Ils ont pour nom Evolis, Matrice, Métis, I-Care, Viasis, DSD. Ce sont les modèles de radars pédagogiques qui étaient présentés au salon des maires, fin novembre dernier. Un marché particulier, dopé par l’annonce du ministère de l’Intérieur…
Et les radars pédagogiques, on en est où ? Fin novembre, nous avons profité du Salon des maires, porte de Versailles à Paris, pour rencontrer les fabricants.
Le salon des maires, c’est une vaste foire commerciale au milieu de laquelle les édiles des 36.000 communes françaises viennent faire leurs emplettes ou admirer tout ce qui pourrait être utile dans leurs rues. Fabricants de mobilier urbain, d’équipements sportifs, fournisseurs d’énergie, on trouve de tout ! Y compris les fabricants d’afficheurs de vitesse à message variable, qualifiés de radars pédagogiques par Claude Guéant, ministre de l’Intérieur.
ce n’est pas une obligation au maire de mettre des radars, des ralentisseurs ,des stops etc .. qui nous font bouffer de l’essence,user l’embrayage,la boite etc.. et c’est eux qui vont parler d’ecologie,economie etc.. de qui se moque t’on ??et bien souvent les radars pedago sont bafoués par les (...)
Forts d’une enveloppe d’environ 40 millions d’euros, les services de l’Équipement auraient choisi l’entreprise Spie pour la fourniture de l’essentiel des 2.000 radars pédagogiques à installer dans l’année. Problème, Spie pose des radars mais n’en fabrique pas.
En faisant les fins de stocks chez les petits fabricants, ce leader du BTP a réussi à en réunir 200, pas plus… « Personne n’est capable d’en produire autant en un an », affirme, catégorique, Wilm-Hendric Cronenberg, directeur de la société allemande Via Traffic Controling, qui en installe depuis une dizaine d’années en France. Il risque donc d’y avoir encore longtemps des radars automatiques fixes non annoncés sur les routes.
D’autant que le prix d’achat coince : Spie voudrait les acheter 1.500 euros l’unité. Dans le marché public, l’État prévoit en effet un prix d’achat et de pose à 8.000 euros. Dans les allées du salon des maires, les fabricants affirment qu’un radar pédagogique vaut entre 2.000 et 6.000 euros…
Autre détail qui cloche, l’utilisation des afficheurs sur une route à plusieurs voies : un radar automatique fixe est capable de déterminer la voie sur laquelle roule un véhicule en excès de vitesse. Un radar pédagogique ne sait pas faire ce distinguo. « Sur autoroute, il faut en mettre un par voie », confirme Cyril Audiau, commercial de la société Magsys. « Si on en met un seul sur une chaussée à trois voies, les conducteurs ne sauront pas de quel véhicule il s’agit. »
L’enregistrement des données par ces boîtiers électroniques est également mis en cause. Les fabricants confirment : « Les données sont enregistrées, on peut sortir des statistiques relatives à la vitesse des véhicules, mais aussi aux catégories de véhicules qui dépassent les limites », indique M Cronenberg. De quoi alimenter le radar à soupçons : ces données s’avèrent intéressantes dans l’optique de déterminer où positionner un radar mobile…
Le marché de l’indicateur variable de vitesse est juteux : nombre de communes s’en équipent, vantant leur effet dissuasif sur les conducteurs. « L’annonce ministérielle a relancé l’intérêt pour les communes, donc ça a dopé les ventes », souligne Cyril Audiau. C’est pas la crise pour tout le monde…
Nicolas Grumel - 09/12/2011
La Cour européenne des Droits de l’Homme (CEDH) condamne la pratique française de la transformation automatique et arbitraire des sommes de consignation en amende. Condamnant par-là même la difficulté à contester un PV issu d’un radar automatique.
Quel radar a rapporté le plus d’argent à l’État ? Lequel est bon à jeter ? Auto Plus vient de publier le classement des radars les plus flasheurs de France. Sur l’année 2011, ils ont rapporté 1 million d’euros de plus que l’année dernière...
Le nouveau système d’immatriculation des véhicules permet à presque tout le monde de fabriquer des plaques minéralogiques, sous réserve de détenir l’agrément du ministère de l’Intérieur. Avec ou sans cette dernière, il est aisé de se procurer des fausses plaques (« doublettes ») par l’intermédiaire de sites Internet spécialisés. Pour l’Andevi, l’État favorise les « doublettes ».
Le gouvernement a tranché : en définitive, il y aura un panneau électronique indiquant sa vitesse au conducteur, en amont de chaque radar fixe de contrôle de vitesse. Autrement écrit, grâce à sa politique au radar, le gouvernement a remplacé un simple panneau indicateur par un panneau à 3 000 euros…
Hier un accord a été trouvé entre le ministre de l’Intérieur et les fabricants d’avertisseurs de radars : les appareils deviendront des "avertisseurs de zone dangereuse". La position exacte des radars ne doit plus être indiquée. Le gouvernement biaise, préserve un marché et conserve l’esprit de ses mesures, répressif.