Décentraliser plutôt que généraliser
L’Aveyron vient d’enfoncer le clou de la contestation contre la généralisation du 80 km/h voulue par le Premier ministre, Édouard Philippe. D’après une information de CentrePresse Aveyron, le 27 avril, le département a soumis au vote de son conseil une motion demandant à « décentraliser cette mesure au niveau des départements. Et de confier aux présidents des conseils départementaux et aux préfets l’inventaire des routes ou portions de routes qui pourraient être concernées ». La motion a obtenu la majorité des suffrages exprimés par les 46 conseillers aveyronnais.

Un vrai vote démocratique
Si cette fronde des départements n’est pas nouvelle (plus d’une trentaine ont déjà fait part de leur hostilité à la mesure phare du dernier CISR), la position aveyronnaise est mémorable en ce sens qu’elle procède d’un vote démocratique et non pas seulement du vœu pieux exprimé par un élu départemental. La Lozère, sa voisine, avait elle aussi voté une motion demandant au Premier ministre l’abandon du 80 km/h. C’était le 9 février.

Mauvais coup porté à la ruralité
Le texte de la motion lui-même insiste sur les vertus de la concertation, une sorte de pied de nez au Premier ministre vertement critiqué, précisément, pour le caractère dogmatique du dernier CISR. « Nul ne songe à remettre en cause la notion de protection routière, mais la décision de limiter la vitesse à 80 km/h sur l’ensemble des routes à double sens, et sans séparateur central, en oubliant une concertation préalable avec les territoires, ressemble plutôt à un mauvais coup porté à nos départements ruraux », indique l’Aveyron.

Le département rejoint la FFMC
Le département profite aussi de l’occasion pour rebondir sur l’actualité sociale en rappelant les incertitudes qui pèsent sur le maintien des petites lignes SNCF et donc le rôle central de l’automobile (et de la moto) « seul mode de transport possible pour tous ceux qui doivent aller travailler, amener leurs enfants à l’école… ». Ultime salve du texte : « Les expérimentations menées par le gouvernement ont fait l’objet de contre-études de la part de médias ou d’organismes spécialisés. Il en résulte un certain flou qui démontre que les choses ne sont pas aussi simples. Et que la réduction de la vitesse risque bien de ne pas faire baisser le nombre de victimes ». Voilà qui résume bien la position de la FFMC dont les militants, parmi lesquels les Aveyronnais, sont dans la rue depuis maintenant 4 mois.

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