Les Assises nationales de la Fédération française des motards en colère (FFMC) se sont déroulées du 14 au 16 mai à Arles (Bouches-du-Rhône). Près de 600 membres de ce mouvement, représentant les 85 antennes départementales de la fédération mais aussi les sociétaires de la Mutuelle des motards, ont débattu durant trois jours à travers assemblées générales et commissions de travail, des orientations et combats liés à la défense du motard pour l’année à venir.

Contexte politique tendu
Ces Assises 2016 étaient particulièrement attendues dans le contexte politique très tendu que vivent les pratiquants de la moto. La menace du contrôle technique à la revente plane, que le gouvernement prévoit d’appliquer en 2017.

Les perspectives d’interdictions de circulation dans les villes françaises sont aussi réelles : à Paris, motos et scooters d’avant 2000 seront interdits de circulation (comme les voitures d’avant 1997) en semaine à partir du 1er juillet 2016. L’interdiction sera progressive, pour aboutir à la suppression des 2-roues d’avant 2016, en 2020.

En France, à travers la loi sur la Transition énergétique, le gouvernement offre la possibilité aux villes de créer des zones de circulation restreintes (ZRC) desquelles les maires auront le loisir d’exclure les catégories de véhicules motorisés de leur choix. Le problème est que les deux-roues motorisés (2RM) sont souvent mis dans le même sac que les autres véhicules. La nature des émissions (aucun 2-roues de série ne circule au diesel) et les modes de déplacement (en ville un deux-roues met moins de temps qu’une automobile pour parcourir un trajet identique) sont occultées.

Action !
Convaincus de ces erreurs, lors de ces assises FFMC à Arles, les militants ont débattu des actions à mener afin de faire entendre la voix minoritaire des motards, tant sur le plan local que national. Une longue période d’actions s’ouvre à eux, comme l’explique France Wolf, membre du bureau national de la FFMC, à Motomag.com.

N’avez-vous pas le sentiment que les autorités n’ont que peu tenu compte de l’énorme mobilisation des motards les 16 et 17 avril avec la FFMC ?
Si, et justement, les Assises de la FFMC, c’est le lieu où, chaque année, les militants décident des orientations que doit prendre l’association. Dans la logique de concrétiser la mobilisation du 16 et 17 avril, ce dimanche 15 mai à Arles, ces militants ont affirmé leur volonté de continuer à mener les deux combats contre les interdictions de circulation en ville et contre le contrôle technique.

D’autres manifestations sont à prévoir ?
La priorité est donnée à la lutte contre l’interdiction de circuler car à Paris cette mesure sera appliquée en juillet prochain. Les Motards en colère de toute la France vont continuer de soutenir les antennes franciliennes de la FFMC qui sont en première ligne : nos antennes départementales continuent d’écrire aux parlementaires de chaque circonscription pour qu’ils prennent tous conscience de ce que représentent ces interdictions de circulation en termes de casse sociale et de restriction des libertés.

Nombre de ses adhérents et militants étant aussi automobilistes, la FFMC ne jouera pas le corporatisme et montera au créneau pour tous les usagers : cette mesure désavantage les possesseurs de « vieux » véhicules qui n’ont de toute façon pas les moyens d’en acheter des neufs.

Et en ce qui concerne le contrôle technique ?
Les antennes FFMC vont continuer de sensibiliser les centres de contrôle automobile dans chaque ville. Nous l’avons déjà fait depuis le début de cette année et bien souvent, avons constaté que ces professionnels ne connaissaient pas les contours du projet gouvernemental de contrôle à la revente, qui ne leur sera pas favorable économiquement.

Par ailleurs, les militants vont continuer d’alerter les élus comme le grand public sur l’inutilité de cette mesure en termes de sécurité routière. Là encore, le contrôle technique aurait un impact social non négligeable. Les ménages à faibles revenus seraient touchés.

Allez-vous poursuivre la pression dans la rue jusqu’au retrait de ces projets ?
Une action peut prendre la forme d’une manifestation, mais pas seulement. Elle peut être moins visible, comme quand il s’agit d’interpeller des élus des départements et des gérants de centres de contrôle technique. Les deux types d’opérations ont leur efficacité et nous mènerons les deux.

Mais que demander à des élus ? Ils connaissent la loi, ils l’ont votée…
Pour les questions de sécurité routière, nous ne faisons pas face à des parlementaires qui votent les lois mais aux technocrates qui pondent les décrets… quant aux questions d’interdiction de circuler avec des véhicules un peu anciens, ceux qui nous les imposent sont les mêmes qui font voter des lois pour le « durable » et contre l’obsolescence programmée. Ils ne trouvent rien de mieux que d’envoyer à la casse des motos et des voitures qui fonctionnent très bien.

Par ailleurs, nos députés semblent voter des lois comme s’il fallait choisir la couleur des caramels mous ! Nos militants qui les rencontrent constatent à quel point nos élus n’y connaissent rien à ces domaines… si encore ce n’étaient que des méconnaissances sur la moto, ça on a l’habitude. Mais l’aménagement du territoire, les besoins de mobilité des salariés, la mainmise de lobbys puissants comme les opérateurs du stationnement payant sur des questions de bien public, ça a l’air de leur passer au-dessus de la tête.

Alors à un an d’échéances électorales majeures, nous leur rappelons que les militants de la FFMC sont des électeurs. Et nous expliquons que nous appellerons à la désobéissance civile en continuant d’utiliser une moto d’avant 2000, cette action relevant d’un caractère militant.

Idem sur le contrôle technique : nous désobéirons. La FFMC en assumera les conséquences : s’il le faut, on lancera un appel à souscription afin de soutenir les motards sanctionnés pour s’être opposés à l’interdiction de circulation. Nous entrons dans une longue période d’action. Elles seront nombreuses et multiformes.

Les militants ont voté pour que les élus de la FFMC continuent de siéger au Conseil national de sécurité routière (CNSR). Peut-on à la fois échanger au sein de cette instance avec les représentants de l’État et descendre dans la rue pour défendre ses droits ?
Oui. C’est la force de la FFMC : elle est à la fois interlocutrice des pouvoirs publics dans des réunions très sérieuses et en capacité de mobiliser largement dans la rue. Au CNSR, nous sommes les seuls en mesure de le faire. Les autres organisations qui représentent les usagers n’ont pas cette capacité-là. Ce serait dommage de se priver d’un type d’opération pour l’autre. Lors de ces Assises de la FFMC, les militants ont donné au bureau national mandat pour participer au CNSR. Nous continuerons donc à faire les deux.

Un BN tout neuf !

Lors de l’assemblée générale de la FFMC, le 16 mai, les représentants des 85 antennes départementales ont élu trois nouveaux membres du bureau national. Celui-ci est désormais au complet, avec neuf membres. En haut de gauche à droite : Frédy Guilbert (FFMC 33), Christelle Robert (FFMC 90), Jacques Barac (FFMC 30), France Wolf (FFMC 54), Richard Esposito (FFMC 13), Jean-Paul Koppins (FFMC 40) ; en bas de gauche à droite : Francis Cervellin (FFMC 84), Pierre-Henri Marchand (FFMC 43) et Fabien Delrot (FFMC 73). Une force qui devrait lui permettre d’orchestrer les combats à venir, non des moindres.

Revivez les Assises FFMC 2016 en diaporama

Un peu d’ambiance pour se remémorer ce bon week-end de militantisme à Arles !

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