Deux représentants de la FFMC ont rencontré le député UMP Thierry Mariani mercredi soir. L’auteur d’une proposition de loi « contrôle technique moto » a temporisé, mais n’a pas retiré son texte. Il renvoie le débat en avril, après les élections municipales. Moto Magazine était présent à l’entretien. Analyse…
Poursuivant son action de lobbying contre le contrôle technique moto, la FFMC a rencontré, mercredi 30 janvier, le député UMP Thierry Mariani, auteur d’une proposition de loi visant à rendre obligatoire ce dispositif.
Au terme d’un entretien courtois, chacun est resté sur ses positions.
L’élu du Vaucluse, rompu aux rouages du débat public, conscient que cette mesure était impopulaire, a finalement tempéré sa démarche législative : « Cette proposition de loi n’est pas ma priorité, et le calendrier de l’Assemblée Nationale est gelé avant les élections municipales (début mars prochain).
J’invite la FFMC à me remettre, début avril, des idées de mesures qui vont dans le sens de la sécurité des motards. ».
Une manière de temporiser, sans pour autant retirer la menace d’apparition du contrôle technique moto.
L’entretien a t il ete enregistre ? Un depute qui reconnait proposer une loi dont l’idee lui a ete "soufflee" par un industriel du secteur directement concerne ... ou je me trompe ou je vois l’aveux direct d’un trafic d’influence passible de sanctions judiciaires ? Generalement ces choses la ne (...)
(Remise à jour le 10/12/2008) Procédure VE : le retour du contrôle technique moto
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« Cette proposition de loi reste une épée de Damoclès au dessus de nos casques », soulignait Guillaume Chocteau, membre du bureau national de la FFMC, après l’entretien. « Une fois rédigée, même si elle n’est pas appliquée, une telle proposition est valide jusqu’à la fin de la mandature, soit jusqu’en 2012. Nous devons continuer à nous mobiliser pour que le contrôle technique moto ne passe pas. »
D’autant que cette offensive législative pourrait être relayée par le gouvernement, si le prochain conseil interministériel de sécurité routière (CISR), qui devrait se tenir fin février 2008, retenait la proposition de rendre obligatoire le contrôle technique moto, formulée par la déléguée Sécurité routière, Cécile Petit.
L’enjeu sécuritaire
Thierry Mariani a affirmé que c’était la sécurité routière qui avait guidé sa rédaction. Il a tout de même concédé, dans le fil de l’entretien, que l’idée de cette loi lui avait été soufflée par une entreprise « de contrôle technique automobile ».
Ce ne serait pas la première fois qu’un parlementaire serait victime du lobbyisme actif d’une corporation. Les représentants des usagers lui ont expliqué que ce serait mal perçu par les motards, et que des mesures plus urgentes étaient à prendre. Ils ont remis au député le « Manifeste de la FFMC »*, recensant de nombreuses propositions . Ils s’engagent à fournir au député le document de travail qu’il a demandé pour avril prochain.
« 50 €, c’est peu »
Mais Thierry Mariani n’a pas annoncé le retrait de sa proposition. Pire, il estime même que cette mesure reste toujours une « pierre » apportée à la lutte contre les accidents de la route. Même si les représentants de la FFMC lui ont répété que seulement 0,7 % des accidents de motos étaient dus à un défaut du 2-roues. Mariani l’ignorait, puisqu’il n’avait pas lu l’enquête européenne sur les accidents de moto MAIDS de l’Association européenne des constructeurs (ACEM), de laquelle est issu ce chiffre.
L’élu du Vaucluse estime qu’il serait « raisonnable de fixer le prix du contrôle technique moto entre 30 et 50 €. 50 € c’est deux pleins d’essence, ce n’est pas énorme », a-t-il estimé. Pas sûr que les motards seront d’accord… Rendez-vous en avril, donc. En attendant, la mobilisation continue derrière la FFMC.
Nicolas Grumel - 31/01/2008
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