Dans son édition du jeudi 7 janvier, Le Parisien annonçait de 4 350 à 4 400 tués sur les routes françaises en 2009, en hausse par rapport à 2008. Quelques heures plus tard, les services du secrétariat d’État aux Transports rectifiaient le tir, annonçant 4 262 décès en 2009, soit 13 de moins qu’en 2008. Le gouvernement échappe ainsi de peu à un résultat catastrophique…
L’Observatoire national de sécurité routière (ONISR), dépendant du secrétariat d’État aux Transports, a indiqué le jeudi 7 janvier qu’il estimait à 4 262 le nombre de personnes tuées dans un accident de la route en France en 2009, soit 13 de moins qu’en 2008 (4 275 décès en France métropolitaine). Les chiffres ont été annoncés lors d’une conférence de presse du secrétaire d’État Dominique Bussereau, à propos des évolutions du permis de conduire automobile (voir liens).
Cette très légère baisse arrive comme une surprise, la plupart des spécialistes de la sécurité routière tablant sur une augmentation de ce chiffre entre 2008 et 2009, suite aux résultats catastrophiques de l’été à novembre 2009. Le mois de décembre semble donc avoir été particulièrement clément en termes d’accidents.
Comme il n’y a pas d’accès contradictoire aux chiffres originaux ainsi qu’à leur genèse puisque tout est sous le contrôle des forces de l’ordre et du ministère, de toute évidence le doute sera toujours attaché à leur publication. On appelle cela de la manipulation ou, à d’autres époques ou dans d’autres (...)
Le communiqué est arrivé le 7 janvier au soir dans les boîtes mail. La Sécurité routière y explique que le nombre de décès sur les routes métropolitaines en 2009 se limite à 4 262, soit 13 de moins qu’en 2008, grâce à un excellent résultat en décembre 09 : 295 personnes « seulement » ont trouvé la mort sur nos routes le mois dernier, contre 362 en décembre 2008, soit une réduction de plus de 18 %. Du jamais vu ! La Sécurité routière n’émet aucune hypothèse quant aux causes de ce niveau exceptionnellement bas. On peut invoquer une météo peu propice aux déplacements, mais il n’a guère neigé que quelques jours en décembre. Pas de quoi réduire drastiquement les déplacements automobiles, lors des fêtes de fin d’année par exemple. La SR n’explique pas non plus pourquoi elle annonce ce chiffre si tôt dans le mois. Théoriquement, ces statistiques sur les accidents concernent les décès routiers à trente jours, ce qui impliquerait la diffusion d’un chiffre officiel, pour décembre 2009, à fin janvier 2010. Mais la communication politique ne tolère pas un si long délai...
Informations contradictoires. Le Parisien, plutôt bien informé d’ordinaire sur les questions de sécurité routière, a tablé, dans son édition du 7/01 bouclée la veille au soir, sur une hausse, estimant les tués entre 4 350 et 4 400 en 2009. La double page du quotidien annonçait une levée de bouclier des associations, telles La Prévention routière et la Ligue contre la violence routière, sur le thème : on assiste à une démission de l’État.
« Il faut que le président de la République, très vite, tienne un discours fort sur ce sujet », expliquait ainsi Bernard Pottier, président de la PR, dans le quotidien. Un résultat catastrophique, tel cette hausse, aurait fait désordre dans le bilan gouvernemental à quelques mois des élections régionales. D’autant que l’objectif présidentiel demeure de descendre sous la barre des 3 000 décès en 2012.
Une perspective de moins en moins convaincante malgré la hausse du nombre de radars automatiques sur le bord des routes... Les services du secrétariat d’État aux Transports l’ont peut être compris, et communiqué sur un chiffre à la baisse de quelques unités, plus politiquement correct que la hausse probable révélée par Le Parisien.
Ils en ont la possibilité, les services de l’État étant les seuls à détenir les statistiques officielles, obtenus grâce au relevé sur le terrain par les forces de l’ordre, et les préfectures, du nombre d’accidents par département. Statistiques sur lesquelles se base toute la politique de sécurité routière du gouvernement...
Estimation… Les fonctionnaires ont bien précisé, comme à chaque début d’année, qu’il s’agissait d’une estimation et non du nombre exact de décès survenus sur nos routes. Le chiffre définitif ne sera connu qu’en mai ou juin prochains, et la politique ne peut attendre aussi longtemps.
Nous ne connaissons pas, par ailleurs, le nombre de motocyclistes décédés sur les routes françaises en 2009. Nous espérons seulement qu’il sera moins important, lui aussi, qu’en 2008 (844 décès dans la France entière, Dom-Tom compris). Et que le gouvernement ne cherchera pas à faire porter le chapeau à une catégorie d’usagers par une simple opération statistique.
Nicolas Grumel - 07/01/2010
Fin février 2012, la Sécurité routière remettra sa feuille de route sur la mise en place des limiteurs s’adaptant à la vitesse autorisée (Lavia) à Nicolas Sarkozy. Un mois avant la remise de ce rapport, la polémique gronde déjà...
On le redoutait, et on avait raison : l’obligation de porter un brassard rétro-réfléchissant est annoncée, ce 4 janvier par le ministre de l’Intérieur. Un arrêté daté du 3 janvier 2012 précise que son port sera obligatoire pour les conducteurs de 2-roues à moteur à partir du 1er janvier 2013.
C’est en ces termes que l’antenne de la Fédération française des motards en colère (FFMC) de la Nièvre titre son dernier communiqué de presse, en date du 23 novembre 2011. Les militants ont souhaité réagir face au mauvais traitement dont les motards accidentés font souvent l’objet dans les médias locaux et de la part des pouvoirs publics.
Le brassard fluo obligatoire dès le 1er janvier 2012 ! C’est ce qu’annonçait le dossier de presse sur la sécurité routière, publié le 30 novembre par l’Élysée… Le monsieur SR du gouvernement, Jean-Luc Névache, a rectifié le tir, le lendemain sur le stand de la FFMC au salon de la moto.
Les motards du Vaucluse se sont donnés rendez-vous à Cavaillon, le samedi 29 octobre, à l’appel de la FFMC 84 pour des opérations coup de poing contre des radars automatiques, symboles de la politique spectacle en matière de sécurité routière.