Le gouvernement a tranché : en définitive, il y aura un panneau électronique indiquant sa vitesse au conducteur, en amont de chaque radar fixe de contrôle de vitesse. Autrement écrit, grâce à sa politique au radar, le gouvernement a remplacé un simple panneau indicateur par un panneau à 3 000 euros…
Le gouvernement a tranché : c’est désormais officiel, un radar fixe de contrôle de vitesse sera systématiquement précédé d’un panneau électronique indiquant au conducteur la vitesse à laquelle il roule.
La déléguée interministérielle à la Sécurité routière, Michèle Merli, l’a confirmé le 23 juin, lors des Journées parlementaires sur la SR : « Chaque radar automatique de contrôle de vitesse sera précédé d’un radar pédagogique, qui sera installé en amont, à distance variable pouvant aller jusqu’à plusieurs kilomètres. On installera, en plus 2 000 radars pédagogiques dans des zones dangereuses où il n’y a pas de radar. »
Moi je trouve ça bien. Des radars pédagogiques c’est une bonne chose.
Le gouvernement tente ainsi de mettre fin à une cacophonie qu’il a lui-même initiée, en proposant à la hâte des mesures sur la sécurité routière lors du désormais fameux CISR du 11 mai. La suppression des panneaux annonçant les radars fixes avait pris de cours les députés, qui ont exprimé leur colère auprès du ministère de l’Intérieur et avaient obtenu de lui un recul sur ce point. Problème, depuis fin mai, personne n’était en mesure de dire si, oui ou non, les radars seraient indiqués.
Le ministre de l’Intérieur et la Sécurité routière parviennent donc, non sans mal, à se sortir de cette ornière. Il est désormais certain qu’il faudra ralentir à la vue d’un de ces panneaux électroniques de vitesse.
Attention, certaines préfectures ayant fait du zèle, des panneaux simples ont été retirés, sans être encore remplacés par les panneaux électroniques. Certains radars fixes de vitesse ne seront donc pas signalés sur les routes estivales. « Nous avons passé une première commande de 200 radars pédagogiques, a précisé Michèle Merli, en attendant un appel d’offres plus large pour couvrir l’installation de 3 800 machines supplémentaires. »
Le gouvernement revient donc au point de départ (un panneau avant chaque radar), sauf que le dispositif annonçant un radar fixe sera désormais hi-tech, et peut-être installé un peu plus loin ! Vous avez dit gros couac ? Cette erreur commise par le Premier ministre et le ministre de l’Intérieur coûtera la bagatelle de 12 millions d’euros (un panneau électronique vaut environ 3 000 euros). Mais il parait qu’il existe une réserve, à puiser dans la recette des radars automatiques…
Nicolas Grumel - 23/06/2011
La Cour européenne des Droits de l’Homme (CEDH) condamne la pratique française de la transformation automatique et arbitraire des sommes de consignation en amende. Condamnant par-là même la difficulté à contester un PV issu d’un radar automatique.
Quel radar a rapporté le plus d’argent à l’État ? Lequel est bon à jeter ? Auto Plus vient de publier le classement des radars les plus flasheurs de France. Sur l’année 2011, ils ont rapporté 1 million d’euros de plus que l’année dernière...
Ils ont pour nom Evolis, Matrice, Métis, I-Care, Viasis, DSD. Ce sont les modèles de radars pédagogiques qui étaient présentés au salon des maires, fin novembre dernier. Un marché particulier, dopé par l’annonce du ministère de l’Intérieur…
Le nouveau système d’immatriculation des véhicules permet à presque tout le monde de fabriquer des plaques minéralogiques, sous réserve de détenir l’agrément du ministère de l’Intérieur. Avec ou sans cette dernière, il est aisé de se procurer des fausses plaques (« doublettes ») par l’intermédiaire de sites Internet spécialisés. Pour l’Andevi, l’État favorise les « doublettes ».
Hier un accord a été trouvé entre le ministre de l’Intérieur et les fabricants d’avertisseurs de radars : les appareils deviendront des "avertisseurs de zone dangereuse". La position exacte des radars ne doit plus être indiquée. Le gouvernement biaise, préserve un marché et conserve l’esprit de ses mesures, répressif.