Trois lignes dans le numéro du 30 décembre 2016 d’Auto Plus (toujours très bien informé !) nous ont mis la puce à l’oreille. L’information a été confirmée par des sources concordantes proches du dossier : le projet de contrôle technique moto et scooter à la revente, porté par la Direction à la sécurité et à la circulation routières (DSCR) du ministère de l’Intérieur et annoncé par le Premier ministre, Manuel Valls, lors du comité interministériel de sécurité routière du 2 octobre 2015, passe à la trappe.

Prévu pour être instauré en octobre 2017, ce contrôle technique devait être obligatoire pour les motos et scooters mis en vente sur le marché de l’occasion. C’était une priorité du délégué à la sécurité routière du gouvernement, Emmanuel Barbe, qui en avait fait son cheval de bataille depuis son arrivée en 2015. Il l’expliquait dans une interview-vidéo accordée à Motomag.com en novembre 2015.

Réactions négatives
Les usagers de deux-roues, représentés par la Fédération française des motards en colère (FFMC), se sont vite érigés contre ce projet, qualifiant le contrôle technique de taxe supplémentaire et montrant qu’il n’apporterait aucun gain en matière de sécurité routière.

Les 16 et 17 avril 2016, plusieurs dizaines de milliers de motards clamaient leur opposition à ce projet dans 70 manifestations organisées en France par la FFMC. De nombreuses actions étaient également organisées par les antennes départementales de la FFMC autour des centres de contrôle technique automobile (lire les comptes rendus sur la page Contrôle technique de Motomag.com).

« Ce projet de contrôle technique moto ne repose sur aucun élément objectif et constitue un mensonge pour l’ensemble des usagers de motos, scooters et 3-roues, met en garde la FFMC. Et ce, au seul profit des grands opérateurs de contrôle technique leaders du marché, qui ne voient dans cette mesure que la possibilité d’un contrôle périodique généralisé, ce que dénoncent les usagers concernés depuis 2007. Pour rappel, ce contrôle nous revient aujourd’hui par la volonté d’Emmanuel Barbe, le délégué interministériel à la sécurité routière ».

Même les pros sont réticents
Début 2016, le dossier a été transmis à une direction du ministère de l’Environnement, qui a piloté les réunions de travail sur sa mise en place, notamment avec les professionnels du secteur. Lors de ces tables rondes, les professionnels du contrôle automobile eux-mêmes se sont montrés réticents : face au faible volume de visites potentielles dans certaines régions, il leur était impossible d’équiper nombre de centres avec le matériel nécessaire (banc de freinage…). Ou alors, le coût du contrôle aurait été trop important pour les usagers.

À lire : Contrôle technique 2-roues, même Dekra émet des réserves

La bonne nouvelle pour les motards est donc confirmée en ce début d’année 2017 : le projet de CT 2-roues à la revente est reporté. Il n’arrivera pas en 2017, et il faudra attendre la période post-électorale (présidentielle et législatives) pour savoir si le nouveau gouvernement en prévoira un autre.

Attention, reporté ne signifie pas que le contrôle technique 2-roues soit définitivement éradiqué : la directive européenne 2014/45/UE exige de tous les États membres de mettre en place ce CT 2-roues en 2022 s’ils n’arrivent pas à prouver qu’ils ont mené des actions de sécurité routière ayant permis de faire baisser sensiblement les accidents dans cette catégorie de véhicules.

Mais au moins, et pour la seconde fois en cinq ans, les motards, par leur capacité de mobilisation et avec le coup de pouce du contexte économique, sont parvenus à repousser l’idée qu’un contrôle technique périodique devienne obligatoire.

Plus d’infos dans Moto Magazine

- Nous reviendrons sur le sujet dans Moto Magazine n°334 (février 2017) ; pour être sur de le recevoir, abonnez-vous !

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