Road Trip : Un aller retour à Valence en Zontes

Par Nicolas Baudon

Thomas Baujard

4 décembre 2025

1600 km en 8 jours à dos de Zontes 703 F Adventure, ça fait des souvenirs, et matière à raconter. Le trois pattes est un bon compagnon de voyage.

Par Thomas Baujard, photos Jeff Muguet et TB

Mardi 11 novembre, 16 H45, dans le desert de Monegros, à 50 bornes au sud de Saragosse sur la très rectiligne A 222. On se croirait sur la lune : des caillasses, de petits canyons et des montagnes pelées. Et autour, le néant. Je songe à la phrase de Renaud : « pas un troquet, pas une mobylette, rien ! » Enfin si, quelques caisses et camions qui passent à intervalle réguliers, et qui m’empêchent de fignoler ma photo statique au coucher du soleil.

D’un coup, comme dans un film d’Emir Kusturica, apparaît un personnage loufoque comme sorti de nulle part : un gonze portant un costume type DDE jaune fluo, et chevauchant un VTT à assistance électrique. « Ca va ? » me balance-t-il en Espagnol, voyant ma moto stationnée comme si j’étais en panne. « Nickel, je prends juste des photos. » « –Ah OK, salut alors » et je le vois poursuivre sa route. Effectivement, si j’étais tombé en rade dans un endroit pareil, ça n’aurait pas été la même.

Je remonte sur mon fier destrier, fait demi-tour, et fête la fin de la séance photo d’une franche accélération. Aussitot, la jauge essence, qui marquait 80 km, indique maintenant « réserve », en clignotant. Oh putain. C’est quoi cette jauge farceuse ? Je stoppe sur le bas-coté, ouvre le bouchon du réservoir, secoue la meule. Rien, pas un bruit. Ou alors une espèce de glou-glou microscopique tout au fond du résé. Je suis quasiment à sec. Sa mère la naine. Je reclipse le bouchon du réservoir, dégaine le portable, et cherche une station service.

Coup de bol, même en plein désert, il y a du réseau, et une station Repsol à cinq bornes. Bon, il s’agit de ne plus gâcher la moindre goutte de carburant. Je démarre au ralenti, puis monte les vitesses jusqu’en 5, et me cale à 60 km/h en serrant les miches. Parce que la route est désormais en faux plat montant. Si jamais je tombe en panne sèche maintenant, j’en suis quitte pour deux heures de poussette si personne ne s’arrête. Ces dix minutes de route me semblent durer une plombe.

Je suis tendu comme un string, à l’affut du premier hoquet du trois pattes, mais ce dernier ronronne, imperturbable. Et puis la route redevient plane et j’aperçois le logo Repsol à l’horizon. J’ai jamais été aussi content de le voir, celui-là. En arrivant à la pompe, j’ouvre à nouveau le résé, et secoue furieusement. Plus rien. J’ai dû cramer les dernières gouttes d’essence en arrivant. Quel bol ! Allez, hop, le plein, une paire de biscuits, un coup d’eau, et c’est reparti pour de nouvelles aventures. C’est que j’ai encore plus d’une heure de route pour rejoindre Teruel.

Un repas qui commence par le dessert

Trois jours plus tôt, après réception de la Zontes 703 F Adventure et d’une CFMoto 800 MT-X chez QDN64 à Saint Jean de Luz (merci les gars !), on met le cap sur le mont Artzamendi pour quelques photos souvenir. Jeff Muguet, photographe de talent et fin connaisseur du Pays basque où il réside, chevauche la MTX. Mon fils Jules, 15 ans, et ma pomme sommes sur la Zontes.

Comme on n’a pas le budget pour partir tous les trois jusqu’à Valence, on s’est dit qu’on allait prendre quelques clichés près de chez nous pour donner envie aux tarmos de voyager, avant que je ne taille la route seul. Je découvre donc le maniement de la 703 Adventure F dans le centre ville de Biarritz avec trois valoches au cul et un passager. Au départ, je dois faire preuve de concentration pour emmener les 236 kilos du bestiau mes 75 kilos, plus les 60 kilos de junior et les 10 kilos de bagages.

