Nicolas Sarkozy (UMP)

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PRISE EN COMPTE DES DEUX-ROUES À MOTEUR : MOTOS ET SCOOTERS

CIRCULATION PLUS FLUIDE
Le nombre de deux-roues motorisés (2RM) est en forte croissance en ville et contribue à améliorer les conditions de circulation. Etes-vous d’accord avec cette affirmation ?

« Oui.
Je constate effectivement que le nombre de deux roues motorisées (2RM) est en forte croissance ces dernières années. Vous avez raison de souligner que cette croissance a des effets positifs, d’abord en termes de facilité de circulation pour celui qui utilise ce moyen de transport, mais également pour l’ensemble des usagers de la route en permettant d’améliorer les conditions de fluidité de la circulation. »

STATIONNEMENT
Le nombre d’emplacements de stationnement en ville est notoirement insuffisant. Etes-vous favorable au stationnement des 2RM sur les trottoirs larges, sous certaines conditions (ne pas gêner les piétons, les personnes handicapées, les poussettes) ?
Que proposez vous ?

« Oui.
Comme vous le savez, la création des places de stationnement n’est pas de la compétence de l’Etat, mais de celle des municipalités. Cela étant, je pense que l’accroissement des emplacements pour les deux roues, sans gêne pour les piétons et les autres usagers de la route, doit accompagner la croissance du trafic de ce type de transport : c’est évident. »

CIRCULATION EN VILLE
Des expériences menées à l’étranger sur la circulation des 2RM dans les couloirs de bus concluent à une amélioration de la circulation, et de leur sécurité. Etes-vous favorable à une telle mesure dans les villes françaises ?

« Oui.
Sur ce sujet, comme sur d’autres, je suis pragmatique et je crois utile de regarder ce qui se fait au-delà de nos frontières pour pouvoir, le cas échéant, s’en inspirer pour réformer notre pays. Comme vous, j’ai constaté que, dans les pays où elle est admise, la circulation des deux roues dans les couloirs de bus donnait de bons résultats en matière de fluidité du trafic, mais également en termes de sécurité des usagers en évitant par exemple les conduites dangereuses comme la remontée des files et les slaloms entre les voitures. Une telle mesure, à laquelle je suis pour ma part favorable, devrait toutefois s’accompagner de marquages au sol permettant de partager l’espace routier entre les deux roues non motorisés, d’une part, les deux roues motorisés, d’autre part. Dans le même temps, il faudra veiller à sécuriser davantage encore la traversée des piétons. »

CIRCULATION ENTRE LES FILES
De même, êtes-vous favorable à légaliser, comme le propose la FFMC sous certaines conditions, la pratique de la circulation entre les files de voitures par les 2RM, sur les voies rapides embouteillées ?
Que proposeriez-vous comme alternative ?

« Non.
Il faut être clair sur ce sujet : la circulation entre les files est une pratique dangereuse dont les 2RM sont les premières victimes. Ce que je propose, c’est plutôt un aménagement routier qui prévoit, sur la partie droite des voies rapides, un « couloir », sans doute plus étroit que les autres, mais dont l’usage serait réservé aux 2RM. »

DISPOSITIONS FISCALES ANTIPOLLUTION
Les constructeurs ont réalisé de grands progrès, qui permettent aux 2RM récents de respecter l’environnement. Etes-vous favorable à la création de mesures fiscales pour encourager le renouvellement rapide du parc circulant vers des véhicules aux normes Euro 3 ?
Quel type de mesure proposez-vous ?

« Oui absolument.
Comme vous le savez, la lutte contre le changement climatique est pour moi une priorité et je me suis exprimé très clairement en faveur d’une fiscalité écologique fortement incitative. Je suis en particulier favorable à l’application d’un taux de TVA réduit sur tous les produits « eco-responsables ». »

AMENAGEMENTS ROUTIERS
Les 2RM évoluent dans un environnement essentiellement conçu pour l’automobile. Rendrez-vous obligatoire la prise en compte des 2RM dans la conception des routes (mobilier urbain, peintures au sol, obstacles latéraux) ?
Quelles seraient vos priorités ?

