Pour mieux comprendre la discipline nous avons demandé à Klaus Lausch, le plus connu des préparateurs de moteurs Jawa, de tout nous expliquer.
Moto Magazine : Klaus, est-il possible de te présenter ?
Klaus Lausch : J’ai été pilote de Speedway pendant plus de 13 ans, de 1980 à 1993. Maintenant, je suis préparateur de moteurs Jawa et GM pour les courses sur piste. Cela va du Speedway à l’Ice Race. Sur les machines des pilotes présents ici à la finale d’Inzell, j’ai préparé 80% des moteurs. Je réalise moi-même un moteur ou encore des pièces comme des arbres à came ou des pistons. Mon entreprise, KLM-tuning se trouve en Allemagne, dans la région de Munich.
MM : On voit ici pratiquement que des moteurs Jawa…
KL : Oui, car l’histoire de Jawa et les courses sur glace est une longue histoire qui remonte loin dans le temps. Ce sont des monocylindres de 500 cm3, avec un seul arbre à came en tête et deux soupapes. C’est un moteur à course longue, c’est-à-dire que la course du piston est plus longue que l’alésage (87x85, avec piston de 90 mm). Il fonctionne au méthanol et préparé, on peut aller jusqu’à une compression comprise entre 15 et 17:1. Le poids du bloc est de 28 kg, il utilise une huile assez épaisse (SAE 40) qu’il faut chauffer au décapeur thermique avant chaque départ. Quant à la boîte de vitesse, elle n’a que deux rapports : la première sert seulement au départ et la deuxième pour faire la course !
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L’Allemand Klaus Lausch, ancien pilote de Speedway est désormais le préparateur le plus connu des courses de Ice Race. Il a aussi créé son entreprise, KLM-tuning, où il conçoit des moteurs pour la discipline.
MM : Quelle est la puissance de ce moteur ?
KL : C’est beaucoup moins puissant que les moteurs de Grass Track parce que, avec les clous, vous avez tout le temps du grip et donc une bonne motricité. De plus la piste de Ice Race ne fait que 400 mètres. Un bon moteur de Ice Race arrive à 55 ou 57 ch, contre environ 70/75 ch en Grass Track ou en Short Track. Il faut savoir aussi que dans la discipline, le diamètre de l’admission et de l’échappement est limité par le règlement.
MM : On utilise quel type de carburateur sur ces machines ?
KL : Il y a en gros trois types de carburateurs pour les Jawa. Ils sont tous à admission directe, sans cuve ni ralenti. Le réservoir de méthanol ne dépasse pas deux litres, ce qui est suffisant pour une manche de quatre tours d’environ deux minutes.
MM : Et la partie cycle ?
KL : Pratiquement tous les châssis sont fabriqués par l’ancien pilote Bootsma. Les pilotes apportent parfois des petites modifications, histoire de le renforcer ou de modifier la position. Concernant les suspensions, tout le monde ou presque, utilise des Öhlins que l’on modifie à sa guise. Les pneus sont spécifiques et l’on y met en général une pression qui varie de 2 à 2,8 kg en fonction de la glace. Quand la glace est dure, on met bien sûr plus de pression. Ils sont cloutés avec 140 clous à l’avant et 260 à l’arrière, presque tous situés sur le coté gauche du pneu. La longueur de ces clous ne doit pas dépasser 28 mm et le poids minimum de la moto est fixé à 113 kg. Comme vous le savez, il n’y a pas de freins sur une moto de Ice Race.
MM : Pourquoi tous les pilotes ici à Inzell ont deux motos ?
KL : Il y a deux raisons à cela, la première est celle d’avoir une moto de réserve en cas de défaillance et la seconde est celle d’avoir une moto réglée différemment en fonction de la glace qui change ou se détériore. Cela implique bien évidemment un effort financier important car outre au prix de la saison, environ 50.000 euros, il faut y ajouter l’achat des deux motos et la préparation.
MM : Si le poids, le diamètre d’admission et d’échappement, les soupapes et plein d’autres choses sont limités, que demande un pilote comme préparation ?
KL : Avant toute chose un moteur, des engrainages ou encore des roulements qui tournent rond ! Comme je vous ai expliqué, la puissance compte moins que dans les autres disciplines sur piste, mais elle reste un paramètre important. On arrive toujours à trouver un ou deux petits chevaux… Mais ce qui demande surtout un bon pilote est une mécanique adaptée à son style de conduite. J’en connais qui aiment un moteur plus souple, d’autres plus de puissance à un régime donné…
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