Le poids haut placé (84,5 cm de hauteur de selle) peut s’avérer casse-gueule à basse vitesse, et je répudie à utiliser le shifter pour ne pas secouer mon passager. Sans toutefois y parvenir. « T’es en mode sport, passe en mode éco papa. » Dès que j’ai le dos tourné, Jules dépiaute le mode d’emploi de tout ce qu’il trouve et l’apprend par coeur. Ca peut servir. D’une pression au commodo droit, je sélectionne le mode éco, et les à-coups à la remise des gaz cessent.

On profite à présent sans retenue de la souplesse et de la mélopée ennivrante du trois cylindres en ligne, comme du confort de pacha offert par la selle et les suspensions. « Ca change de ton scooter, j’ai l’impression d’être dans un fauteuil club » ajoute Jules. Effectivement, le gabarit imposant du bestiau offre de la place pour les jambes, une excellente protection, et ne vibre pas. Une sorte de gros canapé roulant, qui avale les dos d’âne sans sourciller grâce à ses débattements de suspensions XXL (180 mm AV/AR).

Arrivés devant chez Rental Motorcycle à Bidard (magasin de location motos qu’on vous conseille), on récupère notre guide Jeff, et on part à l’assaut de la montagne. Le temps est splendide mais la route encore humide, donc on y va mollo. Direction Saint-Pée sur Nivelle par la nationale, puis à droite à Espelette, et juste après, on enquille par une petite route au sud est pour rejoindre le sommet Artzamendi à 926 m.

Jeff étant un aventurier (un vrai), on ne passe pas par le Pas de Roland, qui est déjà étroit, mais par une minuscule route de montagne d’abord à flan de coteau, puis en fond de vallée, avec un ruisseau en contrebas (voir trace GPS). On enchaine les zones de clair obscur où il est difficile de repérer les feuilles qui tapissent le sol, avec des portions découverte où l’on prend le soleil en pleine poire. La route serpente et grimpe à plus de 20 %.

Je serre les miches pour ne pas caler dans les épingles, ce qui serait synonyme de chute. Les chasseurs stationnés sur le bas-côté dans leur gros pick-up nous regardent goguenards, mais répondent à notre salut. Seulement, quand on doit croiser des caisses qui redescendent de la montagne, ça passe au millimètre. Après un quart d’heure de pilotage stressant, on s’extraie de ce maudit boyau, et on se retrouve au milieu d’un cirque de montagnes. C’est beau ! La Zontes vient de gagner ses premiers galons d’aventurière, et les Pottocks (petits chevaux sauvages qui paissent en liberté, prononcez « potioks ») nous regardent passer. 10 minutes plus tard, on arrive au sommet de l’Artzamendi.

Pas un nuage, les sommets des Pyrénées enneigés d’un côté, et l’océan au loin de l’autre. C’est beau. « Tu crois que ça va donner envie aux motards de rouler ? » ironise Jeff ? « Si ça ne le fait pas, c’est à désespérer. » Tant qu’on y est, on shoote quelques statiques, et constatons le bon niveau de finition de la Zontes. Plastiques bien ajustés, bulle réglable électriquement hyper pratique, protège mains de série. Suspensions Marzocchi, pneus Michelin Anakee top moumoute, belles jantes à rayon tubeless, poignées chauffantes de série. Et le détail qui tue : des valises Shad extensibles qui permettent de loger un intégral dans la sacoche de gauche, et deux dans le top case.

Pour 9 000 euros tout compris, il n’y a pas moquerie. Tour du propriétaire achevé, on prononce la phrase rituelle de l’essayeur moto globe trotter : « C’est beau, Hein ? Allez, on se casse ! » Puis on remet le cap sur la maison. Sur un bout de route déserte, on a même le temps de tirer le troisième rapport jusqu’au rupteur à 13 000 tr/min. Ca chante dans les tours, ce moulin ! Mais bon, là on l’on l’utilise le plus en usage trail, c’est entre 4 et 6000 tr/min, et là, il manque un soupçon de gras par rapport à un trois pattes Triumph.

Bon, on pinaille, mais ça se sent. Même si à la décharge du 703, en duo chargé, il a 381 kilos à emmener. Un salut à Jeff, qui repart de son côté pour de nouvelles aventures, et on retraverse Biarritz. Avec 3 heures de motos dans les pattes, la Zontes semble bien plus facile à manier en ville. Comme toutes les grosses motos, l’Adventure réclame une accoutumance.

De retour à la casbah, le bilan est néanmoins positif. C’est sûr, on n’ira pas faire de chemin avec ce gros trail, mais pour tailler la route, il semble paré. Allez, une journée de repos puis préparation des bagages, le plein, et direction l’Espagne. Olé !

