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Laurent Hecquet, 40 Millions d’Automobilistes

A court terme, certains candidats proposent une réforme de la fiscalité, avec pour François Hollande, une TIPP flottante et un blocage des prix ; pour Nicolas Sarkozy, une plus grande transparence dans la concurrence. On voit bien les oppositions entre ces deux visions. On attendra les élections pour savoir celle qui sera mise en place. Ne nous réjouissons pas trop vite, dans le contexte de crise actuel, les Français n’ont aucun cadeau fiscal à attendre sans contrepartie.

A long terme, que se passera-t-il ?
Le prix moyen du carburant n’est pas de 2 €/l, mais de 1,65 €/l pour le super. La question d’avenir, c’est de savoir comment en consommer moins. Dans ce sens, c’est aux constructeurs d’apporter des réponses, pas aux politiques. On attend une optimisation des moteurs thermiques : pour faire 100 km, si on ne met que 2 litres de carburant, le prix n’est plus un problème. Les politiques auraient pu appréhender la problématique du carburant bien plus tôt. Ce qui nous intéresse, c’est de réduire la dépendance énergétique d’un pays comme le nôtre. On paie aujourd’hui une forme d’immobilisme, il y a 30 ans, lors du premier choc pétrolier.

Quelle vision ont les candidats de la sécurité routière ?
On a un problème de vision sur la politique de sécurité routière. Le candidat sortant fait le constat de sa politique de répression et n’offre pas d’autre vision. L’association est sensible à ce thème. De plus en plus de Français ne font plus le lien entre la répression du quotidien et la sécurité routière. Sur un problème aussi grave que la somnolence, il n’y a pas de réponse précise des candidats. On entend dire que certains veulent poursuivre la politique actuelle. Or, la politique actuelle se résume au tout répressif. Elle a manifestement atteint des limites. Nous aurions souhaité trouver des propositions plus ambitieuses, pour sauver 1.000 vies supplémentaires et atteindre le seuil des 3.000 tués par an sur les routes françaises.

Il ne semble y avoir consensus que sur le contrôle médical des seniors ?
Oui, il y en a un, mais c’est du registre du politiquement correct. Les seniors ne sont pas surreprésentés dans l’accidentalité, qui touche surtout les jeunes. Il y a consensus parce que c’est une disposition relativement facile, mais elle ne répond pas à un réel enjeu de sécurité routière. Le président de la République s’était engagé à un objectif de moins de 3.000 morts par an, qu’il n’a pas atteint. Les réelles causes, comme la somnolence sur le réseau secondaire, sont totalement sous estimées aujourd’hui.

Que comptez-vous faire pour mobiliser les candidats avant le 22 avril ?
Nous n’interviendrons plus avant le premier tour de la Présidentielle. Entre les deux tours, nous comptons solliciter les deux candidats afin qu’ils répondent aux attentes des Français sur les problèmes liés à la circulation.

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