Hier un accord a été trouvé entre le ministre de l’Intérieur et les fabricants d’avertisseurs de radars : les appareils deviendront des "avertisseurs de zone dangereuse". La position exacte des radars ne doit plus être indiquée. Le gouvernement biaise, préserve un marché et conserve l’esprit de ses mesures, répressif.
Hier vendredi 28 mai, les fabricants d’avertisseurs de radars, regroupés au sein de l’Association française des fournisseurs et utilisateurs de technologies et d’aide à la conduite (Afftac), avaient rendez-vous au ministère de l’Intérieur pour discuter de l’interdiction programmée de leurs appareils.
Un accord a été trouvé : « S’agissant du respect de la limitation de vitesse, il a été convenu que les avertisseurs de radars seront transformés en assistants d’aide à la conduite permettant de signaler les zones dangereuses », indique un communiqué de la place Beauvau.
Grâce au nouveau rôle des appareils, « les zones dangereuses seront ainsi signalées sur la longueur de l’itinéraire afin de permettre aux automobilistes d’adapter leur vitesse en fonction des limitations et des circonstances ».
Vécu il y a une petite heure : Je roule sagement sur la voie de droite à la vitesse légale. L’automobiliste sur la voie de gauche se rabat devant moi brutalement (sans clignotant), freine (je pile) et s’engage sur la bretelle de sortie située à ma droite. En clair, le mec a occupé trois voies de (...)
Lors de la rencontre, Claude Guéant, ministre de l’Intérieur, a insisté sur la volonté du gouvernement d’imposer « l’interdiction d’avertir de la position exacte des radars ». Adieu donc, a priori, le système communautaire qui a fait le succès de Coyote, permettant à chaque utilisateur de signaler un contrôle mobile.
Si les fabricants qui défendent avant tout leur gagne-pain sont satisfaits, ce n’est pas le cas des associations de victimes. « Il faut que les fabricants d’avertisseurs s’engagent à ne plus signaler ni les radars fixes ni les contrôles », a réclamé Chantal Perrichon, interrogée par l’AFP. La présidente de la Ligue contre la violence routière (LCVR), craignant en effet un maintien déguisé des avertisseurs de radars, dénonce une nouvelle fois la « cacophonie » du gouvernement au sujet des mesures annoncées par le CISR du 11 mai dernier.
D’accord pour la cacophonie. Pour le reste, on constate plutôt que le gouvernement a trouvé là une manière de biaiser et de rester sur ses rails, ceux d’une politique toujours plus coercitive. A l’image des coûteux panneaux « pédago-démagogiques » qui doivent remplacer ceux qui indiquent les radars au bord des routes.
Grégoire Acerra - 28/05/2011
La Cour européenne des Droits de l’Homme (CEDH) condamne la pratique française de la transformation automatique et arbitraire des sommes de consignation en amende. Condamnant par-là même la difficulté à contester un PV issu d’un radar automatique.
Quel radar a rapporté le plus d’argent à l’État ? Lequel est bon à jeter ? Auto Plus vient de publier le classement des radars les plus flasheurs de France. Sur l’année 2011, ils ont rapporté 1 million d’euros de plus que l’année dernière...
Ils ont pour nom Evolis, Matrice, Métis, I-Care, Viasis, DSD. Ce sont les modèles de radars pédagogiques qui étaient présentés au salon des maires, fin novembre dernier. Un marché particulier, dopé par l’annonce du ministère de l’Intérieur…
Le nouveau système d’immatriculation des véhicules permet à presque tout le monde de fabriquer des plaques minéralogiques, sous réserve de détenir l’agrément du ministère de l’Intérieur. Avec ou sans cette dernière, il est aisé de se procurer des fausses plaques (« doublettes ») par l’intermédiaire de sites Internet spécialisés. Pour l’Andevi, l’État favorise les « doublettes ».
Le gouvernement a tranché : en définitive, il y aura un panneau électronique indiquant sa vitesse au conducteur, en amont de chaque radar fixe de contrôle de vitesse. Autrement écrit, grâce à sa politique au radar, le gouvernement a remplacé un simple panneau indicateur par un panneau à 3 000 euros…