Le bruit, une nuisance pour laquelle la préoccupation va grandissant. Dans ce domaine, le motocross focalise bien des mécontentements. Raison pour laquelle la Fédération française de motocyclisme (FFM) incite club et usagers à utiliser un réducteur de bruit sur les motos. L’avenir de la discipline est en jeu.
Le bruit, aujourd’hui, c’est l’ennemi. Et de toutes les disciplines liées à la moto, le cross est assurément le plus en but à la grogne. Et son développement, sinon son avenir, est en jeu. Réduire les nuisances sonores, ne serait-ce que de quelques décibels, apparaît comme un premier pas pour apaiser les colères (et les consciences). La FFM s’y emploie qui incite clubs et usagers à se tourner vers un réducteur de bruit universel à même de couvrir une large gamme de machines.
Plaintes de riverains, contraintes réglementaires, fermetures abusives… La pratique du motocross est l’objet de toutes sortes d’attaques qui mettent à mal son développement au point que la FFM a dû à plusieurs reprises ces derniers temps prendre les habits du juriste, voire du banquier, pour sauver des situations et des circuits en péril.
Cette pression n’est pas nouvelle, mais elle s’accentue. Et il est urgent d’agir et de travailler à réduire les niveaux de bruits des machines. La Fédération internationale (FIM) en est bien consciente qui invite actuellement les constructeurs eux-mêmes à gagner des décibels « par construction » (- 3 db à l’horizon 2014). Mais c’est aujourd’hui que le problème se pose.
Une initiative intéressante et intelligente, diminuer le bruit sans trop gréver les performances. Maintenant faut aussi faire disparaitre la mauvaise foi de certains riverains , qui se plaignent du bruit à la vue d’une moto en (...)
Si ces dernières années, les diamètres de sortie d’échappement ont fait peau de chagrin, les machines de compétition frôlent encore les 120 décibels à plein régime. Intolérable même en zones d’habitat dispersé. A ce niveau, le bruit « entendu » étant exponentiel, gagner ne serait-ce que trois ou cinq décibels est énorme et plus encore quand il s’agit d’une trentaine de machines. Et ce vers quoi il est urgent de tendre.
La solution la plus directe est d’étrangler le bruit en sortie d’échappement via des réducteurs. Mais les parcs étant encore très disparates, les diamètres font le grand écart. D’où l’intérêt d’un réducteur universel à même de s’adapter facilement au plus grand nombre de « silencieux ». C’est ce procédé que la FFM entend promouvoir (avant, éventuellement, de l’imposer) et qu’elle a présenté sur le terrain de cross de Marchery, dans le sud de Paris.
Conçu par Impact Racing, ce réducteur qui se fixe par trois vis (et en deux minutes) sur la sortie d’échappement est constitué de plusieurs anneaux amovibles de différents diamètres ce qui permet un ajustement « à la demande ». Selon M. Gomez, le concepteur, l’appareil ainsi réalisé, couvre 95% des besoins.
Les mesures effectuées sur plusieurs machines de 250 et 450 cm3, sonomètre en main (…de fer de Charles Krajka), montrent des gains de 2 à 3 décibels pour les 250 cm3 et jusqu’à dix décibels pour les machines les plus sonores. En d’autres termes, on passe de l’insupportable au tolérable. Les pilotes, eux, notent une légère baisse de puissance (3 ch ?) ressenti sur toute la plage de régime.
S’agissant de sa diffusion, rien n’est encore arrêté. Mais l’objectif de la FFM est de le rendre opérationnel dès la saison 2012. Le prix « plafond » est estimé à 75 €. La FFM devrait le commercialiser elle-même en direction des clubs qui eux-mêmes les loueraient ou les vendraient à leurs licenciés. Pour le plus grand bien de tous.
Alain Corroler - 02/04/2011
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