Le gouvernement s’est réuni le jeudi
18 février au matin, lors d’un Conseil interministériel de sécurité routière (CISR) expéditif, à l’issue duquel le Premier ministre François Fillon devrait annoncer... l’installation de 800 radars automatiques supplémentaires sur le bord des routes.
lefigaro.fr semble avoir eu la primeur des informations ayant filtré de ce CISR qui n’a visiblement duré qu’une heure. Résultat, annoncé sur le site internet du quotidien, François Fillon devrait dévoiler en fin de matinée l’installation de 800 radars supplémentaires sur le bord des routes, ainsi que l’éloignement des panneaux indiquant les radars fixes...
Des mesures express et sans réel impact, eut égard à la gravité de la situation : le nombre de tués sur les routes n’a chuté "que" de 13 personnes entre 2009 et 2008 (4 262 contre 4 275). On est loin de la barre des 3 000 décès annuels fixée par le président de la République à l’orée de la campagne de 2012.
Éloignement des panneaux. C’est l’astuce trouvée par les fonctionnaires pour éviter les coups de frein brusques : le panneau indiquant un radar fixe ne sera plus installé à 400 mètres de la boîte grise, mais à 1 km, voire 1,5 km, ce qui forcera le conducteur à ralentir plus longtemps et évitera les coups de patins juste avant la machine.
Eh ben on freinera plus tard et pi c’est tout !! Avant on regardait seulement son compteur de vitesse.Là on regardera le chemin parcouru puis le compteur de vitesse ... donc un temps plus long à faire moins attention à sa conduite proprement (...)
Cet article a été rédigé sur la base des informations dévoilées par lefigaro.fr à 10 h 30 le 18 février ; restez connectés, nous vous donnerons de plus amples informations à la suite de la déclaration de François Fillon, prévue aux alentours de 12h15, mais nous vous livrerons également les commentaires des acteurs de la concertation 2RM.
Le gouvernement promet également l’installation,en 2011, de « radars tronçon », c’est-à-dire contrôlant la vitesse moyenne d’un véhicule sur une portion de route pouvant atteindre plusieurs kilomètres. Rappelons le déploiement dès cette année des radars de feux tricolores, destinés à contrôler automatiquement les franchissements illicites aux carrefours.
Plus dur avec les cyclos. En ce qui concerne les deux-roues, les cyclomoteurs seront soumis à un contrôle technique. Une visite au garage serait imposée tous les deux ans. Le ton se durcit également pour le contrôle de ces cyclomotoristes : tout utilisateur d’un 50 cm3 débridé sera puni d’une amende de 135 €. Pour les nouveaux détenteurs du permis B : la formation pour conduire une moto de 125 cm3 serait prolongée. Elle passerait de 3 heures à 7 heures obligatoires.
Politique répressive. Tout cela aboutit donc à une continuité dans la politique répressive, et nombre d’observateurs se montreront déçus par la faiblesse des engagements pris par le gouvernement en matière de sécurité routière.
Quid de la concertation ? La Direction à la sécurité et à la circulation routières (DSCR) avait annoncé qu’elle prendrait des mesures pour la sécurité des conducteurs de deux-roues à l’issue de la vaste concertation se tenant depuis le milieu de l’année 2009. Les associations de défense des usagers à moto, dont la principale est la FFMC, ont amplement contribué à rendre constructive cette concertation. Visiblement, aucune des propositions liées notamment à la formation des automobilistes, des motocyclistes, mais aussi à la nécessité de s’équiper correctement quand on roule en deux-roues, n’ont retenu l’attention des ministres. C’est plutôt dommage.
Rendez-vous dans la rue le 13 mars. Pour toutes ces raisons, il est vivement recommandé aux motocyclistes de répondre à l’appel de la FFMC, qui organise une série de manifestations dans de nombreuses villes le samedi 13 mars, afin de demander d’une part la légalisation de la circulation entre les files de voitures, mais aussi une plus grande reconnaissance de la pratique de la moto et du scooter.
Nicolas Grumel - 18/02/2010
Ils ont pour nom Evolis, Matrice, Métis, I-Care, Viasis, DSD. Ce sont les modèles de radars pédagogiques qui étaient présentés au salon des maires, fin novembre dernier. Un marché particulier, dopé par l’annonce du ministère de l’Intérieur…
Le nouveau système d’immatriculation des véhicules permet à presque tout le monde de fabriquer des plaques minéralogiques, sous réserve de détenir l’agrément du ministère de l’Intérieur. Avec ou sans cette dernière, il est aisé de se procurer des fausses plaques (« doublettes ») par l’intermédiaire de sites Internet spécialisés. Pour l’Andevi, l’État favorise les « doublettes ».
Le gouvernement a tranché : en définitive, il y aura un panneau électronique indiquant sa vitesse au conducteur, en amont de chaque radar fixe de contrôle de vitesse. Autrement écrit, grâce à sa politique au radar, le gouvernement a remplacé un simple panneau indicateur par un panneau à 3 000 euros…
Hier un accord a été trouvé entre le ministre de l’Intérieur et les fabricants d’avertisseurs de radars : les appareils deviendront des "avertisseurs de zone dangereuse". La position exacte des radars ne doit plus être indiquée. Le gouvernement biaise, préserve un marché et conserve l’esprit de ses mesures, répressif.
Le minstre de l’Intérieur, Claude Guéant, a confirmé, mercredi 25 mai après-midi à l’Assemblée nationale, la suppression des panneaux annonçant les radars automatiques fixes. Il répondait à une question du député socialiste du Bas-Rhin Armand Jung.