Le nouvel Angel ST a pour lourde tâche de succéder à l’excellent Diablo Strada. Parmi ses principaux atouts, des caractéristiques techniques et esthétiques, voire tarifaires, qui font déjà beaucoup parler. Premier essai.
Avec son allure évolutive – le dessin d’un ange taillé dans la gomme disparaît après 1000 km au profit d’une figure démoniaque – le Pirelli Angel ST a quasiment créé un « buzz » avant même son lancement. Le manufacturier italien a atteint son premier objectif, donner à son nouveau-né personnalité et notoriété. Seconde étape, démontrer les qualités dynamiques de ce pneu de sport-tourisme.
Avant sa commercialisation – annoncée pour le 1er avril – Pirelli a présenté en détail son pneu lors d’un double événement : un parcours routier classique réservé à la presse et l’établissement d’un record du monde de distance en 24 h. Si les 200 km parcourus le long du littoral du sud de l’Italie ont mis en valeur des qualités de tenue de route, de confort et de maniabilité, les 5.000 km dévorés sur l’anneau de vitesse de Nardò à 210 km/h de moyenne témoignent de son endurance.
La présentation technique a été d’emblée l’occasion de lever une ambiguïté : le dessin particulier des sculptures n’entrave aucunement le comportement sur route mouillée. Pirelli annonce au contraire avoir choisi l’adhérence parmi les axes prioritaires de développement.
J’adore le graphique : à 320 km/h de moyenne le pneu tient 4000 km sur une Hayabusa. Je vais tester ça avec la mienne et expliquer aux flics que je teste la sincérité de Pirelli :)
Outre l’EPT (Enhanced Patch Technology) qui augmente d’environ 10 % la zone de contact au sol, l’Angel ST recourt à un nouveau mélange de gomme. Mélange où la répartition entre silices de nouvelle génération (grip à basse température) et noir de carbone (stabilité thermique à haute température) est mieux équilibrée.
À l’instar du Metzeler Roadtec Z6, l’Angel ST fait l’impasse sur la technologie multigommes (une gomme dure sur la bande de roulement pour favoriser la longévité, une gomme tendre sur les flancs pour améliorer l’adhérence en virage). « Ce principe inutile en sport-tourisme », justifie le directeur technique, M Piero Misani. « La gomme tendre peine à atteindre sa température de fonctionnement lorsque la moto est en ligne droite. Dans ces conditions, prendre un virage prononcé avec un pneu froid fait courir un risque à l’utilisateur. Nous préférons utiliser une seule et même gomme qui dispose d’une plage de fonctionnement plus étendue. »
En ces temps de crise, le tarif prend une dimension particulière. Pirelli devrait aligner le prix de l’Angel ST sur celui de son prédécesseur, le Diablo Strada. Ce dernier ne fera l’objet d’aucune remise officielle, son cycle de vie devant s’achever en douceur dans les mois à venir.
Nous vous donnons rendez-vous dans un prochain numéro de Moto Magazine pour un test complet de l’Angel ST face à ses concurrents : Michelin Pilot Road 2, Metzeler Roadtec Z6 interact, Bridgestone BT 021, Continental Road Attack et Dunlop Roadsmart.
Yannick Leverd - 18/03/2009
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