En images

visuel visuel

La Fédération française de motocyclisme (FFM) a réuni le gratin du sport moto en France, le 1er décembre à Paris, lors de sa traditionnelle conférence de fin d’année. L’occasion de demander à Jacques Bolle, son président reconduit récemment pour 4 ans, quels seraient les grands chantiers du sport moto en France en 2017.

2016 fut-elle une bonne année pour le sport moto en France ?
Allez, on constate que 2016 n’est pas une aussi bonne année que 2015. Néanmoins, la France de la moto a obtenu d’excellents résultats : 6 titres mondiaux, 4 victoires de Coupe du Monde et 4 titres européens. Au total 42 podiums français aux niveaux européen et mondial.

En vitesse, nous avons un double champion du Monde Moto2 en la personne de Johann Zarco. C’est exceptionnel. En 2017, il représentera la France en MotoGP. La FFM est très fière de son doublé.

En motocross et dans l’ensemble des disciplines de tout-terrain, nous sommes les plus forts au monde.

À titre personnel, vous avez rempilé pour un troisième mandat de 4 ans. Quelle est votre ambition ?
C’est effectivement mon troisième et dernier mandat. Il reste beaucoup de travail à faire, notamment pour améliorer le fonctionnement de notre fédération.

J’ai été réélu par un collège de 50 personnes qui représentent les ligues régionales. Demain, avec le resserrement des régions françaises, ils ne seront plus que 25. Élu par 25 personnes, ce n’est pas très démocratique. D’ici à la fin de cette mandature, je souhaite ouvrir le collège électoral de la FFM.

Le problème de l’assurance des événements du sport moto continue de vous préoccuper ?
Ce chantier reste très important. Jusqu’en 2010, la théorie de l’acceptation des risques primait chez les magistrats qui avaient à trancher lors d’un litige relatif à un accident de moto survenu dans le cadre d’un événement sportif officiel. Depuis, nous sommes entrés dans une logique d’indemnisation des victimes. Or, quand on fait du sport moto, on sait qu’on s’engage dans une pratique à risque.

Du coup pour les organisateurs d’événements moto, le tarif d’assurance croît de manière démesurée. Pour l’Enduropale par exemple, il bondit de 50 000 à 600 000 euros. Le risque pour la FFM va jusqu’à l’inassurabilité.

Il y a eu un premier pas en 2012 : l’État considère depuis que le risque ne concerne que les dommages corporels. Nous allons poursuivre ce chantier juridique.

Le nombre de licenciés et d’épreuves organisées sont en croissance ?
Le nombre de licenciés augmente, mais leur âge aussi. Leurs attentes évoluent : ils pratiquent le sport moto comme un loisir plus que comme un accès à la compétition.

En termes d’organisation, le nombre d’épreuves reste stable, 1 300 dans l’année. Certains clubs organisateurs ont des difficultés, notamment en tout-terrain. La FFM se déploie pour les soutenir. Nous avons acquis un neuvième terrain de cross et trial. Cela permet de faire perdurer cette pratique en dépit des menaces qui pèsent pour des questions d’environnement.

Le circuit Carole et son fonctionnement atypique (il est ouvert gratuitement à tous les motards durant 26 week-ends par an) est lui aussi géré par la FFM. Jusqu’à quand ?
La FFM a obtenu la reconduction de la délégation de service public lancée par l’État pour la gestion du circuit Carole (installé à Tremblay-en-France en Seine-Saint-Denis). Elle a été renouvelée pour 7 ans. La FFM s’en occupe jusqu’en 2022.

D’un point de vue sociétal, on entend parfois la FFM se prononcer sur des mesures de sécurité routière comme le port des gants obligatoire. Pourquoi ?
Le cœur de cible de la FFM est de s’occuper de sport moto, mais nos statuts nous donnent également une compétence en matière de voie publique et, à ce niveau-là, nous travaillons très étroitement avec la Fédération française des motards en colère (FFMC). On participe à des événements en collaboration avec la Direction à la sécurité et à la circulation routières (DSCR) mais soyons clairs, le fer de lance en la matière, ce sont nos amis de la FFFMC.

Le sport moto français est performant et pourtant, dispose d’une faible visibilité médiatique. Pourquoi ?
Il nous faut des victoires dans la catégorie reine du MotoGP pour un plus grand rayonnement du sport moto en France. C’est incontournable pour faire la Une.
Néanmoins, la moto est de plus en plus visible sur des chaînes à thématique sportive de la TNT comme Eurosport mais aussi L’Equipe qui retransmet depuis peu des épreuves de motocross.

Johann Zarco, champion du monde et prof


Le champion du monde de Moto2 présente l’école ZF Grand Prix qu’il a créée avec son manager Laurent Fellon. (Cliquez sur l’image)

Publicité

Commentaire (0)

Publicité