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Vous défendez l’orientation sportive de votre marque, dans un contexte où les ventes de motos à caractère sportif sont plutôt en baisse…
Tout dépend comment on considère le marché. Yamaha n’a jamais proposé une gamme de motos sportives aussi large, avec la R3, la R6 et la R1.

On s’aperçoit que, quand on nourrit cette montée en gamme, on est en très forte croissance. Sur ce segment des sportives en Europe, Yamaha a réalisé +60 % de volume en l’espace de trois ans.

Évidemment, l’usage routier de la moto supersport est en baisse. Il n’a plus de sens. En revanche, la clientèle de loisirs qui roule sur piste augmente. Ce qui se confirme avec l’augmentation du nombre de licences enregistré par la Fédération française de motocyclisme (FFM). Il y a plus de licenciés en entraînement qu’en course, mais il leur faut des motos.

Comment-vous adressez-vous à cette clientèle particulière ?
Yamaha développe des accessoires pour la pratique sur piste, et j’ai lancé un programme d’éducation de nos concessionnaires comme de nos clients. Ceux qui le souhaitent peuvent suivre des stages de formation destinés à maîtriser l’utilisation des boîtiers électroniques et pièces racing, et les proposer à ses clients. Si un motard veut s’offrir la moto du GMT94, il peut le faire.

Il y a deux ans, nous n’étions pas prêts. Désormais je mets tout en ordre pour que ce soit réalisable. La compétition, ce n’est pas seulement gagner ou pas gagner. C’est une chaîne, de la formation au pilotage en passant par les concessionnaires. Il faut pouvoir raconter des histoires.

En compétition, Yamaha mise gros sur le MotoGP, qui écrase un peu tout le reste…
Dans sport, on a besoin de vitrine. Le MotoGP attire le grand public. Mais derrière nous nourrissons des disciplines qui ont moins de notoriété. L’important est que la cohérence de la marque soit comprise. Cela va de la victoire de Rossi à la victoire en coupe 125.

Est-ce que Yamaha peut encore soutenir une discipline comme le championnat de France Superbike ?
Chacun doit être acteur à son niveau. La filiale française doit apporter le soutien qu’il faut aux pilotes. Aujourd’hui, avec notre nouvelle R6, la catégorie 600 cm3 risque devenir une Coupe Yamaha. Nos concurrents ne nous suivent pas…

Fort de ce constat, qu’est-ce qu’on fait ? On voit émerger des pilotes méritants, comme Barbot en championnat de la montagne. Yamaha lui offre 2 000 € de pièces pour la saison. Nous devons être respectueux des pilotes qui font avancer notre marque.

Que pensez-vous de la nouvelle formule du Mondial d’Endurance, avec la tentative d’intéresser les Japonais ?
Il faut être patient. En l’espace de deux ans, le championnat du monde FIM EWC (Fédération internationale de motocyclisme Endurance world championship), organisé par Eurosport Events, a pris une autre dimension et une autre notoriété.

Je suis très favorable au fait que cette année, le championnat se termine à Suzuka. Il y aura une attention très forte. Yamaha met à disposition un pilote comme Nozane (au sein du team autrichien YART). Ce n’est pas innocent, il y a une vraie reconnaissance.

Mais ce championnat aux épreuves éparpillées en deux années, ça fonctionne ?
Le promoteur fait un très bon boulot. Ce n’est pas une discipline facile à organiser, même en automobile où, en dehors des 24h du Mans, l’endurance a du mal à exister.

Il a été sage : il a écouté les teams qui lui expliquaient qu’ils n’auraient pas le budget pour courir 8 épreuves du jour au lendemain. Il essaie donc de faire grandir cette discipline, en intégrant une nouvelle date chaque année. Il faudra 4 ans pour arriver à un championnat complet de 8 épreuves. Certaines auront lieu durant la trêve hivernale. Les championnats de vitesse étant au repos, on aura un maximum d’audience sur l’Endurance.

Le GMT 94 a-t-il des chances de s’imposer aux 24h du Mans 2017 ?
Absolument ! Les deux teams Yamaha (GMT94 et YART) disposent de la nouvelle YZF R1. Le GMT94 a attiré des pilotes venus de la vitesse : Niccolo Canepa et Mike Di Meglio. Notre champion du monde 125 cm3 (en 2008) est quand même l’homme qui a développé la moto d’Aprilia…

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