avec quatre articles et une galerie de photos.
Créé par Thierry Sabine, l’Enduro du Touquet est devenu au fil des ans une course incontournable pour les amateurs de course sur sable. Après la mort de son créateur et le départ de la société ASO, c’est désormais la ville qui organise l’événement.
L’Enduropale est une course unique en son genre. Il y a des machines officielles, des pilotes de renom, mais surtout des pilotes amateurs qui viennent ici simplement pour vivre un après-midi inoubliable.
Bernard Baudoux est le président du moto-club local ETO (Enduropale Touquet Organisation) qui organise l’Enduropale. Il est aussi conseiller municipal du Touquet et directeur de l’épreuve. Malgré la lourde tache qui repose sur ses épaules tout au long du week-end, il a bien voulu répondre à nos questions.
Sur l’autoroute A16 qui mène au Touquet, une petite halte s’impose au niveau de l’aire de service « Baie de Somme ». C’est ici que la FFMC 80 a installé son Relais Calmos, avec grande tente, boissons, atelier mécanique et la chaleur des bénévoles.