Trans-ibérique

Quand on part pour une semaine de reportage sur un GP, on a toujours un paquet de bazar à emporter. Ordinateur portable, connectique, fringues de boulot, plus l’équipement de tarmo. Les trois valises sont pleines, et je dois même emporter un sac à dos pour trimbaler mon costard pour la remise des prix dimanche soir. Je le dispose à plat sur la selle passager et les sacoches, et constate avec plaisir que les platines repose pieds passager et les supports de valises sont pratiques pour accrocher des tendeurs.

10 H 30 du mat, smartphone dans la poche et écouteurs pour le GPS dans les oreilles, je met le cap sur Saragosse par l’autoroute. Ce n’est pas la partie la plus émoustillante du trajet, mais pour juger des aptitudes de voyage d’une machine, c’est parfait. Je me cale à un petit 140 compteur. Que j’évalue empiriquement à un 130 chrono, vu que je ne dépasse pas des masses de caisses alors que l’autor est théoriquement limitée à 120 km/h. A 6000 tr/min en six, le bloc chinois ne vibre absolument pas. Contrairement à certains régimes intermédiaire où il brouille l’images des rétros, sans que ce soit inconfortable au niveau des mains où du séant.

En revanche, il boit, l’animal ! OK, il doit y avoir 40 Km/h de vent de face dans les cols pyrénéens, mais la conso instantanée annonce un gaillard 9 L/100 km. Je me dis qu’avec la bulle haute et les sacoches, le Cx doit être moyen, mais tout de même. La jauge essence pique rapidement du nez, et après 200 bornes, je remet quasiment 20 L dans le résé. Gloutonne, va ! Le pilote, lui, est comme un coq en pâte.

Protection de la bulle et des protège-mains au top. Excellent confort selle/Suspensions. Instrumentation riche qui permet de suivre le périple avec précision. Il ne manque qu’un régulateur de vitesse et une jauge carburant plus précise pour que ce soit parfait. A l’est de Saragosse, je mets cap au sud par l’A222, et après avoir frôlé la panne sèche, je m’enfonce progressivement dans la nuit au milieu des montagnes.

Juste avant le petit village d’Utrillas, l’A222 débouche sur la N420, et on attaque la Sierra de San Just, qui culmine à 1522 m. Un vent glacial balaie les sommets. J’enclenche les poignées chauffantes, et les pleins phares avec le commodo gauche, qu’on actionne sans le vouloir à tout bout de champ.

SVP, Zontes, décalez ce foutu bitoniau vers la droite, car vu la puissance de l’éclairage, on éblouit involontairement quantité de conducteur en sens inverse.

En roulage de nuit cependant, on y voit comme en plein jour, et c’est un bonheur d’enchainer les grandes courbes avec un tel sentiment de sécurité dans le noir. Le cadre alu moulé visiblement rigide, l’accord des suspensions et le grip des Michelins Anakee participent à ce sentiment de sécurité.

Mais avec tout ce poids haut placé, il faut une certaine expérience pour inscrire la machine en virage avec la bonne quantité d’angle au bon moment. Bonne machine, mais pas conseillée aux débutants.

Il est 20 H quand j’atteins la magnifique cité de Teruel, avec ses remparts et son centre historique niché au milieu des canyons. Spectaculaire ! Allez, un petit hotel à 60 euros la nuit avec garage et resto à 100 m (Hotel Oriente, allez-y les yeux fermés). Manger et dodo, demain, il fera jour.

Western tortilla

Le lendemain, il fait jour, beau, et chaud. J’en transpire dans mes fringues d’hiver, au point d’en enlever une couche au premier arrêt photo. Depuis Teruel, que je quitte à regret sans avoir eu le temps de visiter, la N330 slalome plein sud au milieu d’un petit canyon de roches ocres. On se croirait au Maroc, et la route inviterait à l’arsouille, si ce n’était la terre qui la jonche du fait des importants travaux de réfection environnants.

J’y vais mollo sur l’angle et bénit mes pneus trails. 20 km plus au sud, l’asphalte est à nouveau propre, je passe en mode sport, et dans les lacets, décide de voir ce que cette Zontes a dans le ventre. Entre 6 et 10 000 tr/min, le trois pattes se fait rageur, mais il reste facile à utiliser. C’est un régal de précision aux gaz, avec toujours cette linéarité, et juste ce qu’il faut de frein moteur.

