Essai

En images

Permis A2 pour tous oblige, les petits trails ont fait une entrée remarquée au catalogue des constructeurs en 2017. Le 310 de BMW joue clairement la filiation avec ses grandes sœurs R1200GS en tête. Outre le préfixe « GS » de ses grandes sœurs, ce monocylindre reprend le bec de canard, les écopes plongeantes autour du gros réservoir et le solide bâti arrière en aluminium pour y fixer ses bagages. Tous les attributs de l’aventurière semblent réunis pour s’évader à son guidon. En selle !

Bon confort
Accessible grâce à une assise creusée et plutôt basse (835 mm ici, 820 et 850 en option départ usine), la GS permet à un aventurier d’1,70 m de maintenir les 170 kg de la bête les deux pieds bien au sol. Le guidon large, assez près du buste, autorise un bon guidage. L’assise est plutôt bonne avec une position « dans la moto ». La selle creusée, bien dessinée, permet d’enchaîner les kilomètres sans jamais se fatiguer. Lorsque l’on se lève pour une conduite typée enduro (voir ci-dessous), les repose-pieds crantés et le réservoir haut offrent de bons points d’appui et garantissent un bon équilibre. Seuls désagréments, les leviers de frein et d’embrayage non réglables sont trop écartés des poignées et la protection de la petite bulle est perfectible. Le réservoir enveloppant protège efficacement les jambes.

Monocylindre vivant
Roadbook scotché sur le réservoir, nous voilà partis pour 100 km d’un tracé routier tortueux au départ du Châteaux-Lastours, près de Narbonne.
Le moteur volontaire de la petite GS est un bon allié sur le réseau secondaire. Avec 34 ch, suffisamment de couple pour les relances et un petit coup de peps passé 6 000 tr/min, le bloc a du caractère et sa sonorité rauque enchante. Dommage que sa boîte de vitesses, dure et peu précise, gâche un peu le plaisir à la longue.
Capable de dépasser les 130 km/h sur voie rapide, ce monocylindre fait mieux que la Honda 250 CRF Rally (testée par Fred & Aldo en Amérique du Sud), mais moins bien que le twin de la Kawasaki Versys 300 ou que le mono du roadster 390 Duke de KTM.

Petite taille mais grand confort
Côté partie-cycle, la GS s’en sort toujours bien sur la route et lors des traversées de villages.
Grand guidon aidant, elle se dirige avec aisance à basse vitesse. Le court rayon de braquage permet des demi-tours rapides ; un bon point pour la ville. Stable sur l’angle, elle ressort aussi facilement des virages.
C’est à un rythme plus soutenu en entrées en courbe qu’elle se montre moins précise. Certes les pneus à gros crampons de notre machine d’essai ne favorisent pas la précision de guidage, mais la fourche trop souple et non réglable est bien en cause ici. Elle est mise à mal par le mordant « on/off » de l’impressionnant frein avant qui amène la GS a pointer souvent le nez vers le sol. Bref, on est loin de l’efficacité du train avant Telelever de la grande sœur.

Verdict
Si le cadre « off-road » de cet essai ne fait pas honneur aux suspensions de cette mini-GS, la partie routière de notre essai nous a permis de découvrir une machine confortable au moteur volontaire. Un bon compromis entre une Honda CRF Rally, plus à l’aise dans les chemins et moins sur route, et une Versys, plus performante côté moteur mais moins confortable et plus impressionnante pour débuter.

 

Off-road : pour débuter, pourquoi pas ?
Une fois notre boucle routière terminée, de belles parties off-road nous attendent sur les pistes du domaine du Château-Lastours, haut lieu du rallye automobile en France. Sur les chemins caillouteux, la petite GS jouit de nombreux avantages : son faible encombrement permet de la placer sans trop d’angoisse et de la rattraper du pied sans crainte. Son moteur suffisamment pétillant l’autorise aussi à suivre des GS 1200, voire à les dépasser dans les parties les plus sinueuses. Enfin, grâce à un ABS déconnectable, on peut s’attaquer à de vrais dévers sans craindre de finir dans le décor.
Amusante, la G310GS permettra de mettre le pied à l’étrier à tous ceux et celles qui voudraient s’initier à la balade off-road.
Ceux déjà initiés à l’exercice lui reprocheront par contre ses suspensions beaucoup trop souples et peu freinées en hydraulique. Elles atteignent très vite leurs limites. L’amortisseur uniquement réglable en précharge talonne très rapidement, et la fourche se détend à son maximum au moindre saut. Ses jantes à bâtons supporteront moyennement ces exercices s’ils devaient se répéter. Mieux vaut donc garder les deux roues au sol, et prendre cette GS pour ce qu’elle est : une moto facile pour débuter, parcourir la ville et la campagne en semaine et, pourquoi pas, se promener tranquillement dans les chemins le week-end.

Fiche technique

BMW G 310 GS ((données constructeur)
Moteur
- Type : monocylindre refroidi par eau ; 4 T, 2 ACT, 4 soupapes
- Cylindrée (al. x cse) : 313 cm3 (80 x 62,1 mm)
- Puissance maxi : 34 ch à 9 500 tr/min
- Couple maxi : 2,8 m.kg à 7 500 tr/min
- Alim./dépollution : injection / Euro 4
Transmission
- Boîte de vitesses : 6 rapports
- Transmission finale : par chaîne
Partie-cycle
- Frein Av (étrier à x pist.) : 1 disque Ø 300 mm (4 opp.)
- Frein Ar (étrier à x pist.) : 1 disque Ø 240 mm (1)
- Pneus Av-Ar : 110/80-19 - 150/70-17
- Réservoir (réserve) : 11 litres (1)
- Poids à vide : 169,5 kg
- Hauteur de selle : 835/850/820 mm
- Coloris : blanc, rouge, noir
- Garantie  : 2 ans pièces et M.O., assistance
- Prix : 5 900 €

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