En images

Interview : Sarkozy mise sur le jackpot des radars

La politique du radar, n’est-ce pas une manne financière pour l’État ?
Le procès selon lequel la motivation de l’Etat serait budgétaire est insupportable : les recettes des radars sont réinvesties dans leur entretien pour 30 % et dans l’aménagement routier pour 60 %. Seuls 10 % sont affectés au budget (60 millions d’euros en 2010), bien en dessous du coût collectif des accidents de la route : 23,4 milliards d’euros.

Allez-vous encore accroître la pression sur les contrôles de vitesse ?
Parce que la vitesse reste une cause importante d’accidents, faire respecter les limitations de vitesse demeurera la priorité absolue. 400 radars supplémentaires seront installés en 2012, comme je m’y suis engagé en novembre dernier. Je souhaite en outre que l’accent soit mis sur le développement rapide des nouvelles technologies, comme le LAVIA (Limitateur s’Adaptant à la VItesse Autorisée), ce système qui reconnait par satellite l’endroit où se trouve le véhicule, la vitesse applicable et qui limite le véhicule automatiquement.

Le candidat s’engage-t-il à autoriser la circulation des 2RM (motos et scooters) entre les files de voitures à l’arrêt sur les voies rapides urbaines congestionnées ?
Je m’étais opposé à l’autorisation de la circulation entre les files en tant que ministre de l’Intérieur car je considérais que ni les conducteurs d’automobiles, ni les conducteurs de 2RM n’y étaient prêts et que la légalisation d’une telle pratique accroitrait encore la surmortalité déjà dramatique des conducteurs de 2RM. Toutefois, certains pays voisins expérimentent actuellement cette circulation et la pratique s’est de fait largement répandue. Je considère donc qu’une expérimentation pourrait peut-être être envisagée sous certaines conditions. Il conviendrait d’imposer notamment une limite très stricte sur le différentiel de vitesse entre les autos et les motos qui remonteraient les files.

Le port d’un dispositif rétro-réfléchissant sera-t-il obligatoire pour les motards à partir du 1er janvier 2013, comme prévu dans un décret de janvier 2012 ?
Il est essentiel d’améliorer la visibilité des motocyclistes : c’est l’objet de cette obligation du port d’un équipement doté de dispositifs rétro-réfléchissants pour tous les usagers de motocyclettes de plus de 125 cm3, à compter du 1er janvier 2013. Il s’agit de la première mesure équipement depuis l’obligation du port du casque. Elle a tout à fait vocation à s’appliquer comme cela est prévu dans le décret. Une fois encore, il ne s’agit pas de stigmatiser les motards mais, dans leur intérêt, de les aider à être mieux vus. Il faut que les autres usagers de la route comprennent la vulnérabilité particulière des conducteurs de 2RM, mais ces derniers ne peuvent refuser de porter les équipements qui les identifient et donc les préservent.

Le candidat à la présidence envisage-t-il d’autres mesures pour améliorer la sécurité des conducteurs de deux-roues à moteur ?
La sécurité des conducteurs de 2RM est, en effet, une très grande préoccupation : en 2010, 24 % des morts sur la route étaient des utilisateurs de deux roues alors qu’ils ne représentent que 2% du trafic.
Pour mieux protéger les motocyclistes, outre l’amélioration de leur visibilité, l’accent doit être mis sur la formation de mon point de vue. C’est pour cette raison que, depuis le 1er janvier 2011, tous les titulaires de permis B doivent passer une formation de 7 heures avant de pouvoir conduire une moto de 150 cm3.

La sécurité des motards, qui n’ont pas de carrosserie et sont donc vulnérables, ne dépend-elle pas aussi, du comportement des autres usagers de la route ?
Je connais aussi une demande forte des motards vis-à-vis des autres usagers de la route et vis-à-vis des pouvoirs publics : qu’on fasse attention à eux sur la route où ils sont particulièrement vulnérables. C’est légitime. Dans le passé, nous avons refusé de généraliser l’allumage des phares en journée pour les automobilistes car cela aurait fait disparaitre l’une des marques d’identification des motards. De même, des progrès ont été faits en matière d’infrastructures même si on peut toujours faire mieux. Aujourd’hui, je n’exclus plus que l’on puisse expérimenter la remontée par les 2RM de certaines files, dans certaines conditions. Il n’y a donc absolument aucune discrimination à l’égard des motards. Mais je suis convaincu aussi que la sécurité commence sur la route quand tout le monde respecte toutes les règles du code de la route.

Publicité
Publicité