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La GSR 750 a la difficile mission de remplacer l’actuelle 600 en mettant en avant certaines solutions techniques « bas de gamme » : cadre et bras oscillant tubulaire en acier, frein avant à étriers double pistons, autant d’éléments « bon marché » qui n’avaient pas leur place sur la « petite ». Suzuki évoque la rationalité pour justifier ce choix, mais les explications ne sont pas des plus convaincantes (voir MM n°227, mai 2011).

On apprécie en revanche le choix du moteur : la marque reprend en effet le bloc 4-cylindres qui équipait les GSX-R 750 en 2005. Cette motorisation développe 106 ch à l’origine. Avec des arbres à cames modifiés au niveau des levées de soupapes et la réduction du diamètre des pipes d’admission, le gros du travail s’est axé sur l’augmentation du remplissage des cylindres à bas et moyen régimes. Enfin, côté style, ce n’est toujours pas enthousiasmant, la GSR reprenant à qui mieux mieux certains codes esthétiques des concurrentes directes, à l’exemple de l’ensemble optique de phare.

En route !

Constat engageant, la hauteur de selle n’oppose aucune gêne et le poids est assez contenu. Après une légère rotation de la clef (codée), le tableau de bord laisse apparaître une richesse d’informations impressionnante (rapport engagé, jauge de carburant, heure…) ; bien agréable au quotidien !

Mais c’est surtout la discrétion du 4-cylindres qui surprend. Une fois en route, il laisse échapper un léger sifflement : les voisins apprécieront ! Sur ce plan, on ne pouvait faire meilleur choix. Souple, vif et bien servi par une boîte de vitesses de qualité, ce bloc est une réussite. Il rend la GSR docile à piloter tout en lui apportant une virile dose de peps quand l’aiguille du compte-tours passe les 7.000 tr/min. Revers de la médaille, les vibrations habitent les lieux et quand le régime augmente, elles se manifestent autant dans le guidon que dans les repose-pieds. Le phénomène s’atténue toutefois à basse vitesse, la douceur des reprises – sans à-coup – et la réactivité du bloc rendant le roulage à cette allure très plaisant.

Suspensions de qualité

Sur la FZ8 et la Z 750, Yamaha et Kawasaki ont employé des suspensions de piètre qualité, pas Suzuki. Si les deux rivales jouent les chevaux à bascule, tant à l’accélération qu’au freinage, la GSR se comporte en effet très bien. Bien campée sur ses pneus sportifs Bridgestone BT016, elle s’accroche au bitume avec assurance et permet d’exploiter sans entrave la cavalerie.

Paradoxe : ce cadre et ce bras oscillant acier d’apparence rudimentaire assurent un travail sans reproche. La GSR apparaît ainsi comme une machine sérieuse, dotée d’une bonne garde au sol, son comportement surpassant largement celui de ses rivales. Ajoutez à cela une réelle facilité de guidage et une position de conduite naturelle, le triangle selle/guidon/repose-pieds étant légèrement basculé sur l’avant, et cette « sept et demi » devient la monture idéale pour les trajets du quotidien ou les balades sportives du week-end.

Bémols : équipement et freinage

Suzuki ne fait pas pour autant carton plein. Les aspects pratiques brillent par leur absence (pas de place sous la selle pour un antivol) et le freinage est réellement décevant. Sur ce point, nos craintes se sont révélées exactes. La GSR n’est pas une excellente freineuse et il faut agir avec force sur le levier pour obtenir la puissance voulue.

Verdict. Question motorisation et comportement, la Suzuki 750 GSR se place comme une référence dans le segment. Le quatre-cylindres en ligne GSX-R de 2005 lui va comme un gant, à se demander pourquoi Suzuki a mis si longtemps à utiliser ce bloc sur un roadster. Côté châssis c’est aussi du tout bon, même si l’on regrette vivement que le pragmatisme desserve l’esthétique. Enfin, avec un tarif de 7 799  €, la GSR vient juste se loger à 100 euros près entre la Kawasaki Z 750 et la Yamaha FZ8. Un positionnement tarifaire plutôt malin qui rend ce roadster très attractif pour ceux qui privilégient la performance à l’aspect glamour.

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Essai Suzuki GSR 750 : une excellente partie cycle

La Suzuki 750 GSR veut aller taquiner les vedettes de la catégorie, comme la Kawa Z 750. Et avec son moulbif issu de la GSX-R 750 de 2005, le roadster Suz a du répondant. Il enfonce le clou avec des suspensions supérieures à ses rivales. Reste un design qui ne sera pas du goût de tout le monde.

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