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Sport

Les coulisses du Bol d’Or 2010 : les contrôles techniques

Si avec nos motos de tous les jours on échappe aux contrôles techniques, ce n’est pas le cas des concurrents du Bol d’Or. En effet, avant la course, équipement du pilote et machine sont passés au peigne fin par les commissaires techniques de la Fédération. Nous avons rencontré leur responsable. Édifiant.

 
 
Les coulisses du Bol d'Or 2010 : les contrôles techniques

Francis Guier est vice-président de la CCR (Commission des courses sur route) et du conseil technique fédéral. À ce titre, et parce qu’il est un des rares licenciés FIM, il a été nommé responsable des vérifications techniques de ce 74e Bol d’Or. Il nous parle du rôle des commissaires techniques et nous explique comment ils travaillent sur une course d’endurance.

motomag.com : Francis, Combien de commissaires techniques interviennent sur un week-end comme le Bol ?
Francis Guier : Il y a exactement treize commissaires et une assistante. Pour les vérifications techniques avant course, l’équipe est divisée en cinq groupes : équipement pilote, contrôle fiche (n° de châssis, n° moteur…), sonomètre, poids/éclairage et sécurité des machines.

mm.com : Je suppose que le choix des personnes se fait en fonction des compétences, mais qui choisit la liste ?
FG : Avant toute chose, il faut savoir que tout le monde est bénévole. Autrement, c’est moi qui propose une liste au CCR et c’est la commission qui valide. Quant au choix initial des personnes, il y a certes les compétences (métrologie, électricité…), mais aussi la personnalité et l’engagement de chacun qui sont pris compte. L’important est de faire une équipe homogène et complémentaire. La maîtrise d’une langue étrangère (différentes nationalités représentées au Bol) est bien sûr un plus.

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Les coulisses du Bol d’Or 2010 :

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L’histoire du Bol d’Or :

Contrôles techniques au Bol : respecter l’étiquette

0-bol-controle-technique-4 {JPEG} Parmi les contrôles effectués par l’équipe de commissaires techniques bénévoles, celui du bruit. Si la moto passe le test, elle hérite d’une étiquette qu’il ne s’agit de ne pas perdre en route pendant la course...

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Endurance - Endurance - Sport bitume
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mm.com : Commençons par l’équipement du pilote. Quels sont les contrôles ?
FG : Le casque doit être en parfait état et bien sûr homologué. Il doit avoir aussi trois bandes réfléchissantes, car n’oubliez pas que l’on roule de nuit au Bol. Les combinaisons, les gants et les bottes, on ne prend que du cuir ! Et paradoxalement, même si tous les pilotes portent une dorsale, le règlement ne l’impose pas encore… C’est en tout cas un travail titanesque, car avec 65 équipages engagés, 3 ou 4 pilotes par machine et le fait que chaque pilote a plusieurs casques et combinaisons…

mm.com : Tous les pilotes sont bien équipés ?
FG : Non, on voit encore des casques de provenance douteuse, des gants et des bottes percés, des combinaisons aux coutures incertaines… Mais tu te doutes bien que ce ne sont pas les pilotes des équipes de pointes qui arrivent avec un tel matériel.

mm.com : Et concernant la moto ?
FG : On regarde l’état général de la moto, mais il y a des points sur lesquels on est très rigoureux. Il y a d’abord le bruit ; il ne doit pas dépasser 105 dB au départ et une limite de 4 dB est tolérée à l’arrivée de la course. Chaque pot qui est utilisé en course doit être passé au sonomètre à un régime moteur donné (environ 5500 tr/min pour une 1000 quatre-cylindres). Le circuit de refroidissement ne doit contenir que de l’eau. Toute la visserie des carters et du circuit d’huile doit être freiné. On regarde bien le système de remplissage d’essence et l’ensemble du circuit d’alimentation. L’éclairage, enfin, doit fonctionner avec deux circuits séparés (feu av/ar gauche et feu av/ar droit).

mm.com : Pourquoi ?
FG :Si un circuit ne fonctionne plus, l’autre permet au pilote de ne pas se retrouver « au noir » sur la piste. Imagine un seul instant un pilote qui arrive à plus de 200 km et qui voit au dernier moment une moto sans éclairage… De toute façon, si un feu est en panne, le directeur de course somme l’équipe de faire rentrer la moto au stand pour réparer.

mm.com : Vous trouvez encore des circuits électriques qui ne sont pas aux normes ?
FG : Non. Mais si le plus grand nombre est en bon état, on voit encore des bricolages douteux. Je me rappelle un pilote, sur une course de 24h, à qui j’avais dit qu’il ne finirait pas la course à cause de son circuit électrique. Tout fonctionnait et je ne pouvais pas l’empêcher de partir… Sa moto a pris feu à 18 h !

mm.com : Il y a-t-il des équipages qui ont tendance a tricher aux vérifications ?
FG : Il faut d’abord savoir qu’il y a deux grosses catégories au championnat du monde d’Endurance : les Superstock et la Formula EWC. La première possède beaucoup plus de limitations et ce sont ces équipages qui posent le plus de problèmes. Ils ne trichent pas aux contrôles, mais entre les vérifications d’avant-course et la course, certaines pièces sont changées ou modifiées. Il s’agit souvent de modifications qui permettent de gagner du temps aux lors de l’arrêt au stand.

mm.com : Vous contrôlez aussi les motos dans les stands ?
FG : Bien sûr, pendant toutes les 24 h et même lors des essais. En fin de course, le travail n’est pas fini pour autant, car presque toujours il y a une ou deux motos à démonter… Mais ça c’est encore une autre histoire !

Propos recueillis par Francesco Scuderi - 10/09/2010

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