La nouvelle campagne de la Sécurité routière intitulée "Un accident n’arrive jamais par accident", série de spots qui sera diffusée sur des chaînes de France Télévision, fait preuve d’une pédagogie que l’on peut saluer. Malheureusement, les clichés sur les motards n’en sont pas absents…
La Sécurité routière profite de la première édition de la Semaine de la mobilité et de la sécurité routière pour présenter sa nouvelle campagne intitulée « Un accident n’arrive jamais par accident ».
Passons sur le jeu de mots proche du non-sens, c’est de la com’, ça doit avant tout marquer les esprits. Saluons plutôt l’approche pédagogique des vingt spots réalisés pour l’occasion, qui seront diffusés durant six semaines sur France 2, France 3, France 4 et France 5. Des « rendez-vous télévisuel régulier et quotidien avec le public pour une action de sensibilisation » qui ne se défont malheureusement pas de certaines idées reçues sur les motards…
« Ces vingt films s’inspirent d’enquêtes menées à la suite d’accidents de la route. Ils reconstituent chacun une situation tirée de la réalité d’un accident et mettent en avant l’une des causes ainsi que la règle transgressée et la gravité des conséquences », nous dit la Sécurité routière. « À l’écran, chaque dossier est décortiqué en soixante secondes. »
Avec tout le décorum auquel on est désormais habitué dans certaines séries policières : « Au début d’une séquence, les éléments-clés de l’événement sont apposés au mur ou sur une table lumineuse, comme les pièces d’une enquête. Dessins, portraits, photos, croquis, vidéos, la caméra court de l’un à l’autre pour montrer au téléspectateur l’enchaînement de facteurs qui va conduire au drame. »
Faut quand même reconnaître que les scoutards non motards, qu’ils soient quadras ou plus jeunes ou plus vieux motomobilistes, ou qu’ils soient jeunes de moins de 18 ans dont les chiffres de l’accidentologie sont considérablement négatifs et ont motivé l’AMDM a essayer de porter vers eux les atouts (...)
Et pour une fois, l’accent n’est pas mis sur un facteur unique d’accidents (alcool, vitesse ou drogue, par exemple), un panel assez large est présenté : ceinture, distances de sécurité, priorités, clignotants, téléphone au volant, etc.
On regrettera tout de même que la Sécurité routière n’arrive pas à se défaire des clichés : les deux films concernant directement les deux-roues motorisés sont « à charge ». Dans le premier, le motard Karim, qui se tue, sert d’illustration aux dangers du dépassement par la droite par les deux-roues. C’est vrai que le même comportement de la part des automobilistes n’est pas dangereux…
Dans le second, Thibault le jeune scootard illustre la vitesse (excessive, bien sûr) des deux-roues motorisés, et en même temps le refus de priorité… dont les usagers de deux-roues sont principalement victimes ! De ce côté, les communiquant n’ont pas dû décortiquer les dossiers les plus représentatifs…
Précisons tout de même que dans le film dédié à « l’oubli » du clignotant, la victime est un conducteur de scooter. Mais pas une seule des réalisations ne met l’accent sur l’attention à porter aux deux-roues. Gardons espoir, à l’heure où nous mettons en ligne, seuls 12 films sur 20 sont disponibles sur le site de la Sécurité routière : peut-être l’un des huit à venir comblera cette lacune.
Bref, si dans la forme un effort a été effectué en matière de pédagogie, sur le fond le discours change assez peu. Ce que confirme la dernière phrase du communiqué, attribuée à Messieurs Borloo et Bussereau et à Mme Merli : « On peut encore sauver des vies en respectant simplement, au quotidien, le Code de la route. » Comme nous l’avons déjà fait, nous ajoutons que le strict respect des règles ne suffit pas à mettre à l’abri.
Grégoire Acerra - 17/09/2009
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