« Oui absolument.
La route appartient à tous nos concitoyens et il n’y a pas de raison que les uns soient pénalisés et les autres favorisés : l’utilisation partagée de notre réseau routier nécessite que chacun puisse utiliser le bien public en toute sécurité. Il faut poursuivre notre effort pour privilégier des équipements et des conceptions qui prennent en compte les deux roues motorisées. Il faut notamment, dès la conception des infrastructures, éviter la création d’obstacles que viennent heurter les conducteurs de 2RM en cas de chute avec glissade ainsi que les revêtements qui réduisent l’adhérence. »

IMAGE DES MOTARDS
Une réputation détestable est souvent attribuée aux motards. Pensez-vous que cette idée soit fondée ?

«  Absolument pas.
Je ne suis pas de ceux qui pensent que les motards ont une image détestable auprès de nos compatriotes. Ce sont les comportements individuels qui sont parfois détestables et ces comportements ne sont pas l’apanage des motards. Ce qui est sûr en revanche, c’est que toutes les mesures qui permettent de mieux partager la rue, la route et les trottoirs sont de nature à réduire les tensions et il faut donc les mettre en œuvre. »

VOTRE POLITIQUE DE SECURITE ROUTIERE

PERMIS DE CONDUIRE
Nombre d’accidents ont lieu par méconnaissance des spécificités des véhicules avec lesquels nous partageons la route (poids-lourds, deux-roues à moteur, vélos).
Seriez-vous prêt à intégrer au permis de conduire un module spécifique sensibilisant tous les conducteurs aux particularités des 2RM et à leur fragilité en particulier ?

« Oui absolument.
Je suis parfaitement d’accord avec vous. L’enseignement dispensé dans le cadre de la préparation de l’examen du permis de conduire automobile ne fait pas une place suffisante à la connaissance des comportements des autres usagers de la route et notamment les utilisateurs de deux roues, qu’ils soient motorisés ou non. »

TVA SUR LES EQUIPEMENTS DE SECURITE
Le port du casque est obligatoire, et constitue un élément de sécurité incontournable. En Grande-Bretagne, la TVA sur les casques est par conséquent de 0%.
Seriez-vous enclin à baisser la TVA sur les casques et les protections homologuées ?

« Oui.
Ce sera à défendre au niveau européen.
Je suis pour que la TVA à taux réduit s’applique aux produits écologiques. »

FEUX DE JOUR
L’invitation faite aux automobilistes de rouler en feux de croisement le jour noyait les deux-roues dans le trafic, alors que le phare allumé permet de les distinguer. Cette mesure n’a été suivie d’aucun effet positif. La Commission Européenne prévoit néanmoins de rendre obligatoires les feux de jour sur les voitures par construction, en dépit des dangers que cela fait peser sur les usagers vulnérables (piétons et deux-roues) qui seront moins visibles.
Défendrez-vous ce point de vue ?

« Absolument pas.
L’éclairage de jour doit être réservé aux 2RM, y compris de petite cylindrée, qui constituent une des catégories d’usagers les plus vulnérables et qui en outre a le moins bénéficié des progrès enregistrés ces dernières années dans le domaine de la sécurité routière. Il importe donc que nos concitoyens qui utilisent ce mode de transport continuent à être bien vus des automobilistes. C’est un facteur essentiel de leur sécurité et cette priorité n’est, à mes yeux, pas négociable. »

PROGRAMME SCOLAIRE
La sensibilisation à la conduite et aux risques routiers à l’école se limite aujourd’hui à un questionnaire pour l’obtention de l’Attestation Scolaire de Sécurité Routière (ASSR), et à 5 heures de formation pour le Brevet de Sécurité Routière (BSR). C’est insuffisant. Etes-vous favorable à une formation plus élaborée à l’école ?
Que proposez-vous ?

« Oui.
Je propose que la sensibilisation à la sécurité routière et l’apprentissage du code de la route démarrent plus tôt dans la scolarité et soient dispensés de manière régulière, continue et pratique jusqu’à l’obtention du BSR. L’investissement en vaut la peine : c’est la vie de tous qui est en jeu. »

RADARS ET AUTOMATICITE DES SANCTIONS
Les sanctions automatisées, aboutissant au cumul d’infractions mineures, conduisent des milliers de conducteurs à rouler sans permis. Comment comptez-vous régler ce problème ?
Pensez-vous que les problèmes de sécurité routière peuvent être résolus par la multiplication des radars automatiques ?

