Dans l’absolu, la réforme de l’Épreuve Théorique Général – ETG – plus connue sous le nom de « Code » - a du bon. Pascal Wolf, représentant du réseau des moto-écoles reconnues AFDM (Association pour la Formation Des Motards) se félicite d’un « apprentissage qui se soucie enfin de la bonne compréhension des règles ».

Patrice Bessone, président du CNPA (Conseil National des Professions de l’Automobile) métier éducation routière lui emboîte le pas : « La nouvelle ETG intègre des questions relatives au comportement des usagers et non plus seulement au bon respect des règles. De bon augure quand on sait que les accidents des jeunes découlent rarement d’une méconnaissance des règles mais plutôt d’un problème de comportement. » Et de donner un exemple : « Tout le monde sait qu’on doit s’arrêter au Stop. Par contre, quand on est pressé ou quand on subit la pression des copains dans l’habitacle, on peut être amené à « glisser » sur le Stop ».


Pascal Wolf a participé au groupe de travail du CNSR sur l’enseignement conduite auto pour une meilleure prise en compte des motards

Verbiage
Si le fond semble faire l’unanimité, la forme suscite plus de débats. Pascal Wolf pointe du doigt la complexité lexicale de certaines questions au point de se demander s’il ne s’agit pas de « profiter du passage du code de la route pour faire de l’alphabétisation ». Parce qu’il permet d’accéder à la mobilité, et donc à la formation ou à l’emploi, l’examen du code de la route doit proscrire le verbiage pour rester accessible à tous. « Malheureusement nous n’avons pas été associés à la réflexion en amont, alors même que la DSCR (Direction de la Sécurité et de la Circulation Routières) aurait tout à gagner à se rapprocher de ceux qui sont sur le terrain », déplore Patrice Bessone.

Précipitation
Autre pierre d’achoppement, les délais imposés pour la mise en œuvre de la réforme, qui devait initialement être effective au 18 avril. Même si la manifestation du 29 février a permis d’obtenir un report jusqu’à début ou mi-mai, les professionnels dénoncent une certaine précipitation. Pascal Wolf aurait vu d’un bon œil que cette réforme intervienne en août « à un moment où nous avons moins d’inscrits. » Les professionnels ont besoin de temps eux-mêmes pour découvrir les 1 000 nouvelles questions du Code et adapter leurs contenus pédagogiques en conséquence.


Patrice Bessone du CNPA ne conteste pas la réforme mais la précipitation de sa mise en œuvre

Pour passer le Code rendez-vous... à La Poste et chez Dekra !
Cet empressement agace d’autant plus les auto et moto-écoles que la réforme du Code s’étend également à l’organisation de l’examen lui-même. Pour passer la fameuse épreuve, les candidats devraient rapidement être invités à se rendre… à la Poste (notamment).

La DSCR souhaite en effet externaliser le passage du Code en s’appuyant sur une DSP (Délégation de Service Public) qui en confiera l’organisation à des centres agréés : La Poste, mais aussi Dekra et SGS sont actuellement candidats !

L’enjeu est ici de libérer les inspecteurs du Code et de les rebasculer vers l’examen pratique de conduite. Ce renfort en ressources humaines permettrait de ramener à 45 jours le délai pour obtenir son permis de conduire (dans certaines régions il faut parfois attendre plusieurs mois pour y parvenir). L’intention est louable, dommage que sa mise en œuvre soit si opaque.

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