Essai

C’est au salon de Milan, en novembre dernier, que nous avons découvert cette CBR 1000 RR SP, et son style nous a plu. A la voir, béquillée dans le paddock du circuit de Losail (Qatar), cette bonne impression demeure. La CBR « SP » est une très belle machine, bien finie, dont les associations de couleurs et de matières font mouche. Et si la dotation technique est au top (fourche, freins, roues, etc.), celle de l’électronique est nettement plus pauvre, pour ne pas dire inexistante.


Absence d’ABS
Pour faire simple, les « SP » livrées en France n’auront même pas d’ABS ! Une moto brute donc, puissante, que les amateurs de machines « hardcore » apprécieront… À condition de ne pas mesurer une toise tant cette Honda est compacte.

La CBR 1000, en effet, c’est un gros moteur dans un châssis de 600, et trouver ses marques si l’on dépasse le mètre quatre-vingt demande souplesse et agilité, d’autant que ce nouveau millésime a vu son ergonomie radicalisée : guidon plus bas, selle plus dure, etc., au profit de la performance sur piste.


Facilité d’utilisation
Les premiers tours de roue mettent en confiance, grâce à la touche Honda faite de douceur et de précision, qui ferait passer une hypersport de 180 ch pour une moto dévolue à un usage quotidien. Le « total control » cher à la marque est bien présent.

Du coup, on augmente le rythme, encore et encore, jusqu’à des allures impressionnantes, ce que le tracé qatari autorise ! Emmenée « au taquet », la CBR répond vite et bien avec un châssis vif et précis : les entrées en courbes sur les freins ne verrouillent pas la direction, les sorties de virages, papillons grands ouverts, ne rendent pas la moto sous vireuse et légère du guidon et, dans les phases neutres (sans gaz, ni freins), elle reste très stable.

Rester souple sur la poignée
Avec cette CBR, on rentre fort, on tourne vite et on ressort comme une balle ! Mais pour claquer une pendule, il faut observer quelques règles : ne jamais descendre sous les 4.500 tr/min (régime auquel la valve d’échappement s’ouvre), rester souple sur la poignée droite à la remise des gaz (à-coups possibles) et « rentrer » dans le moteur jusqu’au rupteur, le 1.000 cm3 n’étant pas très démonstratif à mi-régime (couple maxi à 10.500 tours, puis- sance à 12.250 tours).

Mais au vu des 286 km/h atteints dans la ligne droite (pour moi !), les 180 chevaux sont bien présents. Et quand vient le moment de restituer l’énergie accumulée par une telle vitesse de pointe (la loi de la dynamique), les freins répondent présent (merci Brembo), mais avec un feeling molasson au levier peu agréable (merci Nissin…).

Verdict
Malgré d’indéniables qualités, la CBR 1000 RR SP aura fort à faire face à la concurrence. Avec un tarif aux alentours des 18.000 € et une dotation électronique inexistante, la belle risque d’avoir du mal à faire sa place.

De plus, elle reste une Honda dans l’âme, avec une certaine avarice question sensations brutes. Et pourtant, cette machine est réellement performante, son palmarès en témoigne (Production, Superbike, Tourist Trophy, etc.). Paradoxe, son côté sportive « à l’ancienne », donnant le fameux « total control » à son pilote, reste un atout pour les plus expérimentés, et peut-être aussi pour les nostalgiques d’une époque révolue. Ou presque.

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