La manifestation des 19 et 20 septembre à Québec a rassemblé près de 6000 motocyclistes en colère. La protestation ne cesse d’enfler contre la drastique augmentation des coûts de l’assurance en responsabilité civile et de l’immatriculation des deux-roues, qui sont prélevées dans la province canadienne de Québec par le même organisme public pour tous véhicules, la Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ).

Dès après la manif, John Harbour, président de la SAAQ invité à commenter le rassemblement, a lancé l’une de ses fameuses perles dans les médias outre-Atlantique : « Les motocyclistes ont été subventionnés pour un montant de plus de 1 milliard de dollars au cours des 30 dernières années », s’est empressé d’annoncer le fonctionnaire zélé. Son argumentaire se base sur le nombre d’accidents de la route à moto, dont le coût serait, selon Harbour, insupportable à l’ensemble de la société.

« Harbour montre les motos du doigt mais il occulte d’autres catégories d’usagers, rétorque le Front Commun Motocycliste (FCM). Au cours des 5 dernières années seulement, les jeunes automobilistes de 16 à 24 ans ont été impliqués dans 6 fois plus d’accidents que les motocyclistes, causant 3 fois plus de morts et blessés graves. »
Dans la logique pure de sécurité routière, cette augmentation des tarifs devrait donc concerner cette catégorie d’automobilistes, ce qui n’est pas le cas… Le gouvernement, qui est derrière l’entreprise publique SAAQ, voudrait casser l’essor de la moto à Québec qu’il ne s’y prendrait pas autrement.

« L’immatriculation de la motocyclette sport, dite "à risque", d’un père de famille de 42 ans, sans accidents ou points de démérite à son dossier, lui coûtera 1410$ (886€) en 2010, poursuit le FCM. L’immatriculation d’une automobile sport de 500 chevaux-vapeurs d’un automobiliste de 18 ans, quel que soit son dossier d’accidents ou points de démérite, lui coûtera 320$ (201€) en 2010 ; l’immatriculation d’une automobile de grand luxe, d’un automobiliste qui a tué 2 piétons alors qu’il était en état d’ébriété, lui coûtera 320$ en 2010. »

Certains vont jusqu’à dire que le lobby automobiliste serait derrière cette campagne anti-moto montée depuis plus de trois ans par le gouvernement du Premier ministre Jean Charest. Nous n’en avons pas la preuve. Il n’empêche, les chiffres parlent… Le Front Commun Motocycliste prévoit d’ailleurs des « happenings » pro-moto lors des déplacements à venir dudit Charest. Restez mobilisés les motocyclistes, il s’agit de sauver la moto !

Alliance transatlantique
Pour que leurs revendications pèsent le plus possible, les associations de motards québécois fédérées au sein du Front Commun Motocycliste envisagent « d’exporter » leur colère. Concrètement, conscients que la bataille sera encore longue, ils envisagent de former des alliances avec les associations de motards du monde entier.

« C’est un long combat mais nous irons jusqu’au bout. Gagner une bataille ne fera que nous renforcer, estime Mathieu Lachaîne, du collectif Opération Escargot. Nous sommes d’ailleurs à faire des alliances pour écœurer notre classe politique lors de ses déplacements à l’international, et réciproquement. La solidarité moto n’aura plus de frontières. »

En clair, si l’alliance se créé, M Charest lors d’un déplacement en France, par exemple, serait accueilli par un cortège de la FFMC qui lui rappellerait les revendications de ses administrés. Et M Sarkozy en déplacement au Québec recevrait un accueil similaire de la part du FCM !

Chargement du lecteur...

Québec : un incroyable acharnent anti-motard

La colère se répand comme une traînée de poudre chez nos cousins du Québec : l’augmentation insupportable (et injustifiée) des tarifs d’assurance risque de porter un coup fatal au « bicycle à gaz’line ». Interview de deux représentants des motards en colère québécois.

Publicité
Publicité