Les suspensions continuent à bien faire leur boulot, avec une plongée plus marquée au freinage et à l’accélération, sans toutefois déstabiliser l’ensemble. Et le feeling du freinage avec son « Bzzzz ! » à chaque décélération reste top. Cependant, une fois encore, le gabarit important de l’ensemble réclame beaucoup de précision pour inscrire la moto au bon moment en virage. Avec une sensation de vertige désagréable en entrée de courbe quand la Zontes plonge à la corde avant qu’elle ne se stabilise une fois sur l’angle. Là où une Multistrada V4 ou une BM R 1300 GS vous mache le travail, vous devez vraiment vous employer à être précis pour éviter les chaleurs. Mais bon, ces Européennes sont trois fois plus chères, heureusement qu’elles marchent mieux.

Cela dit, au guidon de ma Zontes, je me fais plaisir. Je garde juste un peu plus de marge pour éviter de me faire surprendre et élargir. Ce qui sur route n’est pas une mauvaise politique. Je pense qu’il faudrait un tour de Corse complet pour être en symbiose avec la 703 F, et qu’après, ce serait l’éclate. Mais 50 bornes plus loin, je ressors de mon canyon à Ademuz, et la N330 se fait à nouveau bien plus roulante. Ce sera pour une autre fois. Pause déjeuner au soleil dans un troquet qui borde la route, et c’est reparti cap sud/sud est, direction Valence.

Un peu comme au sud de la Catalogne, aux abords du circuit de Motorland Aragon, je suis surpris de me retrouver à nouveau plongé dans d’immenses forêts. Viaducs, villages à flanc de coteaux, le paysage rappelle celui de la Lozère et des Cévennes. C’est beau, et complètement désert. Incroyable. Cela fait 20 ans que je viens à Valence pour le GP, et jamais je n’aurais soupçonné une telle nature sauvage à une heure du circuit. « Et encore, tu n’as pas vu le coin d’Albaracin, à l’ouest de Teruel, m’explique un pompiste. C’est beau comme en Toscane. » OK. Il y a vraiment de quoi faire dans la région. Une fois parvenu à Utiel, je retrouve l’Autoroute, et file jusqu’à Montroy, ou j’ai trouvé un AirBnB défiant toute concurrence : 240 euros pour cinq nuits !

Bon, je dispose d’une mansarde et d’une salle de bain partagée, tandis que la Zontes dort dehors. Mais l’endroit remplit son office, et le bled paisible rend toute dégradation de ma moto improbable. De plus, le stationnement dans la rue est gratos, ce qui devrait être le cas partout, bordel !

GP Circus

L’autre avantage de Montroy, c’est que je suis à 50 m d’une station service, établissement que ma gloutonne de Zontes affectionne. En 1700 bornes, j’aurais dépensé 195,72 euros de carburant, ce qui est pour moi un record, à part sur une sportive. Mais bon, par rapport à un Hummer, ça reste du pipi de chat, et je me prends d’affection pour mon trois cylindres à l’appétit féroce.

Le soir venu, je pars retrouver mon vieux complice Peter Bom (l’expert technique qui officiait dans feu GPMAG) à la Tagliatella, excellente pizzeria du centre commercial Bonnaire, où mange aussi toute l’équipe Tech3. En garant la Zontes dans le parking souterrain, je songe qu’un an plus tôt, l’endroit était innondé suite à la tempête DANA. Les Espagnols ont fait un sacré boulot pour retaper leur agglomération. En se baladant dans les faubourgs, il ne subsiste aucune trace de la catastrophe qui avait détruit trois des quatre accès du circuit à Cheste, et mis le tracé sous l’eau !

Le lendemain à 7H 30, j’ai le sourire. Au lieu de me traîner jusqu’au circuit en caisse de loc, je vais fendre les encombrements à dos de Zontes. Total : la jolie CV 50 bordée d’orangers et sinueuse à souhait est déserte. Et je gare ma meule à 10 mètres de l’entrée du paddock. Royal. Un autre détail m’amuse : quand on arrive habillé en tarmo dans l’enceinte du paddock, les gens sont surpris et souvent envieux. Car la plupart des techniciens sont également motards.

