Le constructeur autrichien KTM va lancer, en 2008 (ou plutôt 2009 aux dernières nouvelles), une moto de Superbike. Visite de l’usine et interviews des responsables. Voir nos vidéos exclusives.
Suite à un voyage à Mattighofen début juin 2006, nous sommes en mesure de vous dévoiler les nouveaux plans de KTM.
La marque autrichienne s’apprête à lancer sur le marché une machine de superbike. (voir nos vidéos exclusives en bas d’article).
KTM se lance dans un segment dont il était quasi-absent jusqu’à présent : celui des machines routières sportives.
Après la Super Duke 990 lancée en 2004, le principal projet de la marque orange est la mystérieuse RC 8, un superbike de 1150 ccm3 équipé du fameux twin KTM calé à 75°. « Notre projet concernant cette superbike devrait être finalisé dans un an et demi.
La RC 8 sera proposée au public en janvier ou février 2008 », annonce Hubert Trunkenpolz, le directeur des ventes de la marque.
Pourquoi la marque estampillée off-road s’attaque-t-elle à ce secteur ? « Parce que nous sommes déjà très impliqués dans la moto tout-terrain et que pour grandir, nous devons viser d’autres marchés.
*Consultez notre rubrique sur le chamionnat du monde Superbike (WSBK)

La firme KTM, a réussi un pari énorme en relançant sa production de motos. Elle stagnait à 7000 unités par an en 1992, et est passée à 80.000 pour l’exercice 2004-2005. La firme autrichienne réalise au passage un chiffre d’affaires de 450 millions d’euros pour 1.500 employés, alors que l’effectif n’était que de 212 employés dix ans auparavant. La courbe de croissance affiche un insolent 22% de croissance par an ! Qui a dit que la mondialisation allait tuer tous les emplois industriels sur le vieux continent ?
Comment cela a-t-il été possible ? D’une part, parce que l’usine sous-traite tous ses sous ensemble en Europe, où en contrôle directement le process, comme White Power Suspension, absorbé en 1995.
« Il n’y a que l’équipement électrique, les carburateurs et les plastiques qui ne sont pas fabriqués chez nous », indique Joachim Sauer. « Tout le reste, c’est-à-dire 90%, du moteur au montage des rayons et des roues, est assuré dans notre usine. »
Ensuite, une image de marque forte a été fabriquée par Gérald Kiska, le designer « maison ». C’est lui qui a proposé la couleur orange sur les machines autrichiennes. « Avant, pendant les courses de cross (dans les années 80), toutes les motos étaient blanches et il était extrêmement difficile d’identifier un pilote en course. » D’où l’idée d’imposer la couleur orange, couleur tombée un peu en désuétude après les années 70.
Et c’est Stefan Pierer, le big boss de l’entreprise, qui a imposé cette couleur, malgré les réticences de son état major.
Ensuite, KTM a trouvé aussi en la personne de Dietrich Mateschitz, encore un Autrichien, un soutien important grâce à sa firme de boisson énergisante (interdite en France). En fana de sport mécanique, il sponsorise KTM en Grand Prix. C’est ainsi que le taureau rouge est présent sur le carénage de Mika Kallio, vice-champion du GP 125.
Petit détail, tous les acteurs de la réussite de KTM se trouvent dans un rayon de 60 km autour de Salzbourg. Ce qui facilite, bien évidemment, tous les échanges.
Le superbike correspond à notre philosophie, et toutes les motos que KTM propose au public sont issues de la course. » Cela peut se résumer en un seul slogan : "ready to race" (prêt à faire la course).
Le premier pas vers la conquête du bitume a été franchi avec l’arrivée de la 950 Adventure en 2003, ce gros twin-trail issu du Dakar (rallye raid remporté par KTM sans interruption de 2001 à 2006). « Grosso modo, c’est l’arrivée du bicylindre qui nous a mis sur la route », confirme Jerôme Delziani, responsable marketing France.
Depuis fin 2004 - début 2005, KTM a confirmé ce virage vers le « routier » en commercialisant le roadster Super Duke équipé d’un twin doté de l’injection.
Malgré toutes les restrictions qui se font jour un peu partout en Europe, KTM ose le pari (un peu risqué) de mettre sur le marché des machines fortement marquées par l’image de la vitesse et du prestige du Superbike avec la RC 8.

La machine passera par la case course, comme toutes les KTM : « Nous ne savons pas encore dans quel type de championnat nous allons engager la RC8, ce que je peux vous dire c’est que nous seront présents », dixit Thomas Kuttruf, chargés de la communication de l’usine de Mattighofen.
Pourquoi pas dans le championnat Superbike allemand, puis dans le championnat mondial ? L’hypothèse est loin d’être écartée.
Quant à l’avancement du projet RC8, l’ébauche est finalisée et visible dans les ateliers de design de Gerald Kiska, le designer attitré de la maison. « Deux prototypes roulent déjà dans l’ouest de l’Allemagne, sous une peinture noire basique », indique encore Thomas Kuttruf.
Il est donc oublié le temps où KTM avait des vues en GP. Durant la saison 2005, la firme autrichienne avait fourni des moteurs V4 au team Roberts.
Devant l’absence de résultats, KTM avait fait marche arrière en plein milieu de saison. « Nous nous sommes aperçus que notre implication en GP, au plus haut niveau, demandait des moyens considérables », avoue Joachim Sauer, le responsable technique marketing.
Dès lors, verra-t-on une KTM en Grand Prix ? « Non, la réponse est définitivement non », répète Joachim. « Nous voulons vendre des motos dont les gens se sentent proches. C’est pour cela que la démarche du Superbike nous semble beaucoup plus attirante comme formule. »
Thierry Leconte - 21/06/2006
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