Luca Barbetti travaille chez Pirelli, au siège de Milan. Présent au Bol d’Or, il est le responsable du programme Endurance du manufacturier italien. Nous l’avons rencontré pour avoir des informations sur l’engagement de Pirelli en Endurance.
Moto Magazine : Luca, vous êtes le responsable du programme Endurance chez Pirelli. Pourquoi cet engagement alors que la discipline n’est pas très connue en Italie ?
Luca Barbetti : Nous ne vendons pas uniquement des pneus en Italie, mais dans le monde entier. Il est vrai que dans certains pays la discipline n’est pas très connue, mais dans d’autres, comme en France, en Allemagne, en Grande-Bretagne ou dans les pays nordiques, elle offre une belle visibilité.
MM : Vous les faites donc pour la visibilité ?
LB : Bien sûr que non, c’est un formidable terrain de test pour nous. Vous savez, en Superbike par exemple, discipline où nous sommes présents, les courses ont lieu seulement à des heures données, souvent l’après-midi, avec une température au sol souvent convenable. Ici, entre le petit matin, la nuit ou l’après-midi, il y a des différences de température parfois colossales. C’est très dur de trouver le bon pneu, mais aussi très intéressant pour la recherche d’une gomme capable de supporter ces variations tout en gardant un bon grip. Une autre raison de notre engagement est due au fait que l’Endurance est un des rares championnats du monde "open", c’est-à-dire où plusieurs manufacturiers peuvent s’affronter. C’est très important pour nous de savoir où nous en sommes par rapport à nos concurrents.
MM : Vous équipez l’équipe SRC Kawasaki, un des favoris de l’épreuve. Est-ce que vous fournissez vos meilleurs pneus à cette équipe ? On parle des mêmes pneus que vous utilisez pour la Superpole en Superbike…
LB : Bien sûr que nous fournissons les pneus de Superpole, mais à toutes les équipes qui roulent en Pirelli et pas uniquement au team SRC. La semaine avant la course, nous fournissons une liste des pneus dont nous disposons à tous les teams, c’est ensuite à eux de faire un choix.
MM :Vous nous dites que les équipes de pointe ne bénéficient pas des meilleurs pneus ?
LB : Je vous répète, tous les pneus que nous avons ici sont accessibles aux meilleurs comme aux amateurs. Je peux vous dire que nous avons ici des pneus de développement que l’on ne trouve même pas en Superbike ! C’est notre politique. Après, ce sont les équipes qui gèrent les pneus en fonction des desiderata. Je veux vous citer deux exemples : il y a d’un coté le team SRC Kawasaki qui travaille la pole, car pour eux c’est important, et de l’autre les Suisses du team Bolliger qui se moquent de la pole et n’utilisent pendant les essais qualificatifs que des pneus pour la course ! Ce sont deux stratégies différentes…
MM :Quel est exactement votre travail ici ?
LB : Avec Pasquale Serra, le responsable compétition en France, nous conseillons les équipes sur le choix des pneus. Vous savez, il y a les équipes "professionnelles" et celles "amateurs" ; elles ont besoin, les unes comme les autres, de conseils. Autrement, il y a en tout 12 personnes présentes chez Pirelli et un stock d’environ 3.500 pneus.
Propos recueillis par Francesco Scuderi - 17/04/2011
Le Diaporama final du Bol d’Or 2012
Jusqu’au bout, la 76e édition du Bol d’Or nous aura tenu en haleine. Le Kawasaki SRC (n°11) remporte cette première manche du championnat du monde d’Endurance. Le SERT (Suzuki n°1) finit deuxième et le YART (Yamaha n°7) crée la surprise en décrochant le podium.
Cela fait déjà 22 ans que Pascal Auberty organise le Bol d’Or pour le groupe Lariviere, dont quatre en tant que directeur. Nous l’avons rencontré pour discuter de ce 76e Bol et de l’avenir de la manifestation.
Unique moto italienne a terminer cette édition 2012 du Bol d’Or après l’abandon de la MV Agusta, l’Aprilia RSV 4 Factory APRC n°6 du team Le Mans 2-Roues Racing se place 22e au général. Lionel Renault, team manager de cet équipage atypique, nous explique le pourquoi du comment.
Ils sont plusieurs dizaines à assurer la sécurité des pilotes au bord de la piste. Ils viennent d’un peu partout en France, sont bénévoles et passionnés d’Endurance… Momo et Pascal, deux commissaires de piste au Bol, nous font part de leurs réflexions.