Chez les Amérindiens, le nom Wakan (prononcez ouacanne) désigne ce qui est mystérieux, sacré ou puissant. Conçu et assemblé en petite série du côté de Montpellier, le premier modèle de la marque a été baptisé One Hundred (Cent), pour son V-twin de 100 « cubic-inches », soit pas moins de 1640 cm3 insérés dans une partie-cycle minimaliste.
| Pour | Contre |
|---|---|
| + Sensations | - Prix décoiffant |
| + Design épuré | - Confort |
| + Fabrication | - Détails (béquille, compteur...) |
Retrouvez dans Moto Mag de mars 2010 (n°265) l’essai de la Wakan One Hundred
Elle a l’aire super, je l’achèterais quand j’aurais déjà eu tout ce que j’éspérais avant... Mais du coup je serai peut être trop vieux pour monter dessus. Alors merci aux Nippons de permettre à la grande majorité d’entre nous de se faire (...)
(données constructeur)
Moteur bicylindre en V à 45° ref. par air, 4T, culbuté, 2 soupapes par cyl. ; Cylindrée (al. x cse) 1640 cm3 (101,6 x 101,6 mm) ; Puissance maxi 120 ch (88,3 kW) à 5 750 tr/min ; Couple maxi 16,8 m.kg (165 N.m)
à 4 250 tr/min ; Alim./dépollution 1 carburateur Ø 41 mm/Euro 3
Transmission Boîte de vitesses 5 rapports ; Transmission finale par chaîne
Partie-cycle Frein Av (étrier à x pist.) 1 disque Ø 340 mm (6 opp.) ; Frein Ar (étrier à x pist.) 1 disque Ø 220 mm (2 juxt.) ; Réservoir (réserve) 13 litres (n.c.) ; Poids à sec 183 kg
Pratique Coloris rouge, blanc, noir ; Garantie 2 ans pièces et M.O. Prix 33.600 €
Sacrée motorisation que ce bicylindre culbuté refroidi par air ! Il ne s’agit toutefois que d’une version « Stage 1 » au taux de compression (10,3 à 1), aux diamètres de soupapes et aux profils de cames encore raisonnables. Joël Domergue, le fondateur de Wakan, a cherché à en optimiser le fonctionnement : lancer une paire de pistons de plus de 10 cm de diamètre à l’aide d’un démarreur et d’une batterie de dimensions réduites via un astucieux décompresseur électrique, qui autorise un premier tour de vilebrequin à vide avant l’allumage ; transmettre 16 m.kg (!) de couple en repensant la cinématique de la transmission, de la courroie primaire armée de fibres de verre à la boîte de vitesses extractible, en passant par un embrayage multidisque à sec ; et, enfin, améliorer la régularité cyclique d’un V-twin ouvert à 45° en l’alimentant par un unique carburateur à boisseau plat Keihin FCR 41, emprunté aux 450 de cross. L’admission d’air se fait via un joli boîtier en aluminium placé face à la route, au-dessus du faux réservoir (le vrai, de 13 litres, supporte en réalité la selle).
La One Hundred offre cette sensation trop rare de chevaucher un moteur plus puissant qu’il ne l’est en réalité. Quelques à-coups sous 2000 tr/min... Mais la mécanique pousse ensuite avec une force et une conviction qui vous arrachent les tripes jusqu’aux 5000 tours de la zone rouge. Quelle allonge ! Quel tempérament ! Les rapports s’enchaînent avec une discrétion et une précision inespérées sur un twin d’une telle cylindrée. Dans les premiers virages, la Wakan ne se montre moins intuitive que son petit gabarit et sa légèreté le laissaient espérer : elle est justement si étroite qu’il est difficile de la serrer entre les jambes. Une selle en contreplaqué, des suspensions fermes et dotées de petits débattements... Le confort n’a pas été une priorité. Du coup, on se cramponne aux commandes, ce qui induit des réactions désagréables en courbe. Pourtant, ce roadster ne file jamais aussi droit que quand on se relâche à son guidon. D’autant que l’on peut compter sur les 6 pistons du disque avant, aussi puissant que peut l’être le frein moteur lui-même.
Verdict
Dénuée d’aspects pratiques, la One hundred est une pure moto plaisir. À de rares détails près, comme sa béquille latérale (en fer) ou son amortisseur Sachs (efficace mais de conception banale), la Wakan est aussi jouissive à regarder qu’à utiliser. Pour, il est vrai, la bagatelle de 33.600 €. Encore faut-il apprivoiser l’engin et se montrer à la hauteur.
Didier Bouard - 02/03/2010
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