« Absolument pas.
Je ne l’ai jamais pensé, même si force est de constater que les radars ont permis d’obtenir de vrais résultats : cette politique a permis de sauver 10 000 vies en cinq ans et d’éviter plus de 100 000 blessés. Par ailleurs, je vous signale que, conscient qu’une succession de petites infractions peut conduire certains usagers de la route à perdre leur permis alors même qu’ils ne sont pas des conducteurs dangereux, il a été décidé que les infractions les moins graves donneraient désormais lieu au retrait d’un seul point et que la récupération de ce point s’effectuerait au bout d’une année au lieu de trois. Cette mesure d’assouplissement, qui concilie la poursuite de nos objectifs en termes de sécurité routière et la prise en compte de la réalité des infractions commises par la plupart de nos concitoyens, est applicable depuis le début de l’année. »

CIRCUITS
Des circuits de vitesse permettent de pratiquer la moto dans des conditions de sécurité optimales et peuvent être utilisés pour la formation. Encouragerez-vous leur développement en facilitant l’accès du plus grand nombre à ces infrastructures ?

« Oui.
Je suis favorable à ce que les circuits puissent jouer un double rôle : sécuriser la pratique sportive de la moto et aider à la formation. »

CONTROLE MEDICAL
La conduite d’un véhicule à moteur exige une vigilance, une vision et des réflexes d’un bon niveau. Pensez-vous qu’il faille vérifier régulièrement l’aptitude à la conduite ?
Si oui, quel type de tests proposerez-vous ? A quelle périodicité ?

« Plutôt non.
Je pense qu’il faut développer suffisamment les transports publics ou les formules innovantes telles que les taxis collectifs ou la rémunération de collaborateurs de service public, en particulier à la campagne, pour permettre aux personnes qui ne se sentent plus en état de conduire ou dont le médecin leur a signalé un risque, de pouvoir continuer à se déplacer. »

PREVENTION
La politique de sécurité routière actuelle, axée quasi-uniquement sur la répression, infantilise et aigrit les usagers de la route, et atteint ses limites.
Un volet prévention visible du grand public est-il prévu au sein de votre programme sécurité ?
x Oui x Non
Quelle est la nature de ce volet prévention ?

« Votre question est formulée de manière polémique, c’est votre droit.
Il est toutefois excessivement caricatural de résumer les décisions prises par le gouvernement comme une série de mesures uniquement répressives : mon ministère, avec d’autres, a mené de nombreuses actions de formation auprès des différents publics (scolaires, jeunes conducteurs, monde des entreprises...). Des actions volontaires sont mises en œuvre dans chaque département dans le cadre des plans départementaux d’action de sécurité routière (PDASR). Le volet prévention existe donc bel et bien, même si j’entends évidemment l’amplifier en consacrant, notamment, les produits des amendes routières à des actions de formation, de sensibilisation et d’équipements. Je suis persuadé, au fond de moi, qu’au-delà de l’exaspération naturelle ressentie par toute personne prise en faute, les Français adhèrent à l’action menée par le gouvernement. Je ne connais pas une famille qui n’ait pas été touchée un jour ou l’autre par un accident de la route. Personne ne veut recevoir cet affreux coup de téléphone d’une gendarmerie locale informant de l’accident d’un proche. »

LIBERTE DE CIRCULER : VOS PRIORITES

PEAGES URBAINS ET SUR NATIONALES
Du fait des lois de décentralisation, et de la privatisation du domaine public, de nombreux projets routiers, comme des nationales et des autoroutes urbaines, seront financés par le péage. Y êtes-vous opposé ?

«  Plutôt non.
Le principe de gratuité de l’usage des routes constitue un principe essentiel à mes yeux. Je souhaite en revanche que l’usage des routes et des autoroutes par le fret routier donne lieu à redevance afin que le trafic du centre de l’Europe cesse de se reporter en France. Nos entreprises de transport routier seront aidées dans les évolutions de leur métier rendues nécessaires par la lutte contre le changement climatique. »

ROUTES INTERDITES AUX MOTOS
Le tunnel A86 entre Rueil (Hauts-de-Seine) et Versailles (Yvelines) sera interdit aux motos. Etes-vous favorable à cette discrimination qui crée un précédent dangereux sans justification valable ?

