Quatorze filles se sont crêpé le chignon, ou presque, pour la victoire de la seconde et dernière manche de la Dream Cup... Ambiance très décontractée chez les pistardes
Elles étaient quatorze au départ de la deuxième (et dernière) épreuve de la Dream Cup, le 1er juillet sur le circuit Carole. Peu nombreuses certes, mais enthousiastes et super motivées !
Le sport moto au féminin, peu de médias s’en font le relais. Il faut dire que les épreuves sont rares et, finalement, presque snobées. Pourtant, les filles ne manquent pas de cran et n’hésitent pas à visser la poignée de gaz autant que les mecs : au moins une raison pour parler d’elles !
Interview de deux pilotes qui nous exposent leur vision de la pratique pistarde.
Carole GONCALVES, « vainqueuse » de la Dream Cup 2006
« J’ai 29 ans et je roule en moto depuis huit ans. Cela fait quatre ans maintenant que je tourne presque exclusivement sur circuit, suite à un gros ras-le-bol de la conduite sur route : marre des radars, marre du danger, peur de l’accident... Le circuit me permet de progresser en sécurité. J’ai décidé de me lancer en compétition après avoir participé à un week-end d’initiation original organisé par un moto-club allemand : il y avait des essais libres, des qualifs et une course, on s’y croyait ! La Dream Cup m’a offert une super opportunité pour débuter, c’est plus sympa de rouler entre filles. Pour l’an prochain, j’hésite entre l’European Women’s Cup et la French Cup, ça dépendra de mon budget. Mais j’espère bien également rouler à nouveau en Dream Cup. »
Joëlle LOGLISCI
« Je veux bien vous dire mon âge, mais seulement dans le creux de l’oreille : j’ai 49 ans et c’est ma première saison de course ! J’ai toujours été passionnée par la moto de vitesse, j’admire les pilotes qui tombent et repartent (moi je n’ai jamais chuté !), ceux qui ne lâchent pas jusqu’au drapeau à damiers... Je roule en moto depuis 10 ans seulement. J’ai débuté avec une Cagiva Mito 125, puis j’ai choisi une moto cool, une 535 Virago que j’ai gardée six mois, pour enfin passer à mon rêve de toujours : une sportive, la Yam YZF 600. Puis j’ai roulé un an en BMW 1200 RS, mais c’était pas mon truc. Alors on a cassé la tirelire pour s’offrir deux 600 CBR de course d’occasion et depuis un an, on roule sur circuit en famille avec mon mari et mon fils de 19 ans, on se partage les motos ! Je n’ai aucune ambition, mon seul but est de rouler, apprendre, progresser dans le pilotage et me faire plaisir encore longtemps sur les circuits. »
Propos recueillis par Catherine Druelle
En première ligne, sur la prégrille, la conversation est très animée. Les pilotes seraient-elles en train de se crêper le chignon ? Pas du tout, elles comparent... les bestioles porte-bonheur embarquées sur leurs motos ! Trente secondes avant l’entrée en piste, elles discutent toujours, cette fois-ci du confort respectif de leurs combinaisons !

Pas stressées par l’enjeu les filles ! Il faut dire qu’il n’y a que deux courses et que les primes d’arrivée sont symboliques (100 à 25 € pour les 4 premières de chaque catégorie, 600 et 1000). Alors, pourquoi viennent-elles en Dream Cup ? « Pour rouler entre filles », répondent-elles à l’unanimité. Elles apprécient l’ambiance sympa, la solidarité et l’entraide entre les pilotes, ainsi que le respect mutuel sur la piste. Seules deux d’entre elles se seraient peut-être lancées en compétition masculine s’il n’y avait pas eu la Dream Cup cette année : le niveau trop élevé en Promosport et l’agressivité des hommes en course rebutent les autres concurrentes. Certaines envisagent tout de même, une fois l’expérience indispensable acquise entre filles, de participer à quelques épreuves d’Endurance, et les plus ambitieuses lorgnent vers l’European Women’s Cup ou les coupes de marque.
Au niveau des doléances, toutes déplorent avant tout le faible nombre de participantes. Viennent ensuite le peu d’épreuves (deux !) et le manque de médiatisation. Pour y remédier, les organisateurs envisagent de passer à 3 ou 4 courses en 2007. Ils espèrent la participation d’une bonne vingtaine de concurrentes, gage d’ « arsouille » à tous les niveaux. Les frais d’engagement très élevés sont également cités : 350 € pour une course et 500 € pour les deux, c’est un frein certain aux nouvelles vocations. Espérons que les principaux (et prestigieux) partenaires de la Dream Cup s’engageront davantage financièrement l’an prochain, afin d’épargner le maigre portefeuille des pilotes.
Catherine Druelle - 24/07/2006
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