Je passe donc le week-end à me changer dans les toilettes du circuit après le petit dèj, ce qui ne manque pas d’amuser mes collègues de la salle de presse (itv d’Hervé Poncharal, Massimo Meregalli et Christophe Bourguignon à venir sur ce site, restez connectés !). Heureusement, un casier photo largement dimensionné me permet de loger tout mon barda.

Dimanche soir, après avoir été assister à la cérémonie de cloture du championnat en costard (voir notre debrief premiers essais MotoGP 2026), je me change une dernière fois avant de tailler la route. Une dernière Pizza à la Tagliatella pour dire au revoir à Hervé Poncharal, dont c’est officiellement l’ultime GP après 40 ans de carrière, et c’est l’heure d’aller se pieuter. Demain, il y a 600 bornes d’autor au programme.

Sprint final

Lundi matin, 9 H, il fait beau, et je vais faire le plein puis prendre mon petit dej dans le bled voisin de Montserrat en laissant la température grimper un peu pour éviter de se les geler sur les hauts plateaux. Dans le café typique que j’ai dégoté en bordure de rond-point (suffit de suivre les locaux !), les habitués lisent leur journal ou regardent la télé. Alors que j’ai déjà la tête dans mon roadbook. Jusqu’ici, l’application Waze de mon smartphone ne m’a fait que deux plans foireux, je décide donc de l’utiliser pour le trajet du retour.

En ficelant mon sac à dos à l’arrière de la Zontes, je me dis que de ne pas avoir à chercher son chemin en roulant est quand même un sacré plus question sécurité, surtout à l’étranger. Les panneaux ne sont qu’une confirmation de la route choisie, ce qui permet de se concentrer sur le trafic. En ce lundi matin, l’A7, autoroute qui contourne Valence, est chargé, et au premier carton, un important bouchon se forme.

Contrairement aux autres tarmos français qui essaient de se frayer un chemin entre la seconde et la troisième voie de l’autor avec leurs sacoches, j’opte pour la bande d’arrêt d’urgence en y allant mollo avec les warnings, ce qui me sort de la mélasse plus rapidement, et sans danger.

Je jette juste un œil aux conducteurs de 38 tonnes pour voir si l’un d’entre eux ne va pas avoir la bonne idée de me serrer (comme cela s’est passé cinq minutes plus tôt en début de ralentissement). Mais tout se passe bien.

Arrivé à Sagunto, trente bornes au nord de Valence, il est temps de quitter la côte pour attaquer la montagne par l’A23. L’application Waze m’indiquant précisément les radars, je me cale à 150 compteur, et prend mon mal en patience. Qu’est ce que c’est chiant l’autor ! Mais bon, à cette cadence, les bornes défilent, et si la température s’abaisse à 8°c, je profite de la protection généreuse et des poignées chauffantes pour tracer en tout confort.

Un premier arrêt carburant à Teruel sous une pluie fine, et je repars. Vers midi, j’arrive déjà à Saragosse, quand Waze me joue des tours et m’expédie sur la mauvaise bretelle d’autor. C’est la deuxième fois, bordel ! Second ravito, j’examine la cafétéria qui sert du rat mort, et repart. Deux autres cafettes sont éconduites sans autre forme de procès, et je trouve finalement une salade correcte à 50 bornes au nord ouest sur l’AP68, qui me ramène vers Pampelune.

Le temps de faire la causette avec un couple de tarmos français qui reviennent du GP de Valence, et c’est reparti. Au nord de Pampelune, l’A15 est nappée de brouillard, et j’apprécie de rouler moins vite, parce que sans les bouchons d’oreille, les sifflements aérodynamiques finissent par devenir abrutissant.

A San Sebastian, un nouveau carton bloque l’autoroute, mais grâce à la Zontes, je passe, et à 16 H, je franchis la frontière pour retrouver « le Pays basque nord » comme disent les locaux.

600 bornes en 6 H, elle carbure la cocotte. Cette Zontes 703 F Adventure est décidément une machine attachante, qui m’aura facilité la vie pendant une semaine, et à laquelle je me suis attaché.

Je vous la conseille donc, à deux réserve près : son gabarit impose de mesurer au moins 1 M 75. Et vu qu’elle est casse-gueule à l’arrêt et délicate quand ça va vite, un minimum d’expérience est requis. Quant au rapport prix/prestation, il est imbattable, comme souvent désormais avec les machines chinoises. Longue vie à Zontes !

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