« Non.
Je suis opposé à toute mesure discriminatoire qui ne serait pas objectivement motivée par des raisons de sécurité. »

LOI SUR LES "100 CHEVAUX"
Actuellement, la France est le seul pays au monde où les motos sont bridées à 100 ch, sans fondement. C’est contraire aux principes énoncés dans les traités européens. Abrogerez-vous cette mesure ?

« Il s’agit là d’un point technique, qui mérite sans doute un examen particulier à l’aune de notre objectif, qui, je le rappelle, demeure celui de la sécurité des usagers de deux roues motorisés. Mais il faut faire un examen global. Je voudrais comprendre par exemple pourquoi en France un motard a deux fois et demie plus de risques d’être tué qu’en Allemagne. »

LIMITATION DE VITESSE PAR CONSTRUCTION
Etes-vous favorable à empêcher la conception de véhicules permettant le dépassement des vitesses autorisés ?

« Plutôt non.
Méfions-nous de certaines « fausses bonnes idées » : plus de la moitié des accidents se produisent en ville et, pour autant, personne ne songerait à brider les véhicules à 50 Km/h ! Je préfère le développement des limitateurs de vitesse à activation volontaire. Pour des motifs écologiques, la question se pose en revanche différemment et je souhaite qu’on y réfléchisse sereinement avec les constructeurs. »

DISPROPORTION FAUTES/SANCTIONS
La lutte contre l’insécurité routière a multiplié le nombre de lois et durci les sanctions. Par exemple, revendre une moto ayant subi des modifications, même mineures, expose à une amende de 30 000 € et 2 ans de prison. Allez-vous poursuivre dans ce sens ?
Que proposez-vous ?

« Oui.
Le dispositif législatif et réglementaire me paraît aujourd’hui équilibré. S’agissant de votre exemple, l’objectif recherché est de dissuader la commercialisation d’équipements dangereux pour la sécurité routière, tant pour l’usager que pour les tiers. Je fais confiance à l’autorité judiciaire pour faire preuve en la matière d’une juste appréciation de chaque cas d’espèce. »

CONTROLES TECHNIQUES
Les études montrent que les accidents de 2RM ne sont pas dus à une défaillance technique du véhicule, mais surtout à des facteurs humains. Envisagez-vous malgré tout la mise en place d’un contrôle technique moto ?

« Oui.
A supposer que les deux-roues motorisés connaissent moins de défaillances techniques que les autres véhicules, ce n’est pas une raison pour renoncer à cette obligation de contrôle qui va dans le sens de la sécurité des motards, mais aussi des autres usagers de la route. « 

RELEVES D’ADN POUR CAUSE D’ACTION MILITANTE
Le relevé d’empreintes ADN était jusqu’ici réservé aux criminels. Mais on constate une montée en puissance du fichage ADN pour des infractions mineures, ou pour sanctionner des actions militantes. Êtes-vous favorable au développement du fichage ADN ?

« Oui.
Cette question n’a pas grand-chose à voir avec la sécurité routière ou avec les 2RM. Les prélèvements ADN sont strictement encadrés par la loi et sont réservés aux infractions que le législateur considère comme graves. Leur développement a permis d’interpeller beaucoup de coupables, de prévenir beaucoup d’infractions et de disculper beaucoup d’innocents. »

VIDEOSURVEILLANCE
On note une multiplication des outils de surveillance électronique pour constater des infractions routières. Vous engagerez-vous à limiter leur usage ?

« La vidéosurveillance permet, sur le réseau routier, de prévenir des accidents, d’alerter les secours et de renseigner rapidement les usagers sur les difficultés de circulation ou d’écoulement du trafic. A cet égard, elle constitue un moyen supplémentaire de sécurité et d’information au service de l’usager. Les radars, quant à eux, permettent de sécuriser les portions d’axes dangereuses, situées dans des zones où la surveillance humaine est souvent difficile, voire impossible, et où de toute façon elle ne pourrait s’exercer en permanence. L’engagement qui est le mien est de développer les moyens techniques utiles et strictement nécessaires à la préservation de la sécurité de tous. »

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