Après 6 mois de mise en place de sa mesure de restriction de circulation, Paris a, selon nos confrères du Parisien dans son édition du 17 avril, multiplié les verbalisations pour absence de vignette Crit’Air par le biais des ASP, soit la police municipale. Ainsi entre le 1er janvier et le début du mois d’avril, 3339 procès-verbaux ont été rédigés par les ASP pour absence de vignette, contre 176 pour toute la deuxième moitié de 2017. Soit une multiplication par presque 20 du nombre de PV sur une période inférieure de moitié.

La raison de cette augmentation ? D’une part, la verbalisation du stationnement est passée sous la férule de la mairie de Paris ; d’autre part, ceux qui circulent sans y être autorisés ne sont plus les seuls à être visés, les distraits ou récalcitrants qui n’ont pas acheté cette fameuse vignette Crit’Air le sont tout autant. Autrement dit, si votre véhicule a le droit de rouler (véhicule récent « dépollué »), mais qu’il n’arbore pas son macaron, vous êtes quand même passible d’une amende de 68 € (soit le même « tarif » que si vous n’étiez pas autorisés à circuler).

Petit rappel, depuis le 1er juillet 2017, il n’est plus autorisé de rouler à Paris les jours de semaine avec un véhicule ne disposant pas d’une vignette Crit’Air de niveau 4 ou moins. C’est ainsi que les deux-roues motorisés mis en circulation avant le 1er juin 2000 sont interdits de circulation dans la capitale en dehors des soirs et week-ends.

De plus, la zone soumise aux restrictions de circulation pourrait être étendue, à compter de 2019, jusqu’à l’autoroute A86.

« Tuez-les tous, Dieu reconnaitra les siens »
Pire encore, Christophe Najdovski, adjoint au maire de Paris chargé des transports et de l’espace public, précise que les verbalisations pourraient intervenir sur des véhicules en stationnement dès lors qu’ils n’affichent pas leur vignette Crit’air. Problème, certains véhicules ne sont tout simplement pas éligibles à ce fameux sésame, car trop anciens et ne peuvent donc logiquement l’arborer. Ils seraient alors susceptibles d’être verbalisés alors qu’ils ne circulent pas et n’enfreignent donc aucunement la loi.

Interpellé sur cette question par la FFMC Paris Petite Couronne, en marge d’une réunion sur les nouvelles dispositions de verbalisation, l’adjoint au maire visiblement embarrassé s’est alors tourné vers son adjoint à la sécurité, qui benoitement suggère que les futures victimes de cette chasse à la vignette contestent l’amende, assurant que dans ces conditions le PV devrait être annulé. Après la guerre préventive, voici le PV de présomption...

Cet imbroglio prendrait presque un caractère comique quand on sait la guerre des polices à laquelle se sont livrées la préfecture de Police et la mairie de Paris autour de la verbalisation des véhicules en stationnement avec l’affaire « Streeteo ». Espérons que la police municipale saura faire preuve de plus de professionnalisme que les salariés de cette structure.

Un dispositif qui s’étend
Plusieurs autres villes ont emboité le pas à la capitale puisque de nombreuses municipalités parmi lesquelles Lyon, Strasbourg, Grenoble, Toulouse, Lille, etc. ont mis en place des ZCR (Zones de Circulation Restreinte).

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