Le décret n°2016-723 du 31 mai 2016 « modifiant les conditions d’obtention des catégories A et BE du permis de conduire », publié au journal officiel le 2 juin et signé du Premier ministre, officialise une nouvelle forme de bridage des motos en France.

Désormais, un candidat au permis, quel que soit son âge, n’a le droit de conduire, durant deux ans après l’obtention du précieux sésame, qu’une moto dont la puissance est inférieure à 35 kW (47,5 chevaux). Les conditions du permis A2 sont étendus à la catégorie du permis A.
Au bout de deux ans, le conducteur ne pourra conduire une moto de puissance plus importante qu’après avoir suivi une formation spécifique de 7 heures en école de conduite, non sanctionnée par un examen.

Cette mesure, annoncée par le Premier ministre le 2 octobre 2015 à l’issue d’un comité interministériel de sinistre mémoire pour les motards (il y fut aussi décidé le contrôle technique à la revente et le port obligatoire des gants), est censée permettre de réduire les accidents de la route survenant à cause de l’utilisation, par un novice, d’une moto aux caractéristiques incitant à prendre des risques.

Phase de transition de six mois
La promulgation du décret est accompagnée d’une phase de transition : les candidats au permis A qui ont fait la demande avant la publication du texte (la date de dépôt en préfecture de la demande doit être antérieure au 2 juin 2016), et qui auront plus de 24 ans au moment du passage de l’épreuve, ont six mois pour passer l’épreuve pratique correspondante, et échapper au bridage obligatoire.

Le 11 mai dernier, les représentants des marques de moto se sont satisfaits de cette période transitoire : « la mesure était prévue pour mars 2016 et c’était d’une brutalité extrême », soulignait Thierry Archambault, président délégué de la branche 2-roues de la Chambre syndicale des importateurs (CSIAM). « Ce qui est important c’est le respect du calendrier industriel ». Car certains ne disposent pas forcément dans leur catalogue d’un modèle susceptible d’être bridé à 35 kW. Bridage qui n’est pas sans rappeller l’exception française, des 100 chevaux…

Accès progressif à la puissance
Chez les formateurs moto, on n’est pas forcément opposé à l’accès progressif à la puissance : « La Sécurité Routière souhaite instaurer une progressivité d’accès à la pleine puissance des motos, en tenant compte de l’expérience », résumait Pascal Wolf, représentant l’Association pour la formation des motards (AFDM), dans une interview récemment accordée à Motomag.com.

« L’AFDM n’y est pas opposée. Nous développons depuis longtemps des stages de perfectionnement post-permis moto. En revanche, nous considérons que c’est valable si le conducteur est volontaire, et non si on l’oblige à le faire. En matière de pédagogie, l’interdiction n’est pas recommandée. Autant un formateur, une assurance, une association peuvent avoir un pouvoir prescripteur, autant une interdiction pure et simple est mal comprise ».

Pression financière sur les écoles de conduite
Les formateurs dénoncent par ailleurs une pression sur les écoles de conduites, les obligeant à se séparer de leurs véhicules correspondant à la catégorie A. Le Premier ministre a habilement contourné cet obstacle, le décret précisant que : « jusqu’au 31 décembre les établissements d’enseignement de la conduite et de la sécurité routière (…) peuvent utiliser des motocyclettes relevant de la catégorie A pour dispenser la formation en vue de l’obtention du permis de conduire de la catégorie A2 ».

Voilà qui ne manque pas de sel : les novices auront donc le loisir de goûter à un plaisir interdit durant quelques séances de formation. Et ensuite, on bride…

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