Essai

Ergonomie pénible, moteur difficile (brutalité, embrayage à sec…), et surtout un train avant aux réactions imprévisibles : le comparatif entre la KTM Super Duke et la Ducati Streetfighter 1098 (Moto Mag n°270) avait tourné à la correction pour la belle italienne. Mais avec cette version « 848 », tout cela appartient maintenant au passé.

Oubliés, les défauts de l’aînée

Les modifications sont légères mais nombreuses : position de conduite revue (guidons rehaussés de 20 mm), angle de colonne fermé de 1,1°, chasse réduite de 9 mm, tout en gardant le même empattement (déport des tés modifiés), lois d’amortissement plus souples et moteur plus doux (le Testastretta 11° en version 848) équipé d’un embrayage en bain d’huile.

Rajoutez un prix plus en phase avec le marché tout en gardant le contrôle de traction de série, et voilà la petite Streetfighter 848 prête à affronter son destin ! Au premier coup d’œil, on note que les purges budgétaires ont pris leur dû… Exit les étriers monoblocs, l’amortisseur de direction, les caches alu de radiateur et autres carters faits de nobles alliages. Mais la ligne typique et racée n’en souffre pas plus que ça.

En selle !

Ah, c’est mieux. Même si on est encore en appui sur les poignets, le buste est moins basculé sur l’avant, un agrément qui s’ajoute à une direction allégée par sa nouvelle géométrie et la disparition de son amortisseur. Mais la chaleur du twin et le diamètre de braquage (plus de 6 m) vous rappellent qu’une Ducat’, c’est fait pour les grands espaces. En route donc, pour les environs vallonnés de Maranello (vous savez, les Ferrari…).

Dans les virolos

Dès les premières courbes avalées à un rythme… sportif, la nouvelle géométrie du châssis dévoile ses atouts. Plus besoin de contre-braquages forcés pour tourner, de déhanchements exagérés pour suivre une courbe. Cette « SF » est plus neutre, plus facile, bref, plus intuitive et rigolote et rappelle le bon châssis d’une Monster 1100 Evo, même s’il faut raffermir la fourche avant (détente et précharge), bien trop souple en réglages d’origine. Tout comme l’amortisseur arrière, d’ailleurs.

Un twin agréable et rageur

Quant au moteur, c’est un vrai petit bijou, bien plus agréable que le caractériel « 1098 » au quotidien. Assez souple, plein de rondeur et rageur de 5.000 à 9.000 tours, ce « 848 11° » est en osmose totale avec ce châssis remanié. On se plaît à moduler les rapports pour l’entendre gronder et lâcher ses 132 ch (la puissance idéale pour ce genre de machine). Le seul bémol concerne le couple, perché à 500 tours de la puissance maxi, qui limite l’élasticité du twin : sous les 3.500 tr/min sur les intermédiaires, point de salut !

Verdict. Approuvé par Moto Mag ! Cette 848 et ses choix techniques pertinents (châssis, moteur) risquent de sonner le glas de la carrière de la « 1098 », d’autant que pour 2012, seule la version « S » à près de 19 000  € (soit 6 500  € de plus !) restera au catalogue. Mais au-delà de cette guerre fratricide, la Streetfighter 848 se présente comme une sérieuse prétendante au titre de meilleur roadster sport. Son prix de 12 490 € la rend concurrentielle face aux européennes de race (Triumph 1050 Speed Triple, Aprilia 1000 Tuono, KTM 990 SMT…) ! Ça sent le comparatif pointu à venir…

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